LES SEPT ÉPITHES DE JÉSUS-CHRIST
nié son Rédempteur , que , ne pouvant plus se contenir , il éclate en actions de grâces. L'entendez-vous qui s'interrompt pour s'écrier : a A lui, à lui qui nous a sauvés, et qui nous a « lavés de nos péchés dans son sang, et qui nous a faits rois « et sacrificateurs à Dieu son père, à lui la gloire et la force , « aux siècles des siècles, amen! » — puis, comme s'il le voyait déjà (car, ainsi que Daniel, lui aussi Ta vu « sur les nuées du « ciel, arrivant avec des flammes de feu » ) : «Voici, il vient,» s'écrie-t-il; « il vient sur les nuées; et tout œil le verra, môme a ceux qui l'ont percé ; et toutes les tribus de la terre se lace menteront devant lui ; oui, amen ! »
Mais, après ce cri d'adoration, avec quelle sainte et majestueuse simplicité il entre aussitôt en matière et commence sans transition le récit de ce qu'il a vu ! — a Moi, Jean , qui « suis votre frère, dit-il, et qui participe à l'affliction, au règne a et à l'attente patiente de Jésus-Christ, — j'étais en l'île
« nommée Patmos à cause de la parole de Dieu, et et en un
« jour du Seigneur je vis Jésus-Christ , Celui qui était et
a qui est et qui vient, le Tout-Puissant. »
Tel est donc, mes amis, le sujet du chapitre premier. — Au second, c'est déjà Jésus-Christ qui commence ses prophéties et qui dicte lui-même à Jean ses sept épltres, adressées littéralement aux sept églises d'Asie , mais symboliquement aux sept périodes successives de l'église chrétienne, depuis les jours de Jean jusqu'au glorieux millénium. Car il faut bien se rappeler que, dans toutes ces divisions prophétiques des siècles, le nombre sept symbole de la perfection, épuise toujours l'histoire des temps futurs, de telle sorte que le septième et dernier chiffre nous conduit nécessairement au terme de toutes choses. — Ainsi, par exemple, dès l'avènement du christianisme dans l'Empire , les révolutions de l'avenir nous sont révélées
sous l'image de sept sceaux, mais le septième va jusqu'à latin
240 usçoa xuv. — dax. vu, «9, *0, 21, **.
des temp3; — dès l'avènement des barbares dans l'Empire , les révolutions de l'avenir nous sont révélées sous l'image de sept trompettes guerrières, mais la septième va jusqu'à la fin des temps ; — dès l'avènement de la démocratie dans l'Empire, les révolutions de l'avenir nous sont révélées sous l'image des sept fioles de la colère de Dieu , mais la septième encore va jusqu'à la fin des temps.
Je voudrais pouvoir , chers enfants , vous expliquer ces sept épttres de Jésus-Christ. Simples et sublimes . courtes et significatives . elles font tout le sujet des chapitres II et DI. Vous les esquisserai-je? leur beauté prophétique éclaterait surtout dans les détails : et les détails ici ne nous sont point permis.
La première est adressée à l'église, d'abord si fervente, du siècle apostolique, V Église du désir, comme il l'appelle (c'est le sens, en grec, du mot Éphèse). — Jésus-Christ connaît ses œuvres, et son travail, et sa patience : elle ne peut supporter les méchants dans son sein; elle a aussi éprouvé ceux qui se disent apôtres et qui ne le sont pas; mais elle a abandonné son premier amour. Ah ! qu'elle se rappelle d'où elle est déchue et qu'elle se repente! car, sans cela Jésus-Christ transportera son chandelier de sa place , et laissant s'éteindre sa vérité dans ces contrées ingrates qui la déshonorent , il ira la rallumer plutôt au delà des mers, sur le sommet des montagnes et chez les nations les plus sauvages.
La deuxième épîlre est adressée à l'église persécutée des deux siècles suivants, Église de myrrhe et d'amertume, (c'est le sens du mot Smyrnë). — Il connaît ses tribulations et sa pauvreté , bien qu'elle soit riche ; mais qu'elle ne craigne rien des choses qu'elle va souffrir : on va mettre en prison ses enfants; elle aura surtout une affliction de dix jours fwophétiqucs (c'est-à-dire de dix ans); mais qu'elle demeure fidèle
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jusqu'à la mort; el Jésus-Christ lui donnera la couronne de vie !
La troisième épttre est adressée à l'église exaltée 4es jours de Constantin le Grand et des siècles qui suivirent; h (Église de l'élévation (c'est le sens, en grec, du mot Perqame).— l& Seigneur sait qu'elle retient son nom et qu'elle n'a point encore renié la foi de Jésus-Christ; mais, hélas, elle habite avec les grands de ce siècle, là où Satan a son trône I et il y en a déjà plusieurs qui , comme Balaani , enseignent &ux princes de ce monde à mettre une occasion de chute devant les fidèles, pour les entraîner à des actes idolâtres.
La quatrième épître est adressée à l'église persécutée, durant les siècles du moyen âge, par la cruelle tyrannie des papes ; période lamentable d'idolâtrie et d'extermination : c'est Y Eglise de la consommation des victimes (en grec, Thyatire). — Le Seigneur connaît son amour, et son ministère , et sg foi, et sa patience, et ses dernières œuvres, supérieures aux premières; mais pourquoi permet-elle que Rome, cette femme Jésabel qui se dit reine et prophétes&e, enseigne et séduise les serviteurs de Jésus-Christ , pour les porter à sesimpuretés et à la fornication de son idolâtrie? Ah, qu'elle y prenne garde 1 car a je jugerai celle grande prostituée , dit a Jésus-Christ, bien que je lui aie donné du temps pour se « .convertir; je vais la réduire au Ht et je ferai mourir de mort « ses enfants ; mais alors malheur, malheur, à ceux qui con> a mettent l'adultère avec die , s'ils ne se repentent de leurs a œuvres !
La cinquième épître est adressée à l'église de « ce résidu a réservé selon l'élection de grâce , » dont a parlé saint Paul (Rom. XI. 5.) ; à l'église réservée du milieu des ténèbres et des persécutions du quatorzième et du quinzième siècle , Y Église du résidu, (c'est le sens, en hébreu, du mot Sardes).
242 LEÇON XLIV. — DAN. vu, 49, 20, 24, 22.
— Le Seigneur connaît qu'elle a le nom de vivre , mais elle se meurt; elle est morte. 0 qu'elle se hâte d'affermir le résidu qui s'en va mourir , et qu'elle se rappelle ce qu'elle a reçu ! Cependant elle a , dans ce résidu , un petit nombre de noms qui n'ont point souillé leurs vêtements et qui marcheront avec Jésus-Christ en vêtements blancs , parce qu'ils en sont dignes; et je confesserai leurs noms, dit Jésus-Christ, devant mon Père et devant ses anges !
La sixième épttre est adressée à l'Église de la bienheureuse Réformation , Y Église de F amour fraternel (en grec, Philadelphie). — Le Seigneur connaît ses œuvres; il a mis devant elle une porte ouverte, et personne ne la peut fermer, parce que cette église a gardé sa parole. Quand il ferme, personne n'ouvre ; et quand il ouvre, personne ne ferme. Ah , qu'elle se prépare , car le Seigneur va venir ; et qu'elle retienne ce qu'elle a, pour que nul ne lui prenne sa couronne !
Enfin , la septième épitre est adressée à l'église des derniers temps, où Jésus-Christ viendra juger les nations et son peuple ; à Y Église du jugement des peuples (en grec, Laodicée).
— Le Seigneur connaît ses œuvres : hélas, elle n'est ni froide ni bouillante; elle est tiède ! Et voici , il se tient à la porte : à celui qui vaincra, il lui donnera de s'asseoir avec lui sur son trône, comme lui-même a vaincu et s'est assis avec son Père sur son trône. — Oh que celui qui a des oreilles, dit par sept fois Jésus-Christ , e que celui qui a reçu des oreilles « pour entendre, écoute ce que l'Esprit dit aux églises! »
Ainsi finissent et les sept épîtres et les chapitres II et III de l'Apocalypse. Puis voici, dès le IVe, les ouvertures du ciel qui commencent. La même voix, éclatante comme la trompette, qui s'était d'abord fait entendre à saint Jean, lui parle encore et s'écrie : « Monte ici, et je te montrerai les « choses qui doivent arriver à l'avenir. » — Le ciel devait
s'ouvrir plusieurs fois à ses regards dans le cours de l'Apocalypse, et à chaque fois un nouveau cours de révélations lui devait être présenté. La première ouverture se fait au chapitre IV; la deuxième, au chapitre XII; et il faudra que je vous en aie au moins indiqué les premières, pour vous donner quelque notion de leur suite merveilleuse. Écoutez donc.
Première ouverture du ciel. — Elle occupera les huit chapitres qui suivent; je veux dire, du IVe à la fin du XI*. Mais quel spectacle i Rien de plus grand ni de plus semblable au ciel que les images et les scènes prophétiques ici déployées aux regards de l'Apôtre! En les lisant, vous vous sentez transporté par avance comme dans les hauteurs du royaume de Jésus-Christ; il vous semble que vous montez avec Jean et qu'on vous a dit à vous aussi : « Monte ici !» Ce ne sont, il est vrai, que des scènes symboliques, que des figures imaginaires d'une beauté radieuse et d'une incomparable majesté; mais ces figures imaginaires, mais ces scènes symboliques, vous saisissent et vous émeuvent, parce que vous savez qu'elles représentent les réalités ineffables qui attendent les élus dans le royaume de la vie. Et d'ailleurs encore, en les lisant, vous comprenez, avant même d'en avoir saisi tout le sens prophétique, qu'il y a là quelque chose de surhumain, et que l'Esprit de Dieu seul a pu les dessiner. — Ah, ce n'est pas ainsi, vous dites-vous, ce n'est pas ainsi que les hommes imaginent ! — Je vais seulement les réciter ici sans presque les expliquer; parce que je ne me propose, après tout, que de vous introduire au moment où l'Apocalypse vous expliquera Daniel et fera reparaître à vos regards cette même quatrième béte, ce fatal empire des Latins que le prophète de Babylone avait contemplé dans ses visions de la nuit. C'est Daniel, vous le savez, que je viens expliquer dans l'Apocalypse , ce n'est pas saint Jean.
2U LEÇON XMV. — DAN. VII, 49, 20, 3M , tt.
Le ciel s'ouvre donc une première fois aux yeux du prophète de Patmos. — II regardait, nous dit-il; et voici, une porte s'ouvrit dans le ciel; et alors, tout ému, il entendit encore cette même voix du Fils de l'homme qui l'avait appelé au commencement de la vision : elle était semblable aux éclats de la trompette. « Monte ici ! » lui criait-elle , « et je te « ferai voir les choses qui doivent arriver dans l'avenir. »
Jean monte, et que voit-il?
Il voit un trône placé dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un d'assis. C'était l'Ancien des jours dans la magnificence de sa gloire, telle que Daniel l'avait contemplée à Babylone. En cercle, autour de lui, Vingt-quatre trônes; et sur ces trônes, vingt-quatre anciens, tous assis, lotis la tête ceinte de couronnes d'or, tous vêtus de robes blanches, et tous représentant les ministères sacrés de l'église de Jésus-Christ dans cette gloire future qui attend les serviteurs de l'Agneau, quand il les aura faits pour leur Dieu dans le ciel rois et sacrificateurs. Au milieu du trône et autour du trône, quatre êtres vivants, semblables à des chérubins, représentaient ce que sera l'Église dans sa gloire aïigélîque; tandis qu'au-dessus du trône et tout à l'entour, un arc-en-ciel, semblable à l'émeraude et symbole de paix, formait un cercle immense. De ce trône sortaient en même temps des éclairs, des tonnerres et des voix.
Alors un spectacle incomparable s'offrit aux yeux de Jean. Il vit de ses yeux quelque chose du culte futur des cieux, quand les esprits des justes consommés, réunis dans la cité du Dieu vivant, formeront a cette réunion générale » âont a parlé saint Paul, cette a assemblée des premiers nés inscrits « dans les cieux (1). » — Les quatre êtres vivants, ne cessant
(1) Hébr. XII, 22, 23.