LA PROPHÉTIE
Quelle tâche, mes amis, pour des êtres indignes et miserarâbles, qui ne sont que d'hier et dont l'Eternel « a réduit les c jours à la mesure de quatre doigts, » quelle tâche que celle d'avancer la tête dans ce temple de l'avenir, et d'y contempler la suite des conseils du Dieu vivant jusqu'à la seconde venue du Rédempteur, et jusqu'à la consommation de toutes choses ! — Certes , c'est dans un grand recueillement , c'est dans un constant esprit de prière , qu'une telle étude doit être faite ; car nous entrons ici dans la maison de Dieu ; a et « quand tu vas dans la maison de Dieu, nous dit le Sage (1), c prends garde à ton pied ; approche-toi pour écouter ; de « peur que tu n'offres le sacrifice des insensés. Dieu est au « ciel , et toi sur la terre. »
Silence donc et respect devant de telles révélations , mes chers enfants ! Ecoutons-y Dieu , et tenons-nous-y comme s'y tenait Daniel; car vous aurez remarqué, sans doute, dans quel saint tremblement il écoutait ces divines révélations. Oh comme son cœur battait! comme il retenait son souffle pour n'en rien perdre ! comme a son esprit (c'est ainsi qu'il s'exprime) était coupé dans son corps, » pendant que ï l'ange de Dieu lui en expliquait les mystères !
Je m'attends donc à votre plus religieuse attention , mes amis ; et pour ma part , j'ose vous promettre que les plus jeunes d'entre vous pourront me comprendre , pourvu qu'ils sachent écouter. N'aviez-vous pas tous fini , pendant nos leçons du chapitre II, par saisir entièrement la vision de Nétmchadnetsar?
(Un ENFANT SB L&VZ '.)
Oui.
Eh bien, j'ose m'assurer aussi que vous n'aurez pas plus
1 (1) Ecdés. V, 1-2.
de peine pour celle de Daniel. — Je ne viens aujourd'hui vous en expliquer que les trois premiers versets; mais je voudrais qu'avant d'aller plus loin, l'un de vous se levât et nous lût le chapitre tout entier.
(Un enfant se lève et le lit.)
J'ai désiré qu'avant d'entrer dans l'exposition des versets de ce jour, vous eussiez présent à l'esprit l'ensemble de cette révélation, sa splendeur, son importance et son incomparable majesté. — Vous pouvez reconnaître déjà qu'elle se rapporte aux destinées les plus lointaines de l'Eglise , puisqu'elle va jusqu'au retour de Jésus-Christ et jusqu'à la fin des temps. — Représentez-vous donc cette mer en tourmente, ces vents déchaînés, ces quatre bétes féroces qui montent l'une après l'autre , et enfin cette petite corne de la quatrième , qui fait la guerre aux saints jusqu'à ce que les trônes soient roulés et que « l'Ancien des jours » paraisse dans sa gloire. — Un fleuve de feu sort de devant lui ; cent mille milliers de créatures célestes sont autour de son trône; le jugement se tient, les livres sont ouverts; et enfin, Jésus-Christ, le Seigneur des Seigneurs, apparaît sur les nuées du ciel!
Avez-vous aussi remarqué, mes amis, dans quel état cette vision laissa le prophète Daniel ? Le même homme que vous vîtes , dimanche dernier, remonter si calme et si serein de la fosse aux lions , le voilà qui sort décomposé de sa couche, parce qu'il a vu des visions de Dieu? — Ses pensées l'ont troublé; son regard est changé , « son esprit lui a défailli dans son corps, » et les hommes de sa maison lisent avec effroi sur son visage les traces des émotions profondes dont son âme vient d'être saisie. — Que nous dit, à nous, ce trouble et cette défaillance, si ce n'est que nous avons affaire aux plus importantes révélations , et qu'une étude si sainte réclame de chacun de nous l'attention la plus respectueuse , un esprit