QUARAME-QUATR1ÈME LEÇON
m, ▼. 19, tt, 91. 9J.)
19. ,4 /or» j> roti/u* savoir h vérité touchant la quatrième béte, qui était différente de toutes les autres, et fort terrible* de laquelle les dents étaient de fer, et les ongles a* airain, qui mangeait et brisait et foulait à ses pieds ce qui restait;
20. Et touchant les dix cornes qui étaient en sa tête; et touchant r autre corne qui montait , par le moyen de laquelle les trois étaient tombées; et de ce que cette corne-là avait des yeux et une bouche qui proférait de grandes choses ; et de ce que son apparence était plus grande que celle de ses compagnes.
21 . J'avais regardé comment cette corne faisait la guerre contre les saints, et les surmontait ,
22. Jusqu'à ce que r Ancien des jours fût venu , et que le jugement fût donné aux saints du Souverain, et que le temps vint auquel les saints obtinssent le royaume (ou le règne).
Si nous ouvrons aujourd'hui le livre de l'Apocalypse, c'est pour y mieux apprendre les deux grands faits que vous venez de me réciter et dans lesquels se résume , on peut le dire , toute l'histoire de l'avenir, au moins pour l'Occident. Premier
fait, la guerre de l'empire des Latins et de l'Homme de péché contre la vraie église de Dieu (j'avais regardé comment cette corne faisait la guerre aux saints, et les surmontait); second fait , le triomphe et le règne final de la vraie église de Dieu (jusqu'à ce que le jugement fut donné aux saints du Souverain, et que le temps vint auquel les saints obtinssent le royaume). — Écoutez donc avec respect; j'ouvre devant vous l'Apocalypse!
Six siècles et demi après cette nuit mémorable où le vieillard Daniel, assis sur son lit à Babylone, avait avec tant d'émotion vu passer devant ses yeux les quatre empires des Gentils et leurs gloires sanglantes, puis les longues épreuves de l'Église durant f apostasie du quatrième , et enfin le Fils de l'Homme arrivant sur les nuées du ciel pour détruire l'Homme de péché et soumettre au peuple des saints tous les royaumes de la terre, — six siècles et demi après cette vision, et, comme nous l'apprenons d'Irénée (1) vers la fin du règne de ce cruel Domitien , dont le frère aîné, Titus , avait renversé Jérusalem , c'est-à-dire l'an 95 ou 96 de l'ère chrétienne, — un autre vieillard recevait tout à coup des visions de l'avenir plus éclatantes encore.
C'était Jean de Bethsaïda un ancien batelier du lac de Génézareth , mais un batelier dont Jésus avait fait un apôtre , que dis-je? avait fait son ami. — Il avait pour père Zébédée, et pour mère Salomé, celle qui avait suivi Jésus jusqu'à la croix et qu'on avait encore revue à son tombeau.
Enfermé par Domitien sur le rocher de Patmos à cause de la parole de Dieu , Jean subissait les rigueurs de son exil, lorsque tout à coup (on était au dimanche), saisi du Saint- Esprit, il entendit derrière lui une voix puissante comme les
. (i) Note a.
208 LEÇON XLIV. — DAS. Vil, 49, 20, 21, 2î.
éclats de la trompette : « Je suis l'alpha et l'oméga , le pre- « mier et le dernier ! » disait-elle. Aussitôt, s'étant retourné, Jean vit un être semblable à un homme , mais éclatant de gloire, vêtu d'une robe traînante, et ceint d'une ceinture d'or à l'endroit des mamelles. — C'était Jésus-Christ; —ses yeux, comme une flamme de feu ; ses pieds, comme de l'airain ardent qui sort de la fournaise; son visage , comme le soleil quand il luit dans sa force; et sa voix, comme celle des grandes eaux !
A cet aspect, le disciple que Jésus aimait tomba comme mort à ses pieds. ( Qui ne se rappelle ici notre Daniel, étendu comme Jean sans connaissance, parce qu'il avait vu, lui aussi, Jésus-Christ en sa gloire!) mais alors, le Seigneur, Rapprochant de son apôtre évanoui et mettant sur lui sa main droite , lui dit : « Ne crains point ! je suis celui qui vit aux siècles des siècles, mais j'ai été mort , et je tiens les clefs de l'Adès et de la mort! — « Tu vas écrire les choses que tu as vues. »
Avez-vous pris garde, chers enfants, à la majesté tendre et sublime avec laquelle ensuite le prophète , tout plein de ce qu'il a vu, commence son récit et trace les premières lignes de ce livre incomparable? Il me semble que je le vois écrire. « Bienheureux y s'écrie-t-il, bienheureux qui lit et qui écoute les a paroles de cette prophétie; car le temps est proche! » Puis, tout ému de révérence et tout ravi d'ardeur, s'adressant aussitôt aux églises d'Asie, il leur souhaite la grâce et la paix « au nom du Père , au nom du Saint-Esprit , et au nom de « Jésus-Christ , le premier né d'entre les morts et lk princb « des rois ds la terrb >> ( car « tous les rois et tous les « royaumes de la terre , » il le sait d'après Daniel et il vient de le voir, a tous les royaumes qui sont sous tous les deux , lui « doivent être assujettis » ). — Mais à peine a-tril ainsi nom-