‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 115 sur 198 · LBÇOD XL. — DAM. VU · texte numérisé non relu

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cette troisième hérésie, c'est tout simplement « des doctrines touchant ce que tous les anciens Grecs appelaient des démons, et les Latins, des génies ou des demi-dieux (divi); » entendant par là les esprits des morts qu'on croyait élevés au ciel, auxquels on dressait des autels, on allumait des chandelles, on brûlait de l'encens, on adressait des prières, comme à des protecteurs, intermédiaires entre l'homme et la Divinité. — C'est le sens que toute l'antiquité grecque attribue à ce nom; et c'est aussi le sens que lui donne saint Paul , quand il dit aux Athéniens (4) : « Hommes athéniens, je vous regarde a comme trop dévote, » ou plutôt (dans son grec), « comme trop « adonnés au culte des démons; » car, chez tous les Grecs, ce mot démon se prenait en bonne part toutes les fois qu'une épithète de blâme ne l'accompagnait pas. — Qui n'a pas entendu parler du bon démon de Socrate? Plutarque a fait làdessus tout un livre. — Et c'est encore là le sens que lui donne saint Luc, lorsqu'il raconte que les Athéniens disaient de Paul (2) : « Il semble qu'il annonce des démons étrangers » (votre version traduit « des dieux étrangers ») ; et pourquoi, des démons étovmgers? a PARCE QUE , dit saint Luc , il leur a annonçait Jésus et le relèvement des morts, » c'est-à-dire, Jésus comme un mort revenu à la vie, un démon, selon les Grecs. — C'est encore dans ce sens que saint Jean a employé ce môme mot, quand il prédit (3) que certaines églises corrompues ne cesseront, malgré les châtiments de Dieu, « <F adorer des démons et des images des démons! » — Aucune église, que je sache, n'a jamais voulu rendre un culte à des esprits malins ; mais un trop grand nombre l'ont fait à des « esprits des morts déifiés, » à « des démons, d comme parlaient les Grecs. — Ce mot donc, vous le voyez, est em-

(1) Actes XVII, 22 (Uuxifaipovmlpovi). — (2) lbid.t 18. — (3) Apoc. IX, 20.

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ployé dans le Nouveau Testament, tantôt eu ce premier sens (usité de tous les Grecs), pour désigner les esprits réels ou imaginaires des morts, les génies et les demi-dieux des peuples païens (1) ; tantôt pour désigner certains esprits impurs et malfaisants, mais réels, que Satan emploie à son service. — C'est en ce second sens qu'il est toujours pris dans les quatre Évangiles ; mais c'est dans le premier sens qu'il me semble avoir toujours ou presque toujours été pris par l'apôtre saint Paul. — Et il est bon de savoir encore qu'après le temps des apôtres, tous les Pères de l'Église ont conservé ce double usage du mot démon. Ainsi, quand Ignace le martyr, au second siècle, rappelle dans son épkre aux Smyrnéens l'apparition de Jésus, il lui fait dire : a Prenez-moi, palpez- « moi, et voyez que je ne suis point un démon incorporel (2).» — Et quand l'évoque Épiphane , au quatrième siècle , réprouve lemlte que les Gollyridiens rendaient à Marie comme à a la reine des cieux, » il cite , pour les confondre, ce passage même de Paul que je vous explique, et dit : « Ainsi 41 s'accomplit à leur égard cette parole : Quelques-un* aposa tasieront de la foien s' adonnant à des doctrines de démons; d * car ils seront , a dit l'Apôtre, adorateurs des morts, comme « ceux qui leur rendaient un culte en Israël (3). » Adorrateurs des morts, vous le voyez, mes amis, rien n'est plus clair.

Rappelez-vous donc bien ce douzième caractère. — La petite corne aura sans doute d'autres erreurs plus graves , puisqu'elle proférera des blasphèmes contre le Souverain (v. 25) et prétendra changer les temps et la loi; mais, parmi toutes ses hérésies, on en entendra trois qui la feront reconnaître de très loin; non-seulement en tant qu'elles seront très étranges sous la lumière du Nouveau Testament; mais en tant qu'elle

(1) Actes XVII, 18-22; 1 Cor. X, 20, 21, et probablement 2 Cor. VI. 16 ; Apoc. IX, 20. — (2) Noie a. — (3) Noie o.

les propagera toutes trois par de faux miracles et d'étonnants mensonges (1), et, comme a dit saint Paul, e par « l'hypocrisie de diseurs de mensonges (2). » — Ces trois hérésies donc, répétez-les-moi. — La première?

— La première : des doctrines sur les démons , ou les esprits des morts déifiés.

— Oui ; sur leur existence, sur leurs images et leurs reliques, sur leur providence et leur présence partout, sur leur séjour dans le ciel et sur le culte qu'on leur doit. — Et la seconde?

— La seconde , défense du mariage.

— Très bien. L'on ne dit pas à qui : ce ne sera sans doute pas à tous (personne, que je sache, n'en eut jamais l'idée), mais à une certaine classe de personnes condamnées au célibat. — Et la troisième ?

— La troisième : défense d'user des viandes que « Dieu a « créées pour qu'on en usât avec actions de grâces. »

— Voilà qui est bien. J'espère donc, mes amis, vous avoir déjà clairement démontré la thèse que j'avais avancée : savoir , que cette prophétie de Daniel touchant le roi théologien a tenu une très grande place dans les conversations des apôtres et dans les pensées des fidèles pendant les jours apostoliques. Mais je n'ai pas fini ; je passe à l'apôtre saint Jean, et je vous prie de me chercher encore, en sa première épttre, le verset 18 du chapitre second. — Nous finirons par là. Que l'un de vous se lève et nous le lise. Ceci demande toute votre attention.

— Jeunes enfants,c'est ici ledernier temps; et comme vous avez entendu que F Antichrist viendra , il y a même dès maintenant plusieurs antichrigfs; et nous connaissons à cela que c est le dernier temps.

(t) 2 Thess. II, 9-11. — (2) 1 Tim. IV, 2 («v unoxplm ftotoU/w).

IRAN ANNONCE L ANTICHMST. 409

— Vous avez entendu dire que F Antichrist vient! — Et où l'avaient-ils entendu?

— Ils avaient lu Daniel.

— Sans doute , et aussi saint Paul. — Ils avaient lu Daniel touchant cette petite corne qui blasphème Dieu , persécute les saints , change la loi divine , et continue son règne jusqu'au retour du Fils de F homme; — mais aussi , chers enfants , ils avaient lu saint Paul , touchant F Apostasie et cet Homme de péché qui fait de faux miracles, enseigne le culte des morts, interdit certaines viandes , défend de se marier , s'assied comme un dieu dans l'Église de Dieu, et doit aussi durer jusqu'à F avènement de Jésus-Christ sur les nuées des deux. — Ils avaient entendu tout cela , et ils avaient lu qu'il n'est question d'aucun autre que de celui-là. — C'est pourquoi Jean leur dit : « // vient ; vous le savez , on vous Fa dit ; c'est un seul , il n'y en a pas deux : Vous avez entendu dire que F Antichrist vient. — Aussi Jean leur répète-t-il encore, en son chapitre IV, verset 3 : « Cest là Fesprit de F Antichrist dont vous avez entendu dire quil vient.

— Et de quel nom, je vous prie, saint Jean l'appelle-t-il ici, ce roi théologien, cet ennemi de Dieu?

— Il l'appelle l'Antéchrist.

— Ne dites pas V Antéchrist ^ chers enfants, ni F Antéchrist : c'est un barbarisme qui n'a point de sens en grec! — Il y a dans le texte Antichrist, mot composé de anti, qui signifie à la place de , ou contre* et de Christ , qui signifie Messie. — Et que veut dire ce nom d' Antichrist?

— Un antichrist, c'est un adversaire du Christ.

— Oui, ce peut être là le sens secondaire de ce mot; mais c'est 'nécessairement aussi quelque chose de plus. — Prenez bien garde à ce point; il est d'une extrême importance; car la structure du mot et l'usage constant de la langue grecque

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lui assignent un sens premier et principal qui ne saurait être douteux. C'est une question de langue grecque, sans doute; mais si les plus jeunes d'entre vous veulent être attentifs, fis peuvent la comprendre aussi bien que les autres. — Prenez-y donc garde, chers enfants; car l'emploi nouveau et singulier de cette épithète composée tout exprès par le saint Esprit pour désigner cet ennemi ftttur de Jésus-Christ n'a pas été inspiré à saint Jean sans une intention divine qu'il faut étudier.

D'après l'usage constant de la langue hellénique , quand « anth entre en composition avec un terme désignant une fonction quelconque, le mot ainsi formé signifie nécessairement ou l'un des deux sens que je vais dire, ou tous les deux à la fois: savoir, ou un fonctionnaire vicaire, ou un fonctionnaire rival, ou un fonctionnaire vicaire et rival tout ensemble; mais toujours un fonctionnaire, et jamais un rival qui ne soit pas fonctionnaire de la même espèce. — Par exemple, on dit basiléus , un roi : antibasiléus signifiera ou un roi vicaire (un vice-roi) ou un roi rival, mais toujours un roi. — On dit en grec pappas , un père ou un pape : un antipappas, signifiera donc tout à la fois un pape vicaire ( un pape tenant la place du pape) et un pape rival; mais jamais un rival qui ne serait pas un pape à sa manière, vrai ou faux, n'importe. — Encore : on dit frouros, un garde : antifrouros signifiera ou un homme a qui tient lieu de garde » ou a un garde ennemi , » mais toujours un garde. — Hypatos, un consul : anti-kypato$ signifiera un consul vicaire, ou proconsul (et c'est aussi de ce titre que saint Luc désigne et Serge Paul , et Gallien , et les proconsuls d'Asie (1)). — On dit tamias , un questeur, anti-

tamias un vice-questeur; antifylax , une sentinelle ennemie,

(1) Actes XIII, 7, 8-12 ; XVIII, 12 ; XIX, 38.

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