‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 159 sur 198 · LA FEMME AU DKSKRT · texte numérisé non relu

LA FEMME AU DKSKRT

sainl Jean nous dit ici par deux fois (au verset 6 et au vesret 12) que « la femme a un lieu dans ce désert, et a que ce lieu lut « a été préparé de Dieu, » et que « dans ce lieu elle doit être a nourrie un temps, des temps et la moitié a" un temps, » Il est impossible de s'y méprendre : que pensez-vous de ces paroles, et pourquoi sont-elles là?

— Elles sont là pour nous rappeler Daniel.

— - Sans doute, cher enfant; Daniel et la petite corne; car aussi Daniel, au verset 25, avait dit que l'Église ou les saints du Souverain lui seraient livrés jusqu'à un temps et des temps et la moitié dun temps. Et vous devez comprendre par là qu'aux jours de saint Jean tous les chrétiens qui lisaient Daniel sussent déjà, par le seul livre de ce prophète, que, sous la monarchie romaine, pendant le règne de la petite corne, période de blasphème et d'hérésie, il se ferait une cruelle guerre à l'Église de Dieu pendant un temps, des temps et la moitié dun temps. — Tous le savaient et tous le comprenaient, comme je l'ai montré ; en sorte qu'ici, pour que nul ne puisse s'y tromper, saint Jean, — après nous avoir déjà dit (en son chapitre XI) que pendant \ ,260 jours les vrais adorateurs cacheraient leur service dans le temple intérieur, tandis que les parvis extérieurs et la sainte cité seraient livrés aux nations « pour quarante-deux mois; » (et encore au verset 3 ) que, dans cette cité foulée aux pieds des étrangers, les deux témoins de Jésus-Christ prophétiseraient pendant 1,260 jours; — saint Jean, dis-je, a bien soin de nous avertir ici, par deux fois qu'il fait allusion à la prophétie de Daniel : d'abord quand parlant des persécutions païennes et de la première fuite de l'Église au désert, il dit que ce désert est « le même lieu où Dieu lui prépare une place , pour quon ty puisse nourrir jtendant ces 1 ,260 jours dont a parlé Daniel; et ensuite (au verset 12), quand parlant de l'invasion

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des Goths et de la nouvelle fiiile de la femme en ce même désert, il a soin de nous avertir urie seconde fois que c'est là que , plus tard , a la femme doit être nourrie un temps, « et des temps et la moitié Sun temps , » comme avait dit Daniel.

Vous voyez, mes araife, par quels signes clairs et précis le Saint-Esprit, dans ce Xlï8 chapitre de saint Jean, nous ramène a Daniel, et comment il rend manifeste l'harmonie des deux prophètes.

C'est donc au chapitre Xtîl seulement, que nous verrons commencer ces \ ,260 jours, ou ce temps, et ces temps et cette moitié d'un temps du séjour de la femme au désert ; c'est là, je le répète, que nous apparaîtra là Rome décemroyalè; ce seront les jours de la petite corné. — J'eusse voulu pouvoir aborder ce chapitre important dès aujourd'hui, mais l'heure est avancée, et je crois devolfr te réserver pour la leçon prochaine.

En attendant, mes amis, je voudrais que chacun de vous remarquât avec soin combien ce que nous venons de voir des destinées de l'Église sous iâ première période de l'empire latin, confirme puissartlhient la dôctrihé dont nous parlions dimanche. — Voyez encore une fois ici l'épouse de Jésus- Christ, la vraie église de Dletl : dans quel état nous est-elle présentée? — thvisible ati siècle , étrangère dâhs ce riiéchant monde, recevant des ailes d'aigle et s'ehfuyant au désert où son Dieu la nourrit d'une hianne cachée, tandis que ses enfants, répandus au milieu des Gentils, demeurent exposés aux plus rudes épreuves. — Que de fois ils entendront ce reproche : Où dohe est Votre église t Elle est gardée de Dieu dans le désert ; et bieu qu'elle soit revêtue du soleil, couronnée de douze étoiles, ayant la lune sous ses pieds, les hommes de ce monde ne sauront le plus souvent où elle est,

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jusqu'au jour du banquet des noces de l'Agneau où elle sortira glorieuse au-devant de son céleste époux, pour entrer avec lui dans les palais de sa gloire.

Ainsi, vous le voyez, le méttie Dieu qui jugea convenable d'abandonner pour un temps son Fils bieu-aimé à la fureur du diable dans la nuit de Gethsémané, alors qu'il disait à ses ennemis : « (Test ici votre heure et la puissance des d ténèbres 1 » ce même Dieu souvent a jugé convenable d'abandonner ses églises pour de longues années à la ftireur du diable dans cette longue nuit de l'Homme de péché !

Encore un mot cependant, mes amis, sur cette femme aux ailes d'aigle et revêtue du soleil, qui s'envole au désert. — Le contraire de cette épouse de l'Agneau, de cette femme persécutée, méconnue, réfugiée au désert, mais si belle, si pure, et si pleine de gloire intérieurement, comme dit l'Écriture (1), son contraire, dans ces révélations de Jean, sauriez-vous rtie le dire ?

— C'est la femme Vêtue de pourpre et d'écarlate , mais prostituée et ivfé de sang, qu'on voit assise stir la bête, au chapitre XVtt.

— Oui, chers enfants, cette femme que Ton nous montre parée d'or et de perles, « se disant reine, d mais impure et ennemie des saints. — La première était cachée aux yeux des puissants de ce monde, mais celle-ci est à cheval sur l'empire des Latins; la première est affligée et souvent dans le deuil, mais celle-ci s'enorgueillit de sa prospérité (a Je suis assise en a reine, s'écrie-t-elle (2), je-ne suis point veuve, je ne verrai «point de deuil! » La première est « l'épouse de l'agneau, d l'autre est une prostituée; la première est persécutée des rois latins, l'autre commet l'adultère avec eux; la première

(1) Ps. XLV, 14. - (2) Apoc. XVIII, 7.

est l'amie des martyrs de Jésus-Christ, l'autre verse leur sang; la première est nourrie de Dieu dans le désert , l'autre est ivre, mais de sang, et ce sang est celui des chrétiens; la première est « la mère de ceux qui gardent les commandements « de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ, » l'autre, dit saint Jean , est <r la mère des fornicateurs et des abominations de « la terre(i).» — Ces deux femmes représeutent Jérusalem et Rome , a les deux pôles prophétiques du monde spirituel, comme les appelait mon ami, le docteur Cappadose (2),»— Li première , c'est la ville sainte , la Jérusalem, descendant du ciel d'auprès de Dieu et ayant la gloire de Dieu (3) ; l'autre, c'est Rome, la grande ville qui, du temps de saint Jean, «avait « son règne sur les rois de la terre» (Apoc. XVII, 18), celte Babylone des derniers temps, par les empoisonnements de laquelle toutes les nations ont été séduites ( XVIII, 22), et où s'est trouvé le sang des apôtres et des saints. — Mais qu'eo estil dit? C'est que les rois latins des derniers temps haïront cette prostituée, qu'ils la rendront déserte et nue, qu' ils mangeront ses chairs et la consumeront au feu. « Elle est tombée, a s'écriera-t-on, elle est tombée, Babylone la grande, et elle «r est de venue une habitation de démons et un repaire de tout a esprit impur! Alléluia au Seigneur Dieu, parce qu'il a jugé « la grande prostituée qui corrompait la terre par sa fornica- « tion, et qu'il a vengé le sang de ses serviteurs, le redemaa- « dant de sa main (4)! »

C'est alors que la voix des rachetés se fera entendre comme celle des grandes eaux et comme celle ]des tonnerres , disant : « Alléluia! parce que le Seigneur Dieu tout-puissant « est entré dans son règne ! Donnons-lui gloire ; parce que « les noces de l'Agneau sont venues , que son épouse s'est

il) Apoc. XVII, 3. — (2) Noie cf. — (3) Apoc. XXI, 2-9, 22,23, 2i~ (J) XVII, 17, 18; XVW, 2, 3-21 ; XIX, 2.

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