‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 126 sur 198 · CYRILLE · texte numérisé non relu

CYRILLE

« cheront les autres événements de la fin du monde» Dix rois « des Romains surgiront à la fois, en des lieux différents « sans doute, mais pour régner dans le même temps ; et a après eux, un onzième, l'Antichrist, s'emparera de la puisce sance romaine par ses artifices méchante et magiques, d

Et au chapitre suivant (le VIe) : — - « Or, nous n'enseignons « point ces choses pour les avoir inventées, mais pour les « avoir apprises des divines Écritures qui se lisent dans nos « saintes assemblées; et,*surtout, de la prophétie de DANIEL « que nous venons de lire; selon cette interprétation de « l'ange Gabriel lui-même, qui dit : La quatrième bête sera « un quatrième empire $ur la terre, lequel surpassera tous les a autres empires. — Or , que ce quatrième empire soit celui a des Romains, c'est ce que nous ont bkseigué et transmis

« LES INTERPRETES ECCLESIASTIQUES. »

Que dites-vous de ce langage, mes amis? n'est-il pas assez

clair? — Si donc vous eussiez pu faire, il y a quinze cents

ans, le voyage de Palestine, et que vous fussiez entrés dans

un des temples de Jérusalem où Cyrille faisait ses catéchèses, vous eussiez entendu cet excellent évéque (avant que Rome

fût prise, avant que ne parussent les Goths, avant qu'il y eût des papes) expliquer Daniel aux enfants delà ville sainte, comme on le fait aujourd'hui dans cet oratoire aux enfants de Genève. — Mais écoutez maintenant le prêtre Jérôme (saint Jérôme, comme on dit).

Je vous ai déjà parlé plus d'une fois de ce Père, qu'on tient pour le plus éloquent et le plus habile des docteurs de l'Antiquité, a Pour moi, disait-il, en faisant son propre éloge (ce qui malheureusement lui arrivait quelquefois), « pour moi, « je suis l'homme aux trois langues (hébraïque, grecque et a latine)^ je suis philosophe, rhéteur, grammairien, dialecte ticien! » — Ses œuvres forment cinq énormes volumes et

4i4 LEÇON XLI. — BAN. VII, 4-43.

sont toutes en latin . — Or, il a écrit, à l'âge de soixante et sei* ans, sur le prophète Daniel, un commentaire qu'on trouve es son troisième tome et que j'aimerais à vous citer; maïs je préfère , pour varier , vous lire quelques mots d'une lettre qu'il écrivait dans le même temps à la dame Àlgasïe, et où il explique ce que saint Paul a dit de Y Homme de péché s 'asseyant comme Dieu dans le temple de Dieu (I) :

« Dans le temple de Dieu , c'est-à-dire ou à Jérusalem . « comme quelques-uns l'imaginenf (ut quidam pufant), ou « plutôt, selon moi (ut verius arbitramur), dans l'Église, s'y « donnant comme s'il était lui-même le Christ , le Fils de « Dieu (ostendens se tanquam ipse sit Christus). Ainsi, selon a saint Paul, le Christ n'arrivera point avant que l'empire « romain ait été désolé et l'Antichrist manifesté. » — «Et « maintenant, ajoute Paul, vous savez ce qui lui fait obstacle, « pour quil soit révélé dans son propre temps; c'est-à-dire, « vous savez parfaitement bien quel est Tobstacle qui empê- « che, au temps présent, I'arrivée de l'Antichuist. — L'apôtre « ne voulait pas dire ouvertement que l'Empire Romain dût «être détruit, parce que les hommes qui nous gouvernent « le croient éternel. — En effet, si Paul avait eu la hardiesse « de dire publiquement : L'Antichrist ne viendra point que « F Empire Romain n'ait été détruit, H eût pu craindre de « fournir une juste cause de persécution aux ennemis de « l'Église naissante. »

Vous voyez, mes amis, avec quelle clarté le docteur Jérôme, il y a quatorze cents ans, expliquait nos prophéties, et comment il tenait, sur ces divines révélations, le même langage que moi !

Dans son a Commentaire sur le prophète Daniel, il emploie tous ses soins à montrer le paradoxe et la folie du païen

(1) Voyez l'original, nnto ;>.

fc

JKR0MB KT AUGUSTIN. 445

Porphyre, qui, pour éluder l'admirable témoignage que ces accomplissements rendent au christianisme, prétendait nier que la quatrième bête fût l'empire des Romains; et voici comment il conclut :

« Ergô dieamus quod oknes scriftores ecclesustici tradide- « ruai. » — a Disons donc ce qu'ont enseigné et transmis tous « les écrivains egclésiastiques , savoir qu'à la consommation a du siècle, quand viendra la destruction de l'empire des « Romains, dix rois se partageront entre eux le monde ro- « main, et qu'un onzième roi, plus petit, surgissant du milieu « d'eux, prévaudra sur trois des dix premiers.... »

Mais, remarquez encore ce passage, chers enfants : je le tire dune autre lettre que Jérôme écrivait , l'an 409 , à une autre dame nommée Agérucbia , alors que les armées des Goths fondaient de toutes parts sur l'Empire , et que le redoutable Marie accourait pour s'emparer de Rome. —Jérôme, voyant dans ces faits l'accomplissement des prophéties de Daniel et de Paul , rappelait à Agéruchia ces paroles de l'Apôtre aux Thessaloniciens : « Seulement, il y a celui qui maintenant fait a obstacle jusqu'à ce qu'il soit ôté du milieu. » Écoutez-le.

« Qui tenebat de medio fit; » — Que l'un de vops se lève, je vous prie, et traduise à mesure.

— Celui qui faisait obstacle est ôté du milieu;

— Et non intettigitis A ntichristiQn apjwvpmqmre II

— Et vous ne comprenez pas quel' Antichrist approche !!

— Quem Dominus Je»us Chrittus interfieiet spù*itu oris sut!

— Lui, que le Seigneur Jésus-Christ tuera par l'esprit de sa bouche !

— Je le demande encore, chers enfants, nous qui vivons à

quatorze cents quarante années de distance, aurions-nous

parlé mieux? — Cependant, le temps presse, je ne veux donc

plus vous citer que deux Pères.

Le premier, c'est le plus 3amtt et le plus sublime des facteurs de l'Antiquité chrétienne , ladmârable Augustin , dort les écrits ont répandu peut-être plus de lumière sur YÈ^ut que ceux de tous les autres Pères ensemble. Je vous ai nconté qu'il mourut à l'âge de soixante-eehse ans , dans a paroisse de Bone , en Algérie , pendant le siège qu'en faisaient les Vandales; mais je ne vous lirai de hii qu'un seul passage , tiré du plus admiré de ses écrits , sa « Cité de Dieu. » — Il y avait travaillé treize ans. — Il y cite le chapitre de Paul aux Thessalonwiens sur l'Homme de péché ; puis il ajoute (4):

« Personne ne doute que l'apôtre n'ait voulu parier W de a 1* Antichrist, et que le jour dn jugement, appelé parlui/w <* du Sctffne*?, ne doive être relardé jusqu'à oe que ce j*9* a sonnage ait auparavant paru. — Et vous savez, ajoute l'a- «pôtre, ce qui fait obstacle.— Plusieurs pensent qu'il a voate, « par ces paroles, désigner l'empire romain, et qu'à cause ée « cela , il n'a pas voulu s'exprimer avec plu» de clarté , de « peur (comme on le comprend ) d'encourir le reproche es- « lomnieux d'avoir souhaité le mal de cet empire de Rome « qu'on espérait étte étemel. »

Enfin, mes amis, voici des paroles de ce fameux Jean d'Antioche, qu'on nomma Chrysostûme , c'est-à-dire Bouche-for, à cause de son incomparable éloquence. -—H était devenu si célèbre par ses prédications dans la grande ville d'Antioche sa patrie , que l'empereur de Oonstantinople voulut absolument eu foire le premier pafcteur de cette capitale. Chrysostome s'y rendit à regret, l'an 398 ; puis , après cinq ans * ministère, apaehé à son troupeau parla haine des méchants, il s'en alla mourir, .* l^âge de cinquante-deu* ans, en un extf

(1) L1 original, note q.

QBRYSMTOIIK. 4 47

très misérable* mais aussi très heureux, puisqu'il le subissait pour son Sauveur.

On a de lui de belle» homélies; et je vais vous citer ici celle qu'il a faite précisément sur oe passage de Pfeul aux Thessalonicieus qui nous a tant occupés. Écoutez , je le traduis du grec (1).

« Mjûs quand la dobcw atwh romains aura été àtèe de là (Mée « du milieu), alors vie«dra cet yinrtcArùr. ---Et oela se conçoit; « car aussi longtemps que la crainte de cet empire subsistera. « personne ne sera disposé à se soumettre à l'Homme de péa ché; mais quand cet empire aura été détruit, alors l'Homme « de péché , s'imposant à cette anarchie , entreprendra de « ravir et l'empire de Dieu et l'empire des hommes. »

Je le demande encore , mes amis, pouvait-on mieux dire? « Lorsque cet empire sera détruit, l'Homme de péché s'ûn-* « posant h cette anarchie , entreprendra de ravir et l'empire a de Dieu et l'empire des hommes! »

Mais en voilà bien assez et peut-être trop. J'aurais pu vous en citer bien d'autres qui vécurent également avant les dix royaumes , et que j'avais en partie copiés aussi pour vous : par exemple , le fameux Ambroise , qui était évêque de Milan, alors qu'Augustin, jeune encore, y commençait sa car-» rière; le pieux Cyprten9 évêque de Gaxthage, qui fut décapité pour Jésus-Christ; l'éloquent Lactance , que Constantin le Grand avait nommé précepteur de son tils pour les lettres latines; le grand Athanase, Eusèbe de Césarée , Méthodius,

Victorinus , Isidore de Peluse , Théodoret, Sulpice-Sévère

Mais je le répète , c'en est assez, — Qu'on se rappelle seulement ce que le savant Jérôme déclarait , quatre cents après Jésus r Christ : c'est que, jonques à lui, tou$ les vciuvaws

(1) L'original, note r.

M S LEÇON XL1. — 5AN. Vit. 4-13.

EcciisiASTiQU8ft expliquaient ici daxikl comme il le faisait luimême et comme nous l'avons fait.

Nous voilà donc en tout cela, quant aux traits fondamentaux, dans un admirable accord avec la tradition de l'église universelle, — Cependant, une question là-dessus encore, avant de passer outre.

Tous ces docteurs feraient-ils nécessairement autorité , et serions-nous ici tenus de soumettre notre jugement au leur? — Répondez-moi ?

— Non , tous ont pu se tromper : il n'y a d'infaillible que la Parole de Dieu.

— Pourquoi donc les cité-je ?

— Pour montrer que ces chrétiens d'autrefois, qui lisaient Daniel sans connaître l'Histoire , y trouvaient cependant la même doctrine que nous.

— Oui, au moins dans tous les grands traits. — Cependant, mes amis, il faut convenir que, si vous apparteniez à la religion du Pape, vous seriez tenus d'admettre mes explications de Daniel , parce qu'elles sont celles de tous les Pères , et que le concile infaillible de Trente vous aurait défendu , sous peine de châtiment, d'oser interpréter la sainte Écriture « contraint rement au consentement unanime des Pères.» — Or, ici, vous l'avez vu, ce consentement unanime des Pères est manifeste, admirable, étonnant ! — Si donc vous en donniez d'autres interprétations, a n'eussiez-vous même jamais rien publié, » il faudrait encore (!) « que l'évéquc vous dénonçât et vous a punît (pœnis a jure statutis puniantur). » — Mais pour nous , mes amis , ah ! gardons-nous d'un tel langage ! Non ! examinez, examinez, vous dirons-nous toujours; examinez avec respect, avec ardeur (car c'est une question de foi),

(1) Voye* ce décret, note *.

CONSENTEMENT UNANIME DBS PÈBES. 4 49

eberchez même ici à dépasser les Pères , puisque vous avez sur eax l'avantage du temps; mais aussi, quand il vous arriverait de rencontrer des personnes disposées à dire qu'en expliquant Daniel , j'ai voulu le taire cadrer de force avec les événements de l'Histoire, répondez-leur, « Comment cela serait-il possible , puisque tous les Pères , il y a quinze cents ans, l'expliquaient déjà précisément de même, au moins dans ses grands traits! »

J'ai dit ; « au moins dans ses grands traits. » Il faut bien s'entendre: —ces grands traits, quels sont-ils? —Vous les avez vus; mais je vais vous les répéter avant que de finir. Les voici :

Premièrement, tous les Pères ont dit, de la quatrième bête, que c'est l'Empire des Romains.

Secondement, tous les Pères ont dit , des dix cornes de la béte, ou des dix doigts de la statue , que c'est la division de l'empire des Romains entre dix rois.

Troisièmement , tous les Pères ont dit , de la petite corne, que c'est Y Antichrist , ou F Homme de péché , lequel fera la guerre aux vrais chrétiens pendant un temps y des temps et la moitié d un temps y usurpera la place de Jésus-Christ et proférera des paroles énormes.

Quatrièmement , tous les Pères ont dit que cet Antichrist ne serait révélé, dans l'empire romain, qu'après le partage de cet empire entre dix rois.

Et cinquièmement enfin, tous les Pères ont dit que ce même Antichrist durera jusqu'à l'avènement de Jésus-Christ sur les nuées des cieux.

Qu'il est beau, cet accord , et qu'il est éloquent !— Il faut l'admirer dans sa plénitude, et l'admirer aussi dans sa catholicité.— Dans sa plénitude: ce sont tous ces grands traits; et dans sa catholicité: ce dont tous les Pères ; ce sont les Grecs

lëO LEÇON XU. — DAN, Vil» 4-4 3.

et ce sont les Latins; ce sont les évêq«s et ce sont les «ta* leurs $ ceux d'Egypte et ceux de Gaule; ceux de Jérusalem et ceux de Cartilage ; ceux d'Arabie et ceux de Rome ; ceax qà ont vu les disciples de saint Jean , et ceux qui ont entende sonner déjà la trompette des Goths* —Honneur donc à tous ces Pères; mais honneur surtout à la Prophétie ! honneur à b Parole sainte! —Certes, il y a là de quoi nous remplir de courage et de joie pour le reste du travail ! — Allons donc e& avant, nous confiant en Dieu dans cette affaire; car c'est une affaire de foi ; c'est la cause de toute l'Église pour un temps et des tempe et la moitié d'un temps ! — Ne faudra-t-il pas, quand l'Antichrist viendra, qu'elle le reconnaisse pour le repousser? quand il s'assiéra comme Dieu , pour protester? quand il voudra changer les temps et la loi , pour le confondre? quand il fera couler le sang des saints, pour se rappeler, en allant au martyre , que Dieu luintoéme Pavait ainsi prédit, et pour que, quand enfin Dieu fera retentir ce cri dam les rues de Babylone : « Sortez , sortez de Babylone , mon « peuple , de peur que vous ne participiez à ses péchés et que « vous ne receviez de ses plaies , » les élus dé Dieu qni seraient encore dans Babylone , comprennent enfin qu'il fiiol en sortir !

Cependant, mes amis, il ne faudrait pas croire que tous les anciens docteurs , au milieu de ces vives lumières, n'eussent pas aussi quelques obscurités. Non; il est un point sur lequel ils s'étaient tous mépris et d'où procédait pour eux plus d'une erreur. — Ce point, c'est la durée de la petite corné, ou tout simplement la valeur de ce terme , « tm temps, éss « t*»ps et la moitié tfun temps. » — Qu'est-ce qu'un temps?

et comment le savoir dans ces siècles reculés? C'était certes «l'es difficile !?♦

s'ils a ' cependant, je vous montrerai bientôt que,

▼aient su regawler de plus près au texte même de D*-

MEURS OB9CUBJTH6. 484

iiîel, ib eussent pu déjà s' assurer que ce terme désignait nécessairement une période très longue. Tryphon et les Juife (vous le savez , Justin nous Ta dit), Tryphon et les Juifs l'avaient bien compris : « Un temps , dans Daniel , disaient-ils, « C'est un siècle ; » et « trois temps et demi , c'est trois cent c cinquante ans* » — * En cela, sans dite juste, ils étaient défè tout près de la Vérité. — Mais lés Pète», au contraire, s'étaient totts persuadé qutm temps ^ c'était tout simplement une année ordinaire, ou douée mois de trente jours , et que trois temps et demi, c'étaient quarante-deux mois ou doùse ceht soixante jours vulgaires. — Voilà leur méprise ; mais de cette première erreur, nécessairement H en sortait deux autres.

Et d'abord celle-ci : Puisque r Antichrist, ou onzième roi, se disaiént-ils, ne règne qtle trois ans et derhî, <fe doit "être un seul homme , et non peu, ûomme les dix autres ras, une suite d'hommes assis au même siège et portant le même titre. — C'est leur seconde fcrratil1, et voici la troisième.

Puisque l'Antichrist , se dtsaient-ils encore , doit commencer à la chute de l'Ëmpirte romain et finir à l'arrivée de Jésus, il faut que ces deux événements ( la chiite de l'Empire et l'arrivée de Jésus) se SûlVeht de très près ; car entre deux il n'y a que l'Aiitichrist, qui he règne que trois ans et demi. — (Tétait leur troisième ertèuf .

Aussi , quand ils virent tous les Goths inonder l'Occident et s'emparer de Rome , les Pères ifnaginèrent-ils que tout allait finir, « Voilà l'Empire qui s en va, disaient-ils; l'Antichrist est donc à la porte! » Et en cela ils avaient raison... a Mais si l'Antichrist est à la porte, ajoutaient-ils, Jésus-Christ « n'est pas loin ! » Et en cela ils avaient tort. — Cependant , vous le concevez, ces méprises, de leur temps, étaient bien naturelles ; et ces petites fumées à côté de leurs vives lu-

152 LBÇOS XU. — DAJI. VU, 1-43.

mières étaient très excusables : Us n'avaient pas comme nous l'expérience des siècles.

Je viens de nommer l'expérience des siècles : je voudrais que vous me dissiez vous-mêmes , mes amis, comment cette expérience des siècles a pu mettre pour nous en pleine évidence qu'an temps, des temps et la moitié étum temps doivent désigner un grand nombre de siècles. — N'est-ce pas tout simple ?— L'expérience nous a fait voir que Y empire des Romains fut partagé en dix, il y a treize cents ants, et que cependant Jésus-Christ n'a pas encore reparu.

— Qu'en concluons - nous touchant la 'petite corne, qui vient entre deux et qui n'a pas pu commencer plus tard qu'en 71 1 ?

— Nous en concluons qu'elle a dû pour le moins durer depuis 711 jusqu'à nos jours; ce qui ferait déjà plus de onze cents ans.

— En quoi donc les Pères se trompaient-ils?

— En imaginant qu'un temps , des temps et la moitié d'un temps ne désignaient que trois ans et six mois.

— Très bien; et cependant, mes amis, s'ils y avaient plus mûrement réfléchi, ils auraient compris, comme le Juif Tryphon, qu'il fallait à la petite corne bien plus de trois ans et demi pour opérer tout ce que Daniel nous en a raconté : pour croître lentement, pour arracher trois cornes, pour faire la guerre aux saints, pour les surmonter, pour les détruire, pour changer les temps et la loi ! — Mais il nous est facile, à nous, qui vivons quinze siècles après eux, de parler de tout cela ! — Ah ! soyons plutôt pénétrés d'admiration comme de reconnaissance pour ce témoignage si concordant et si clair qu'ils rendent sur l'Antichrist; et remercions Dieu de ce que, tandis que nous marchons avec l'église militante vers es rivages d'éternité , tous ces docteurs des anciens jours.

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