LA FEMME AU DÉSERT
rira pas, elle ne peut pas périr! Alors, par un effef dp l'admirable providence de Dieu la terre romaine secourra l'Église; elle engloutira le fleuve que le dragon a jeté de sa bouche ; tous ces peuples féroces, abandonnant bientôt leurs mœurs , leur vie nomade , leurs coutumes, leur langue même et jusqu'à leur religion, seront absorbés dans l'Empire et s'incôrpcreront avec lui.
Nous voilà donc au terme de la période Impériale et à l'entrée de la période décemroyale ; car les dix royaumes se forment au sein de ces grandes eaux; leurs dix chefe allemands vont ceindre leurs longs cheveux fauves du diadème des rois; et bientôt la petite corne va poindre du milieu d'eux. — C'est la seconde période, c'est le temps des 4,960 jours, c'est le sujet du chapitre XIII. — Nou6 laissons donc ici la femme a au désert, où elle s'est envolée loin de la face du serpent : » elle y sera a nourrie de Dieu; o mus aussi , pendant toute cette seconde période, le dragon a plein de a rage contae la femme, s'en ira faire la guerre aux restes de « 9a semence qui, dans le sein de l'Empire Romain, gardent a encore les commandements de Dieu et le témoignage de a Jésus-Christ; et cette guerre contre les saints (Daniel nous l'a dit, et saint Jean nous le répète) cette guerre durera « un a temps, des temps et la moitié d'un temps- » — - J'ai dit que c'est la période (Jépemroyale, le temps de la « petite eorne} n et que nous allons passer au chapitre Xfll.
Cependant, mes amis, avant d'en venir là, il faut encore vous avoir plus clairement expliqué ce séjour de la femme au désert dont saint Jean parle ici par trais fois; et à l'occasion duquel il fait une allusion si «manifeste au prophète Daniel et à sa petite corne.
J'espère que vous ave? tous Pftrrçpris à quel désert Iq Saint- Esprit fait allusion, quand il nous peint l'Église transportée
a sur des ailes ât aigle en son lieu, où ello est cachée de devant « ses ennemis et nourrie par la puissance de Dieu. » — A quel désert, je vous prie?
— A ce grand désert où le peuple d'Israël fuyait de devant Pharaon.
— Oui, lorsqu'il y fut aussi caché, gardé de Dieu et nourri jour après jour de la manne qui lui tombait du ciel. — Et Dieu ne disait-il pas alors à son église d'Israël qu'il l'avait portée sur des ailes daigle? Que l'un de vous nous lise, au XIX* de l'Exode, le verset 4.
— « Vous avez vu comment je vous ai portés sur des ailes « d'aigle et vous ai amenés à moi. »
— Eh bien, chers enfants, telle est souvent la condition de l'Église sur cette terre de péché; obligée qu'elle est de s'en aller cacher au désert de devant Pharaon son service et sa vie. Alors le monde, qui ne la voit plus, doute de son existence, tandis qu'elle est nourrie de la manne des deux, tandis que son Dieu l'abreuve aux sources vivantes des eaux, tandis qu'il se plaît à la maintenir à main forte et à bras étendu, tandis qu'il va l'introduire dans sa Canaan céleste, pour lui donner enfin son royaume et sa gloire.
Telle qu'elle était cette église , aux jours du grand Élie, alors que ce prophète persécuté se plaignait à son Dieu d'être demeuré seul, et qu'il lni fut répondu : « Tu te troin- « pes, Élie, tu n'es pas seul ; car « je m'en suis réservé sept « mille en Israël qui n'ont point fléchi le genou devant « Baal. » — telle était-elle aussi , nous venons de le voir, lors des trois attaques du dragon sous la Rome impériale.— Où fallait-il alors la chercher?
— Au désert, sur le chemin du désert.
— Sans doute ! et vous comprendrez maintenant pourquoi