VINGT-SIXIEME LEÇON
(Daniel, ch. ni, v. 1-fc)
4. La première armée de Belsatsar , roi de BabyUme , Daniel vit un songe; et étant dans son lit, il eut des visions en sa tête; puis il écrivit le songe et il en dit le sommaire.
2. Daniel donc parla et dit : Je regardais de nuit en ma vision; et voici, les quatre vents des deux se levèrent avec impétuosité sur la grande mer;
3. puis quatre grandes bêtes montèrent de la mer, différentes Vune de F autre.
L'Histoire a donc fini , la Prophétie enfin commence , je devrais dire, recommence , car ses pages sublimes s'étaient ouvertes déjà pour nous au chapitre deuxième ; mais les voici de nouveau déroulées, et désormais elles ne se fermeront plus jusqu'au dernier chapitre.
Quant à celles de l'Histoire, il ne faudra pas nous plaindre de ce qu'elles sont à leur terme , car certes il ne leur a rien manqué. Qu'elles ont été belles! et que de faits merveilleux
dans le court espace de ces quatre chapitres ! En est-il récité de plus grands dans les annales des peuples? Le premier siège de Jérusalem par Nébuchadnetsar et le commencement de la captivité de l'Eglise sous la première monarchie ; le martyre des trois jeunes Hébreux et leur délivrance de la fournaise; la folie du grand roi de Babylone et son relèvement d^is U vie de Dieu; les égarements de son fils Belsatzar, la nuit sanglante de sa ruine et ce festin terrible où vous avez pu voir quelque image des épouvantements du dernier jour; mais par-dessus tout, la chute de Babylone; la tête d'or qui finit et les bras d'argent qui s'unissent dans la poitrine d'argent, pour commencer la seconde des grandes monarchies ; puis , ce pieux Daniel qui sort de la fosse ; ce roi Darius qui publie son admirable décret; et enfin, ce Cyrus le grand qui monte à son tour sur le trône pour accomplir les prophéties d'Esaïe et pour finir les désolations de Jérusalem ! — Je le demande , chers enfants , n'en était-ce pas assez pour quatre chapitres?
Maintenant donc que l'Histoire a fini , écoutons la Prophétie.
Elle va nous réciter les quatre révélations qui furent encore données à Dïiniel. La première , celle des quatres bêtes féroces et de la petite corne d'Occident , fait le sujet de notre chapitre VII; la seconde, celle du bouc velu et de la petite corne d'Orient, occupe le chapitre VIII; la troisième, celle « des septante semaines assignées au Christ le Conducteur, a pour expier l'iniquité , pour mettre fin au sacrifice et pour « oindre le Saint des Saints, » finit le chapitre IX; et enfin , la quatrième , de toutes peut-être la plus étonnante , la plus complète et à la fois (selon ses diverses parties) la plus claire et la plus obscure , remplit les trois derniers chapitres de ce livre admirable.