‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 103 sur 198 · TRENTE-NEUVIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

TRENTE-NEUVIÈME LEÇON

(Jtanial, (*,TBti. U. 1S» U, U.)

44. j£ï,/e regardais à cause de la voix des grandes paroles que cette corne proférait; je regardais donc, jusqu'à ce que la bête fut tuée et que son corps fut détruit et donné pour être brûlé au feu.

12. La domination fut aussi ôtée aux autres bêtes , quoiqu'une langue vie leur eût été donnée jusqu'à un temps et un temps.

1 3. Je regardais encore dans les visions de la nuit ; et voici comme le Fils de F homme qui venait avec les nuées des cieux ; et il vint jusqu'à F Ancien des jours et se tint devant lui.

14. Et il lui donna la Seigneurie, l'honneur et k règne ; et tous les peupes , les nations et les langues le serviront; sa domination est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera point dissipé.

Si je vous ai donné ces versete 13 et 14 à me feciter aujourd'hui , oe n'est pas avec la pensée de vous les expliquer, cher» enfanta; -c'est uniquement pour tous fiûre bien voir

56 leçon xxxix. — dan. vii, 44, 42, 43, 44.

que les événements de vos verserts 11 et 12, s'étendent jusqu'au retour de Jésus-Christ, et jusqu'à ce bienheureux millenîum a où tous les peuples , les nations et les langues le serviront. » — Je ne viens donc aujourd'hui vous parier que des versets il et 13. — Quatre objets très distincts nous y sont proposés.

C'est d'abord l'étonnement de Daniel à l'ouïe du langage audacieux de la petite corne : Et je regardais, c'est-à-dire je redoublais d'attention, à cause de la voix des grandes paroles que cette corne proférait.

C'est , en second lieu , la longue durée de ce langage. — Il devait étonner le inonde jusqu'à la fin de l'empire des Latins et jusqu'à la seconde venue du Fils de l'homme. —

Je regardais à cause de cette voix jusqu'à ce que la bête fut

tuée; et au verset 13 : Je regardais dans les visions de la nuit; et voici comme le Fils de F homme qui venait avec les nuées des deux.

C'est, en troisième lieu , la ruine finale et terrible des dix royaumes latins : Je regardais jusqu'à ce que la bête fut tuée, et que son corps fut détruit , étant donné pour être brûlé au feu.

C'est enfin le sort des trois premiers empires et leur propre durée , que Daniel compare avec le sort et la durée de celui des Latins. — La domination leur avait aussi été ôtée ; mais une longue vie leur avait été donnée ; et cette longue vie avait été dun temps et un temps.

Reprenons tout cela.

Voici d'abord le premier point : Et je regardais à cause de la voix des grandes paroles que cette corne proférait. — Vous voyez par ces mots que, dans les émotions de cette nuit miraculeuse , rien ne frappait Daniel d'un si profond étonnement que les voix altières , les blasphèmes et les cris indomptés du roi théologien : cet objet surpassait à ses yeux

LES GRANDIS PA10LBS Dft LA. GOBMB. 57

tous les autres prodiges de l'avenir. En vain les quatre vents du ciel, lancés sur la mer, en soulevaient-ils les ondes; en vain trois bêtes féroces en étaient-elles sorties; puis, une quatrième, grande, puissante, effroyable, n'importe! Au milieu de ce tumulte , un objet pour Daniel dominait tout le reste : c'était cette voix énorme qui, sortant de la petite corne , provoquait les peuples , indignait le ciel , effrayait la terre ! — Sans doute, c'était quelque chose déjà de bien surprenant que cette onzième corne , a différente des autres , » malfaisante , théologienne , hérétique , toujours petite et toujours romaine ; mais je l'ai dit, ce qui confondait par-dessus tout la pensée du prophète, c'était l'arrogance de son verbe : Elle proférait de grandes choses, dit-il encore au verset H ; elle avait une apparence plus grande que celle de tous les autres rois de l'Occident, ditril au verset 90 ; elle faisait la guerre contre les saints , dit-il au verset 30; elle pensait pouvoir changer les temps et la loi, dit-il au verset 25. — Certes , à de tels traits , on comprend abondamment l'étonnement de Daniel ! C'est notre premier point. Daniel est confondu de l'audace de son langage contre les rois , contre le Christ , contre les saints , contre Dieu même. — Jugez de ses fureurs! — Vous en faites-vous quelque idée? Et d'abord, vous, mon chez B., auriez-vous imaginé déjà dans quelle langue elle aura dû se faire entendre?

— J'imagine, dans la langue latine; puisqu'il est ici question de l'empire des Latins.

— Il me paraît aussi, chers enfants, comme à notre jeune ami, que, d'après la prophétie, ce devra être en latin; quoiqu'assurément la chose semble étrange ; cette belle langue étant morte depuis 1200 ans.

Mais encore, quelle idée vous feriez-vous, par exemple, de ses paroles contre les rois?

58 leçon xxxix. — »ah. vm 41, *f, 13, M.

~ Elle prétendra les régenter.

— Oui, les juger, les élever sur le trône on les en fcire desceadie^les couronner ou les déoouromer; mais vous ne dite» point asses : les expressioan de Daniel désignent certainement des prétentions plus énormes encore; il pourrait bien aller jusqu'à prétendre être servi des dix rois latins comme par des domestiques; car i ne se place pas seulement audessus d'eux , niais au-dessus de l'Église de Jésus-Christ , audessus des lois divines, au-dessus de Dieu même ! — Jusqu'où faut-il donc penser qu'il ira , par exemple, dans ses paroles contre l'Église?

— Peut-être jusqu'à se dire au-dessus de tous ses ministres*

— Oui, et dans ses pareles contre les saints?

— Jusqu'à les condamner, les maudire, les tuer pent-être.

— Oui; mais oe n'est pas assez; il fait supposer, par exemple, qu'il ira jusqu'à se dire , à l'imitation de Jésus- Christ, l'époux de l'Église et la tète de TÉgise, comme si l'Église avait deux têtes, Jésu&~Christ et fan; deux maris, JésusoCfarîst et lui ! — Peut-être même encore jusqu'à, dire. (vous comprenez, chers enfants, que se sera toujours en latin ) : « Point d'église chrétienne sur la terre que par moi; « hors de moi , point de salut ! » — Disons4e donc en latin: ce sera, je pense, quelque sentence telle que celle-ci: c Sufasse rotnano cornu omit* kumanœ créature» ébctareamue, dieimus , definimus et pronuntiamus , omninù eue de mcemtate salutù. » — Traduisez. Que l'un de vous , parmi les plus grands, se lève et traduise.

— a Nous déclarons, disons , définissons et prononçons qu'être soumis à la corne romaine est pour toute créature humaine absolument nécessaire au salut. »

— Je pense donc, chers enfants, que, dans ses grande* pa-

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refcg, ce roi théologien pourrait bien se donner jusqu'au droit de pardonner les péchés des vivants et des morts, de leur ouvrir le ciel, de leur fermer l'enfer, de les extirper, de les exterminer, que saia-je? de leur interdire même la lecture des saintes Écritures de Dieu, peut-être de changer et d'abolir les saintes lois du Décalogue; car vous savez qu'il est écrit « qn'il prétendra changer et les temps et la kil »

Voilà pour ses pareàes contre l'Église; mais vous comprendrez aussi par là ce qu'elles pourront être contre le Saint- Esprit. II prétendra sans doute le posséder hn-méme et le donner aux autres; il se dira parlant de science certaine, et peut-être ira-t-il jusqu'à se déclarer* infeifthbfe comme le Saint-Esprit. -*~ Biais centre le Christ , qu'en pensez- vou**

•— S en voudra prendre tes titrée.

■— Oui, et je pense,, par quelque formule teUe que celle-ci ( il faut toujours parier latin) ; « Ornnia rwnina qu&, in Scripturis, trib«m&ur Christo, tmdè constat eum esse sttprà Eceleswm, wdew emma tribuaniur parvo Bornons Corms! » —Traduisez.

—« Qu* tous les noms qui, dans les Écritures^ sont attribués an Christ et d'oùrécuhe qu'il est auwlessus de l'Église, que tous ces mêmes noms soient attribués à ht petite corne romaine. »

— - Mais enfin , contre Dieu même, que pensea-vous de ses grandes paroles? .

~ H en voudra peut-être aussi prendre les ttoes.

— Oui , et encore?

— Peut-être ordonnera-t-il qu'on l'adore à genoux , qu'on lui brtte de l'encens, qu'on lui buse les pieds.

— » Certes, j'en conviens, ce serait là déjà <to grandes, pa~ rôles ; mais il ne faut pas craindre d'aller plus loua , et il faut chercher tout ce qu'il y a de plus audacieux dans l'orgueil d'un homme déifié, pour le placer dans cette bouche,

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