chapitre XII), maïs dans un désert' 9 symbole de la, dévasta
tion: et là. que voit-il? un objet épouvantable * unq béte
sortant âèlàblme, avec r sept "t'êtes et dix cornes,, ae couleur
écarlatë, toute couverte de noms (le blasphèmes, et portant
sur feon dôs tme femme ivre qui se dit Terne, mais qui est
prostituée, 'et5 avec' laquelle les 'rôîs [<&e la terre, ont pompiis
fornication, 'c ésf-à-dïre, lé éiACè infâme des idoles !
""Cfette bête est bien toujours l'ernpire des Latins -'et ce aiiï
déjà vous lfe1 prouverait avec évidence^ outré ses têtes et ses
cbrnei, tieèi 'ifètte1 femme qui Ia'ftiéhe et qui ciiéVauc|ie spr^
effej pdlsqùè lèSâint-fâprfl^ tout ^n 'l^ian^i^lvlonê ''
ladéclHré'être 'Kdni'e K^eV ^ j , ' eV qtfaucun ihlerWte;1
que je sache, ni reformé, ni romaniste, n en a jamai§ dopté.
f cfus, au cAniràfré/vous ifflrmeni que è est Romiç. Sçulè-
ment, les uns Vous disent, comme le prêtre Bossuel (t), que ■••/ ;,l .if»»/ ï!'« ii iiu./r '»;*<iMlu«'»/ M .lir-'iDnr»^
(1) Note 6.
• JK'1 .
c'est la Rome d'autrefois; les autres, comme le prêtre Lambert (I), que c'est la Rome de l'avenir; et, les autres enfin,
comme le ministre Jurieu et l'astronome Newton, que c'est
la Rome du passe, du présent et de l'avenir. — Mais pour
nous, peu nous importe ici ! il nous suffit que ce soit (Rome,
. i* • ■ * • * . . ' ïi i ■ ■ ■ *■■ »
pour en conclure que la bête qui la porte est bien l'empire
des Latins, datis la troisième et dernière période de son histoire. — Et d'ailleurs, bien d'autres signes^ s'il était nécessaire, nous le diraient encore : par exemple {pour n'en indiquer qu'un seul}, sa dernière ruine.. — Comment arrivct-ellè*, cette ruine,' d'après Daniel?
— Elle arrive à la' veille du roillenium.
— Oui, mais comment? ...
— Là bête est tuée et son corps détruit; elle est donnée
au feu pour être brûlée; puis, aussitôt après, le Filsae t homme
vient sur les nuées du ciel.
— Très bien ; c'est ain^i qu'arrive cette ruine d'après Daniel : mais d'après saint Jean c'est de la rnèrne manière : la bête est jetée au feu.r nous dit-il (XIX, 20); ejt aussitôt après commence également le glorieux milleoium (XX, 4). — C'est dojic bien ici, je le répète^ l'empire des Latins : voilà mon premier point.— Mais il me reste pnçore à prouver le second, à savoir que .c'est l'empire des Lapins dans la trojsjèmeet dernière période de son histoire, — CJet eijfxpire avait été d'abord autocrate au. chapitre XÛ; puis, polyorate au cbar pitre Xlli y mais il est ici devenu déjnoçrate, souniïs au régime révolutionnaire de la démagogie., ç'est-à-Miiije, à la domination du peuple et de ses agitateurs : c'est ce que je vais établir en examinant Avec vous ses nouveaux traits. — Seulement, je voudrais qu'avant d'en venir là, vous me rap-
(1) Noie c9
apocalypse xy/h t . J,5
classiez commet. Daniel,. dans.sop chapitre^ .a*ajt,déjà montré que la monarchie des Latins, et même queute Ja terre prophétique, finira par une affreuse anarchie ou par la
^lv^a*i,on de tous. ,les éléments deta socié^ politique et civile, t- Qu'en avait-il dit? ....
— Que le fer de la statue et son argile, cqmfl# $u8ei ïai-
poussière. '
; . ^ Gui> ^telle qu'e* un jour d'&é la iMe du blé que le
«ivent'obasfie jMi'Join- .* £'*# ator* qu'on^ndr» soi* cette
terre des Latins a le cordeau de confusion *t Ma niveau de
«d^rdttyft .pour iparier wec tM&*>(Ayy c'est. «Mors que
f «uses idagiatmflSs crieroht ;<B nîy >a pjua.là de roynume! et
«que tott» wa«XMivM]«uss aa?o^ nôdwitsvà ries. » wu Mais
ici saint Jean nous prédit avec clarté qu'avant cette effroyable
..anarchie par où de préfbaresa raineret par o*ï tôbUMHSnir,
l'empire des Latins, soumis à de nouvelles influent**, fc>*en-
frfrtea <waçtèjreft 4>me dffrnocistje orageuse tienne con-
^ofti^i^féy^tetiQnpajpe^ -j C'est gff m'Afteptoiif <te mm-
bt^ux;sypb^r ^E^ye^ vous-mênaeaj.je vqiis prfe, de
W, les; signaler, et dites-moi les métarçorplioee* que Ja bqte
a fpbiesi ,<fep|iis Jffl jouj* du chapitre JfDP. -^Par exemple,
!fKji tfoii.nWrHeîTtr^î.. ....,;
« N — EUe ne^mante ptua ife 7a 'mer) comme an <$apttpe XItt ,
., —Ensuite? ,.
— ^««^M pkfadenmtde bhspAème$; », et ces. noms™
(1) EMtoXXXIV,li, lî.
**6 LEÇON xlM — 'è'AN.' vil. 23, U.
aoiit'tftts îilrl& «4ft 'têt^'kèWnfiè^t': &të en e& « toute
' ^ Ensuite", feffè porte assise sur son dos «la grande prostia f née qui enivre tous les habitants cte la terre dû vin de sa -rl(bHïfelàtlbttf:**,, >'M*U: '" •• • "ll>iy ,;i '•'• M *' >! •■-
>'«»— €he^ti^!^fccAfé^ b'ès^«1të;ipaS tefièterdfe par <fe grandes eaux (v. 15)?
; m; 0*1, jkrUlé gra*4ei (mm air lesquelles aaitft ffean dit ^M te pwhtttÉëe «rtmftrf? <** H «h ëg^WhaïK'^élte est
,<• Très :bié»| ces k»gwmèfe«^a«x^lfili«tlk«ie feMMftéiiÈft
Mejm.noas^itlauteFrfjqenB te* ièrti td&pmp**<&~<étt fmàts
«if <fat fto/Ms *MWàm^*fc* ^ *«te KHftttM *nt>j Atgtfr-
. .iittHLésJdtedèmetj feinta ftirplàsy Ai tut» tas coh»«i
- tarit est fbtt $Kt£aUftlHtaftrè) \ X& bêle 4' WéflAWfcTdfts 'Hiîér, iMSs '«des tell flMW dtàdèftiè.' ,LfcJ-*OéWës\ tffest 4uiu élftlngp'UiliGispBlin 4uèéelh)»(te îs^tqoi ^e^e1^?'^b^ ftéatofotoïiês* èt«èfjcwiant tabête,' tftàs '«è«lè itetfttèfè Wrt^ /-ëhî«(6irâ\fe» de tels 1 — Vous le voyez ici , ils régnent, ces VtfrfdSfeMMfottftâ!, car , UttStdit ;«4«'«fc v&faioentmtiofW^^ »
et par les mêmes révolutions ; ils règnent?tâtafafe 4e*darniers temps encore « ils combattront contre Y AgfHgiii »-DOus
esUl déclaré ay v^t.*^ M^^K^S Wm'è ±-**> car c'est à la fin qu'ils « haïssent la prostituée çt la brûlent au feu , » est-il ajouté au verset 16. — Mais de ptns ,' qu*êst-il 'Wmtiè'&Wv; àM V^eàttôV^t^J^z^Bdvement, je vous prie : quand « recevront-ils autorité, » dans cette dernière période ? -'n /!y*/w '
>^i&'rtol^-ièàtt^: diiifo'VWto Ift&mlMâjM que W Sêhrnè attMnt Un MxPh^'dHkân] tïïBs MnêUtt Uùr puts-
9âm'&iktowt>Hitè'à,ia>mj:f- ! '''■• '!""J,,'• ''|!'"- '•"'"'■
^ Trè* Meft ;>'tnkW nTeiti-U ''pair' fflf atifetf, 'au V6ï4et"¥l ,' que la béte , après avoir eu sept formes de gouvernement^ MM eH&-Wiême,i* fe JbiéWfedV,li",i :••> —•'•'• »■" • »•■• °*
• '»H OM ;l!'ftW^t!lit à satat' Jé«h Vlh f^'^ûîlthii à 'q&iWàï
pèii^itMMmmm'v^:''--' ■•••'•'. r-v ■•■•' -'•
• -MUà' Ifltfnterittrt , p1tflefc'*l«fi ,'!fc voutT ptfeV'Hé cette vtttè dé ttoiWe;«Wu ttèldéWe #«milë pVoStitÛëè ^llî t?st îisàisc'ioV W Bèfett «jt» fcttè^èV'^étt'il'ffli^ù vërsè«IS ;(,flë feè -rk^i' p^<kts WtWrtes «i kfl*î i!| ' ,,";l "'' *'"''--': '" ! :•' '"'
^11 m Atquéir I«3'dW'r(*ront'c(hlnWistoWidrtk>nikV^'
<"mjl,oi(*, -fè^-è-dJW'idMâlrie V,niilis'^l,ëite4li;pW«^!iausM,
(ëuKêrSet 149' ojrtls'ferom tt'guétW'Jl JttWsM2n'rH*t ' " >,:,l
1 • !<J W'Hb TeWnt la guwré'&'rA^eW;' httïi'1'AgttétfiîWVidti-'
«'W*,pareé dttll-esrte Sëlgnèïlr dès ègJfl^rsct'lë'tortaèS' <r.'frt(*.'i|j;uiii'i ,;"lid')'i '.'\\ - > ï î - • • i' i;.<il»i i.c a» /i< >i:i* •"! * i i ■/ nl>
■•uù-Hi' <5èn>foaal«'V!!ës"«x',rote île1 fltfWfet^ft ^às',' '«pr^ rfêtre1 iWUinès' d*tt*!l«i impUrèté» t&dlâtï'èsf «6 Rbrtte, ^ prendre en dégoût cette débàochêe etpai-ta d&ôttW^ôyek1
a* vferset'4|W":-' ' •ili'1' ' .•«!•'•:'> ••'••' '"•• :- •' ' ''» '•'''' " '"''• !; '1 ■>*"k lMdtà k>\l M«rbY* h ^rosrtftrté^Hs'** rendront -JMM" « serte et nue? iteîWMigéltoflï'Ses èhàfeèr la (JoriSUmëroVit'
«tt «Mp1rW4aitti«é d^èr* pëti^Ef'tffeîï^^ ai»èCqu*H «OBetriiia'ttoài' ées irai»' s'itèééMcttk >xii"ri6Ùs
demo«r8ii^»«pii ,-• 9tt«j •fe'lhBtféntièî'de'Rlornb/'se Soulever*' contre '(JésusuCbriM d*ns '^8 dtt'Voyttifrtèë'l*^ Lktîhs, jtfé-!
288 LBÇO* XLVI. — ÇAPI^ ViK 23, 24.
qu'à ce qu'elle soit elle-même brisée et jjtéftruita, pwr If feu. — Pour vous le montrer, je vais rçprçftdjcç, ,flfy)t& dam un autre ordre, chacun des traits ^e .vQus.v#n£z d'indiquer, Ei^minons-les ^vec ajUçntion; je commence pfur lef diadèmes.
Premièrement. — Ici , point^/te diadèmes^ pi sur Jes cornes, ni sur les té^es,~vPoiat sur les corne*: il faudra donc que, dès cette époque, la souveraineté politique n'appartienne plus ^ aucun des dix, rpis qui cependant régneront encore dans la ijenp des Latins. —Et pgint (Je diadème pou plus sur le$ têt*; il faudra dpncdjue cejte mô^e §<>uypraix^té $e réside ni sur les sept montagnes de Rome ( cette çqçîemie capitale du monde ronmi^Jj, ^çrànre sw&ppupe des sept, premières formes de gouvernement qu'avait subies jusque-là tempire des lagpç, ^a|fv^jfe typie., i^^y^i^^^^te, non pas ses nuira, mais sgn peiiplft fi& ff^fre* <** ** &»**> •* ville de ftome,, /dpraift cette, p^ripde,^^ WflQ à cheval .sur ce malheurçux. eçqg&g ; ^Heeqiyreça se&t9i^ats^;babiUû^ du vin fumeux de son idolâtrie ; elle les rendra complices de ses fomi^iQjûs spiritueUps et de, ses tonHcidps; mais n'importe! ce ne sçra pftâeU* non plus qwporjgra le diadème; la souverafaçté. ppjifkj^e ne sexçccera m,pw Morne, ni par aucun des dix rois encore établis dans l'Emp^e» — Mais alçrs., çeUe. sfMivgrunefcç* pu $ei#~t-3l}p? Elle; sera (vous l'étal, vois,. chersren^8i ), daty». Ip, ri****: Mm,
Secondement. — U est dit (et prenez-y bien g$tde!^$Jft durant cette péflttffo j'^pi^ «P^
d(apf>, d'avqir.^TOis.iIl^^is^, wm #ma, diadème > * ejisjtenf.,, je Je répète^ cwJl ** dfc,qu:Uft,règP¥>Oi, qu* commettent fornication wep, J'^li^^ou latyiUe de Rome ( toi* femme , dan^, fas â^critMpe$ ppoph|éUqaes? vous, le asiei, représentant toujou^ou, vi^iégli^ô Pil» «Droite, ou tous
le6 deux ensemble) ; ils existent , car « ils font la guerre à l'Agneau » et finissent même par haïr cette prostituée et la brûler an feu. Vous voyez donc, j'aime à le répéter, qu'ils existent , mais rois découronnés : la souveraineté politique est passée ailleurs et ne réside plus en eux. Étrange condition! Y eut-il jamais rien de semblable dans l'histoire d'aucun peuple? — Et où est-elle donc, encore une fois; cette souveraineté? Continuons d'étudier et tout s'éclaircira.
Troisièmement. — Il est dit que, dans cette période, ces dix rois « prendront puissance comme rois en même temps que a la bête; » en sorte, qu'après cet événement la bête, bien qu'elle ait des rois , sera elle-même roi. — Vous le voyez , il doit se faire dans chacun des dix royaumes absolus quelque révolution qui donnera puissance en même temps à chacun des dix rois et à fa bête elle-même , c'est-à-dire au peuple. — Qu'est-ce donc, encore une fois , que cette révolution , sinon l'établissement officiel de la démocratie , ou de la souveraineté du peuple sous des rois citoyens, dans tous les dix États de l'empire des Latins?
Quatrièmement. — Remarquez bien encore que la bête est ici soigneusement distinguée des rois qui la gouvernent. — Qu'est-ce donc, dans ce sens, que la bête? Jean vous l'explique très disertement : c'est la multitude du peuple des Latins, devenue souveraine en chacun de ses royaumes. — Cela vous est déclaré positivement, aux versets 2 et 3 , comparés au U>e. « La bête, » est-il écrit, « ce sont les grandes eaux « sur lesquelles la femme est assise; » et « ces grandes eaux « ce sont des foules , des peuples , des nations et des langues. » — Voilà donc encore une fois ce qu'il fallait prouver. — Et vous allez voir comment ces nations et ces foules reçoivent alors le pouvoir; car c'est très officiellement qu'à cette époque on établira pour elles le régime de la démocratie.
Cinquièmement. — Il est dit, au verset 13, que pendant celte dernière période, tous ces dix rois latins o auront un même desa «eût, p une même pensée politique ; mais quel dessein, quelle pensée politique î celle « de donner leur puissance et leur auto- « rite à la 6étef » est-il écrit; c'est-à-dire, de reconnaître officiellement et solennellement la souveraineté du peuple , la suzeraineté « des foules , des nations et des langues. » Vous le voyez donc : ils seront bien toujours des rois; mais des rois citoyens, des délégués du peuple , sans sceptre et sans diadème ; ainsi que le sont déjà Louis-Philippe chez les Français, Léopold chez les Belges, Isabelle chez les Espagpols et Maria-da-Gloria chez les Portugais ; ainsi que l'ont été quelque temps, en 4824 , Charles- Albert chez les Piémontais et Ferdinand dans les Deux-Siciles ; ainsi que le seront bientôt très inévitablement tous les autres rois de la terre des Latins (4). — En voilà déjà quatre chez qui la souveraineté du peuple a été proclamée; voilà quatre rois sans couronne : il n'en faut donc plus que six, pour que la béte soit consommée dans l'unité révolutionnaire de sa dernière forme : la Bavière , la Lombardie , la Hongrie méridionale et d'autres contrées encore subiront à leur tour, avant qu'il soit peu, la même transformation (4).
On pense que cette troisième et dernière époque de l'empire des Latins a pu commencer à la Révolution française en 4789, et se caractériser ensuite plus pleinement en 4830, à la chute de Charles X , alors que le gouvernement provisoire disait aux habitants de Paris, daqs sa proclamation du 30 juillet : « La cause de la liberté a triomphé pour jamais; les citoyens de Paris l'ont conquise par leur courage, comme leurs pères l'avaient fondée il y a quarante ans. » — Le len-
(1) Toutes ces paroles se disaient eu 1837 et se recopiaient en 1849. On n'y a rien changé.
demain de oe jour , Louis-Philippe , à la fenêtre de l'Hôtelde-Ville, arborait le drapeau tricolore, syaabole de la révolution ; sept jours après, la Chambre des Pairs le proclamait roi-citoyen ; et le surlendemain , 9 août , rendant hommage au peuple souverain dans rassemblée des députés et des
pairs, et recevant leur déclaration, ce prince en « acceptait sans a restriction,» disait-il,a les clauses et les engagements ;» puis, debout et la tète découverte, « il en jurait l'observation. » — » Voilà qui remplace désormais l'ancien couronnement des rois dans la cathédrale de Reims; « alors, » a dit Lamennais, (i) « on vit pour la première fois le chef de la nation renoncer au « sacre des rois.» C'était donc plutôt la bête qu'on couronnait et non son roi : le peuple devenait roi , le huitième roi; et Louis-Philippe « prenait ainsi puissance en même temps que la bète, comme avait dit saint Jean; il proclamait la suzeraineté du peuple; il posait en France de sa main le diadème « sur « les foules, les peuples, les nations et les langues. »
Et remarquez, je vous prie, chers enfants, combien ici le Saint-Esprit, en décrivant cette grande révolution des derniers temps, surpasse en exactitude de langage tous les modernes publicistes, et ceux mêmes qui de nos jours en ont le mieux parlé (2). On a dit, par exemple, quelquefois, de la royauté constitutionnelle de Louis-Philippe chez les Français ou de Léopold chez les Belges, qu'elle n'est dans son véritable sens qu'une «magistrature couronnée» et qu'une délégation perpétuelle du peuple : pouvait-on dire mieux? Oui, chers enfants, saint Jean dit mieux encore; car il l'appelle, lui, une royauté découroonée i La pensée est bien la même ; mais le style de l'apôtre est plus exact encore. Les publicistes, dans leur langage, oublient trop souvent que Louis-Philippe,
(1) Note d. — (2) Note e.
292 LEÇOX XLVI. — DAN. Y1If 23, 24.
Isabelle d'Espagne, Marie de Portugal, Léopold des Belges, bien que rois, ne sont point couronnés et ne peuvent pas l'être. — Victoria Ta été dans Westminster, parce qu'elle n'appartient pas à la terre des Latins; le monarque lombard-vénitien Ta été dans Milan, parce que son royaume n'est pas encore révolutionné. Mais croyez-vous qu'on eût permis à Louis-Philippe ou à Léopold de prendre la couronne? Je ne le pense pas. Ils ont pris puissance en même temps que la bête, dit saint Jean, mais en reconnaissant ss souveraineté ; ils ne sont qu'une délégation perpétuelle de la bête ; ils ont à leur avènement proclamé le grand principe moderne de la troisième période des Latins, la royauté du peuple, la suzeraineté des grandes eaux, la souveraineté des foules, des peuples, des nations et des langues. — On se demandera peut-être : Par où tout cela finira-t-il? l'Écriture répond : Par une affreuse anarchie, par une révolution nouvelle, non plus de raison, mais de démence; par un débordement de démagogie irritée , submergeant toutes les bases de la société, État, Famille, Propriété. — Quelques publicistes du jour vous le diront déjà peut-être; mais Daniel l'avait écrit avant eux et mieux qu'eux. « Le fer et l'argile,» l'État et l'Église des Latins, « seront alors brisés en une fine pous- « sière, telle qu'en un jour d'été la menue paille du blé que « le vent chasse au loin. »
Vous le voyez donc, chers enfants, les derniers princes des Latins seront bien des rois, sous divers noms peut-être (1), mai3des rois citoyens, distincts de la bête, et qui la gouverneront par des lois qu'elle-même aura faites et pour eux et pour elle. La troisième et dernière période de ce grand empire est donc, je le répète, celle de la démocratie. C'est ce qu'il
(1) Note f.
fallait prouver. — Mais écoutez d'autres traits; ils vous rediront encore les mêmes choses.
Sixièmement. — Avez-vous compris cette expression du verset il : « Et la bête qui était, et qui n'est pas, est elle- « même un huitième roi; et elle est des sept, et elle s'en va à a perdition? » — Un huitième roil Mais le septième aussi, quel est-il? car nous n'en avons jusqu'ici énuméré que six. Vous vous rappelez les six premières têtes: quelles étaientelles?
— Des rois, des consuls, des dictateurs, des décemvirs, des tribuns militaires et des empereurs.
— Très bien. Et jusqu'où cette sixième tête , celle des empereurs, a-t-elle duré, après que, « frappée à mort » par Odoacre (XU1, 3), elle eut « repris la vie » sous Justinien et sous Charlemagne?
— Elle a duré jusqu'à nos temps.
— En effet , ce n'est qu'en 1806 que Bonaparte mit (in à ce qu'on appelait « le Saint-Empire Romain, » en obligeant l'empereur d'Allemagne à déposer ses titres d'Auguste, de César et de roi des Romains, pour ne prendre désormais que celui d'empereur d'Autriche, et en faisant lui-même de son fils, cinq ans après, un « roi de Rome. » Ce conquérant a bientôt disparu comme un météore, et rien n'en est resté ; mais la bête, qui pouvait dès lors sembler n'être plus, n'est pas morte; elle est au contraire devenue « un huitième roi. » Et comment cela? c'est ce que je vais vous expliquer.
Toutefois, avant de parler du huitième, je dois avoir nommé le septième, celui dont il est écrit (au verset 40) : « L'autre « (le septième) n'est pas encore venu; et quand il sera venu, « il faut qu'il demeure peu de temps. » Quel est-il?
Il me paraît, chers enfants, que cette septième forme de gouvernement qui devait succéder aux empereurs, durer si
peu et bientôt paraître n'être plus, c'est la grande mais courte domination de Napoléon Bonaparte sur Rome et l'Occident, domination par laquelle déjà la plupart de nos interprines expliquent la quatrième fiole. — En effet, Napoléon, en exigeant que l'empereur François II renonçât à ses titres d'Auguste, de César et d'empereur du Saint-Empire Romain, ne prétendit jamais hériter lui-même de ces dénominations, et ne put être considéré comme ayant continué la sixième forme du gouvernement romain. — Telle est donc&i septième tête qui, une fois venue, devait demeurer très peu de temps, selon les paroles de l'apôtre, c'est-à-dire, seulement de 1806 à 4814 (1). Mais après cela, nous est-il dit, ce devait être ta bête elle-même distincte de ses rois (c'est-à-dire, comme l'enseigne saint Jean, « les peuples, les foules, les nations et les « langues »), ce devait être la bête elle-même qui devait devenir un huitième roi. — C'est là, vous le voyez, sa dernière forme : la démocratie ; la royauté de la foule; le peuple des Latins lui-même ou la bête devenue roi, consul, dictateur, tribun, décemvir, empereur, directoire; car « elle est des a sept, » est-il écrit; et c'est sous cette huitième et funeste forme de gouvernement qu'elle signale l'approche des derniers temps, et qû' « elle tend à sa ruine. » — J'espère qu'on a compris ; mais je désire m'en assurer. — Qu'est-ce que la bête, à cette époque? que l'un de vous, chers enfants, se lève et me réponde.
— C'est le peuple souverain, sous des rois délégués du peuple et privés du diadème.
— Qui vous l'a dit?
— L'ange qui parle à saint Jean.
— Et comment ?
(1) Note g.
— Rome est dite assise sur la bête; elle est dite également assise sur les grandes eaux : la béte est donc les grandes eaux.
— Et qu'est-ce que ces grandes eaux?
— Ce sont des foules, des peuples, des nations et des langues.
— Ces foules sont donc la béte ?
— Oui, et cette bote est rai; c'est un huitième roû
— Très bien, cher enfant ; vous voyez donc avec évidence qu'il s'agit ici du règne de la démocratie. C'est encore nue fois ce qu'il fallait prouver.
Mais quelle démocratie, 6 mon Dieu ! et quel jugement terrible de ta colère sur cette terre trop coupable !
Je parle ici de ta démocratie : entendons-nous bien sur ce terme, mes chers enfants. Cette forme de gouvernement peut être très honorable, quand elle est régulière et qu'elle se range aux bis ; quand, « sagement tempérée , » comme le voulait Jean-Jacques Rousseau dans sa a Dédicace » à nos Conseils en 4754; quand, a associée à l'aristocratie des « lumières et de la moralité,» comme le demandait Sismondi dans ses derniers discours au Conseil Représentatif, a elle * élit d'année en année les plus capables et les plus intègres a de ses concitoyens, et quand la vertu des magistrats rendant « ainsi témoignage delà sagasse du peuple, les unfe et les au- « très s'honorent mutuellement » ( ce sont les paroles de Rousseau) (4). — Telle fut longtemps la démocratie dans les eaittons alpestres de aotre Suisse; telle la-t-on vue huit cents ans dans Genève, où le peuple assemblé comme souverain recevait entre les mains, des syndics de don choix, le serment même de ses princes-évéqnes. Telle surtout l'a-4-on
(1) Note h.
vue, il y a trois siècles, dans noire heureuse république, aux jours de la Réformation. — Mais alors, mes amis, w* citoyens, toujours soumis aux lois, parce qu'ils Tétaient à Dieu, ne se croyaient souverains que convoqués dans le temple, et non dans la rue; selon a les Ordonnances,» ei non selon leurs caprices; par leurs magistrats, a au son delà « trompette et de la grande cloche, » comme disaient nos lois, pour tout commencer par la prière, et non par leurs agitateurs, aux cris de l'émeute, pour tout commencer par la violence. C'est quand on les avait ainsi réunis, c'est après qu'ils avaient a reconnu » tous ensemble « que les cieux domir « nent » (Dan. IV, 26), et qu'ils s'étaient abattus devant * Je « Seigneur des seigneurs , » c'est alors, mais alors seulement, que leurs magistrats, comme Abraham à Hébron (i), « se levant et s'inclinant devant le peuple du pays, » recevaient de lui leur bâton de commandement, lui juraient de gouverner selon la justice, et le saluaient du titre de « Très « Honorés et Souverains Seigneurs. » — Voilà la démocratie telle qu'elle est bonne et telle qu elle est possible, celle (joi craint Dieu et qui garde ses commandements : toute autre ne vous offrira jamais qu'un mensonge continuel et que le plus dur des despotismes; elle ne saura que détruire, et marchera bientôt, comme on l'a dit, « la tête dans les tooufl-
« lards et les pieds dans le sang. » — Eh bien, mes amis, telle sera celle des derniers temps prédits par les prophètes: une démocratie furieuse, blasphémante et par-dessus tout soumise aux inspirations funestes de la grande prostituée!— Car je n'ai point tout dit, et vous avez encore, dans ce ch*pitre XVH de saint Jean, trois ou quatre autres traits de U béte plus sinistres même que tous les autres. Je ne dois ce-
(1) Genèse XXIII, 7.
pendant vous eu parler ici qu'en très peu de mots, parce qu'ils se rapportent au caractère religieux de l'empire des Latins dans sa troisième période , et qu'à ce titre ils trouveront leur place dans Tune de mes leçons prochaines mieux que dans celle d'aujourd'hui. — Écoutez-les toutefois : il faut aussi les avoir étudiés pour connaître même l'histoire de l'Empire et de sa politique.
En voici d'abord un septième. — Vous avez dû remarquer que la béte apparaît à Jean dans un désert : c'est un symbole très significatif de l'affreuse désolation qu'elle doit laisser partout après elle.
Mais en voici de plus un huitième bien digne d'attention : ici la bête est rouge, « couleur décarlate.» — C'est encore un emblème prophétique de la sanglante démocratie des derniers temps; mais c'est en même temps aussi un emblème historique. — Vous avez lu sans doute pour la plupart quelques récits de la Révolution française. Vous savez quels drapeaux elle portait toujours devant elle, soit dans Paris, soit ailleurs, pour accoutumer les yeux et la pensée du peuple à la couleur du sang. Vous vous rappelez de quelles couleurs elle coiffait en tous lieux l'image de la liberté. Ne vous at-on pas décrit les Frères Bouges de Danton et leur costume de meurtre: bonnet rouge, cravate rouge, ceinture rouge, gilet rouge ? N'avez-vous rien lu touchant les Enfants Rouges, comme eUe les appelait : enfants de douze à quinze ans, qu'elle revêtait d'écarlate, et qu'elle dressait à l'effusion du sang? (i) N'avez-vous pas entendu souvent parler de ce trop célèbre bonnet rouge, placé sur toutes les têtes des ministres, des généraux et des sénateurs, planté devant tous les clochers, élevé sur toutes les places, promené de rue en rue,
(1) Note i.
juché dans les moindres villages au sommet d'immenses prapliers, couronnant en quelque sorte tout le peuple français, jusqu'aux femmes, jusqu'aux jeunes filles, jusqu'anx moindres enfants, et mis enfin, le 20 juin 1792, par le peuple-roi lui-même, dan» le palais des Tuileries, sur la tête dévouée do malheureux Louis XVI et de son pauvre petit Dauphin, ata âgé de six ans et trois mois? — Certes, oe symbole était trop connu, trop général, trop dégouttant de sang et trop historique, pour que, dans ses tableaux d'un ai triste avaur, l'Esprit de la Prophétie n'en eût pas fût mention !
Neuvième trait. — La bête démocrate devait monter, qod de la mer. (comme la décemroyale du chapitre XIII), mai* de r abîme (i), ainsi que nous l'entendrons dire ailleurs des hordes de Mahomet (2). — Ce signe est important et dit beaucoup. — L'abîme est dans la bible le séjour pénal des démons et de Satan (3) ; en sorte que ce qui sort de tabime doit porter un caractère éminemment impie. — La bête décemroyale montait de la mer, ou de la multitude des nations agitées par les tempêtes politiques; mais celle-ci monte <fe /* Mme. Au lieu de n'être qu'un résultat naturel des conflit» meurtriers qui si souvent , en ensanglantant la terre, art changé la face du monde, elle devait être (et tous les historiens en conviennent avec la prophétie) un produit infernal des maximes d'impiété répandues sur la terre des Latins p» les incrédules du dix-huitième siècle, par Rousseau et ses admirateurs, par Voltaire et toute son armée, — -Cent ans auparavant, le cruel Louis XIV, en chassant de son royaume te 600,000 Français qui préféraient la voix de leur conscience à toutes les douceurs de fortune , de famille et de patne, avait vidé la France du plus pur de son sang; et dès Job
(1) Apoc. XI, 7; XVII, 8. — (2) Apoc. IX, 1, 2. — (3) Luc VIII, 31; Rom. X, 7 ; Apoc. IX, 1, 2-11 ; XI, 7 ; XX, 1-8.
on avait vu ce grand corps social, épuisé, malade, fiévreux,
envahi par toutes les corruptions et bientôt infect , tomber
en d'effroyables spasmes; « un ulch*e mauvais et malin , » dit
ailleurs saint Jean (1), « avait paru sur tous les hommes qui
« avaient l'empreinte de la bête. » Toutes les horreurs de la
révolution sortirent de là, et c'est par ce chemin que le monde
enfin vit monter de l'abîme la bête rouge ou démocrate. —
Mais écoutes encore ses demieirs traits.
Dixième trait. — La bête, dît saint Jean, était « pleine de noms de blasphème. » Avez-vous ici remarqué une horrible différence 1 — La bête déoemroyale , au chapitre XIII, avait un seul nom de blasphème; et certes, c'était assez! Il était sur ses têtes, c'est-à-dire sur les sept oollines de cette Rome qui se disait « la ville éternelle, » qui corrompait la terre par ses a fornications spirituelles, et en qui s'est trouvé le sang des « prophètes et des saints. » Mais dans l'empire démocratisé et sorti de l'abîme, ah! voyez quel spectacle! là, le blasphème est partout; non-seulement dans l'impure capitale du monde latin, mais dans toutes le^parties de ce vaste corps, dans la béte tout entière. Cette démocratie athée , panthéiste et révolutionnaire des derniers temps , en est « toute pleine. » a Elle était pleine de noms de blasphème, » est-il écrit !
Mais enfin, voici le dernier trait et le plus horrible de tous : écoutez-le, c'est le oneième. — r Je n'en dis qu'un mot, parce qu'il tient à la Religion et que j'en parle ici seulement dans ses rapports avee la Politique. — Ce qui, de tous les caractères de la béte démocrate; la rendra le plus terrible, et ce qui frappe saint Jean du plus grand étonnement (XVII, 6), c'est cette femme prostituée qui, se tenant à cheval sur elle, l'inspire de ses abominations et de ses fureurs. — Une femme,
W'Apèc XVI, %
dans les Écritures, est toujours, avons-nous dit, l'emblème ou d'une cité, ou d'une église, ou de l'une et de l'autre tout ensemble. — Ainsi, au XXI* chapitre, verset 40, a la femme, a c'est la grande ville, l'épouse de l'Agneau, la sainte Jéru- « salem qui descend du ciel d'auprès de Dieu, ayant la gloire « de Dieu » : alors, tout en elle est pur, glorieux et ravissant. — D'autres fois, comme ici, c'est une Rome, et une Babylone, a la mère des fornicateurs et des abominations de la terre » : alors tout en elle est repoussant; c'est une Jésabel aux regards audacieux t parée d'or et de perles, mais ivre, et de quel vin? de sang; et de quel sang? « du sang des saints « et des martyrs de Jésus-Christ 1 » — Ainsi donc, l'Écriture a voulu nous enseigner que , dans les derniers temps, l'empire démocrate des Latins, sorti de l'abîme et tout plein de noms de blasphème, marchera dans 3es fureurs sous l'influence de Rome. Est-ce de la cour de Rome, est-ce de l'église de Rome, est-ce de la cité de Rome? — Je ne puis le décider encore; mais c'est toujours de Rome (tous en conviennent), de Rome la cité cruelle,* la grande débauchée, la Babylone des derniers temps.
Mon Dieu ! qui pourrait dire les détresses de la terre et surtout celles de ton peuple , pendant ce débordement des grandes eaux , alors que la béte arrivée à la plénitude de sa royauté brutale , conjurée contre tous les pouvoirs sociaux , sans autre loi que ses instincts féroces et que les influences diaboliques de la grande prostituée, foulera de ses pieds toute la terre des Latins ; alors que du canal de la Manche au mont Atlas, et du détroit de Gibraltar aux montagnes de l'Illyrie, une multitude sans principe et sans pitié exercera partout sa tyrannie; alors que les Néron et les Dioctétien seront dans toutes les rues , et que dans votre détresse vous n'aurez plus pour vous ni tribunaux , ni magistrats, ni lois,
ni justice , parce que la bête eUe-mérae, roi dans les places publiques et juge dans les tribunaux , montera dans vos maisons, heurtera à voire porte, vous poursuivra sur les grands chemins , poussée , toujours poussée par cette Jésabel ivre du sang des saints et guide de ses pas ; alors , en un mot , que s'accomplira dans le inonde entier ce grand projet de Lamennais et de ses prêtres , qui voulaient tout récemment encore que Rome se mit partout à cheval sur la démocratie des peuples révolutionnés, et qui s'en étaient allés faire tout exprès le voyage de Rome pour le signifier au vieux Grégoire XVI (1). « Nous avions espéré, disent-ils, que la hiérarcc chie romaine sentirait la nécessité de s'allier avec les peuples a pour la conquête de leur liberté commune. Il dut lui sem- « bler au moins étrange, ajoutent-ils, qu'on vint lui dire : « Séparez-vous des rois; tendez la main aux peuples; ils « vous soutiendront de leura robustes bras ! » Ainsi parlait Lamennais au pape Grégoire XVI , qui ne voulut point le comprendre encore; ainsi parle la Prophétie depuis vingt-trois siècles; et ainsi fera bientôt le monde des Latins; ainsi ses peuples, ainsi ses rois, ainsi sa Babylone (2). Se mettre à cheval sur la démocratie, diriger, chauffer et tourner à son profit l'esprit nouveau du siècle, ce sera là sa politique nouvelle. — 0 qui pourrait dire l'horreur de ces jours et les ravages de cette démocratie athée et impitoyable î le monde romain remué tout entier et rendu furieux par des démagogues et des prêtres, par des démagogues confessés et par des prêtres jacobins ! la bête, sous la femme, hurlant la Marseillaise! la femme, sur la bête, chantant, ivre/ de sang chrétien, ses litanies latines, et tenant dans ses mains impures la coupe de ses mystères! « une détresse des nations, a dit
(1) Note k. — (2) Ces paroles s'écrivaient U y a Imii ans : on n'y a rien changé.
a Jésus-Christ notre Seigneur détresse telle qu'on ne s»m « que devenir sur la terre ! la mer broyant et ses ondes! la a hommes étant comme rendant l'âme de frayeur, dans t* a tente des choses qui surviendront à la terre habitable..! (4)i — 0 pauvre église de mon Sauveur , que devien*»* au sein de ces tempêtes, devant les poursuites de cette Jesabel ivre de ton sang , sous les pieds de cette mMteà en démence , sous les coups de tous ces rois sans pnncq* comme sans diadème, et sans conscience comme sans autorité, qui donneront leur puissance à la foule, pour s'a» avec elle contre l'Agneau et pour faire une dernière gaaie aux saints du Souverain ! « Qui te donnera des ailes comme « à la colombe (Ps. LV, 7, 44), pour f envoler et te poser « en quelque lieu du désert, et pour te hâter loin de ce wal « de tempête, quand tu verras nuit et jour dans la cite « et hors de la cité , la violence et les querelles, l'outrage et a le tourment !» — Car alors , chers enfants , il ne sera j*b question , pour ces chrétiens des derniers temps, de rfenfi» comme nos pères en quelque Genève, en quelque HoBanfer en quoique terre de liberté. — Ou la trouver, au moins dans notre ancien monde, cette Genève, cette terre de liberté. si l'airain , l'argent et l'or doivent étee mis en poudre, comn* l'argile et le fer (Daniel H , 35) , et si ce mal doit faire le tour du monde? — N'en voit-on pas déjà presque partout te symptômes? — Ne le voyes-vous pas remuer toutes les Butions et soulever au loin leuw grandes vagues, même au de» des limites de la terre prophétique ? — Ne savoos-noos pas qu'il menace l'Allemagne, la Grèce, l'Asie et les deux Amériques? — N'entend-on pas déjà les foules qui crient dan» k rues : aAbqar losRicosUaàbas les riches! à bas lE'sécutift'
(1) Luc XXI, 25, 20.
Telle sera donc la bête , tels ses rois , el telle la femme qui les enivre de son vin fumeux et de ses drogues détestables. Ils feront la guerre à Jésus-Christ; mats iis seront euxmêmes brisés et recevront enfin leur juste jugement ; a car a Dieu , estril écrit (i) , a oûs dans leur coeur d'exécuter son
« dessein jusqu'à ce que les paroles de Dieu soient ao-
« compiles. »
Et certes a elles s'accompliront toutes, jusqu'au moindre iota ! » Les méchants ne ferpnt après tout que ce qu'il lui plaît de leur laisser faire alors même qu'ils l'offensent à main levée et qu'ils publient leur péché comme Sodomc. — Non, non l ne craignez rie», serviteurs de Jésas>-Christ ! •— • Ne voyez-vous pas que, dans leur fureur de béte féroce, une chaîne invisible pend à leur mâchoire, et qu'après tout ils vont où Dieu les mène, jusqu'à ce qu'enfin tout concoure aux conseils de sa sagesse, au triomphe de son œuvre de rédemption, à la gloire de sa parole!
Ne craignez donc rien au même milieu de « ces grandes eaux sur lesquelles la femme est assise; » «rendez seulement « à l'Éternel (2) la gloire due à son nom et prosternez-vous « devant Lui. Sa voix est sur les grandes eaux ; c'est Lui qui a fait tonner; sa voix magnifique brise les cèdres, les cèdres « mêmes du Liban; elle jette des flammes; elle fait trem- <( Mer le désert de Kadès. — il a présidé sur le déluge : » ne craignez donc rien : a il présidera « comme roi d'étera nité en éternité : il donnera forée à son peuple, et il bé- « nira son peuple en paix (2) ! »
Je conclus donc en ces trois points tout ce que je viens de vous dire.
C'est premièrement que l'histoire da quatrième empire de
(1) Apoc. XVH, 17. — (2) P», XXIX, 2-5-740, 11.
304 LEÇON XLVI. — DAN. Vif, Î3, 24.
Daniel comprend trois grandes époques , et que pour accomplir les prophéties, il a dû continuer jusqu'à nous son étonnante existence, en passant par les trois périodes, autocrate, polycrate, démocrate.
C'est, en second lieu, qu'il était convenable d'ouvrir saint Jean pour connaître Daniel ; parce que l'Esprit-Saint n'a bit à Pathmos que tourner le dernier feuillet qu'il avait écrit à Babylone six cent cinquante ans auparavant, pour compléter dans l'Apocalypse les tableaux esquissés dans Daniel.
C'est, troisièmement enfin, qu'après avoir étudié ce matin les caractères tout politiques de l'empire latin, il va nous rester à considérer dimanche ses caractères ecclésiastiques, ou les destinées de cette petite corne qui devait tourmenter la terre durant les deux dernières périodes que nous venons de nommer.
On apprendra donc pour dimanche prochain la dernière partie non encore récitée du verset 20 , en y joignant , pour plus de clarté , les premiers mots du verset 49, et l'on continuera la récitation jusqu'à la fin du verset 25.
Cependant , chers enfants , avant de vous renvoyer , je désire vous mettre devant les yeux ce grand tableau que voici. — J'ai pris plaisir h le préparer pour vous; soit pour vous faire saisir d'un regard l'étonnant accord de l'Histoire et de la Prophétie, dans leurs descriptions respectives des quatre monarchies; soit pour vous faire voir aussi, comme à l'œil, la divine harmonie de Daniel et de Jean : de Daniel , dans son chapitre II, avec Daniel, dans son chapitre VII; et du même Daniel, dans ces admirables prophéties, avec l'apôtre Jean dans son Apocalypse, aux chapitres XII, XIII et XVII.
'Le voici, ce grand tableau : il est en cinq colonnes; c'est pourquoi je l'appelle MES PENTAPLES PROPHÉTIQUES (vous vous rappelez iesHexapkê de l'excellent Origène): voici
donc a mes Pentaples , » ou mon histoire du monde en cinq colonnes (deux par des historiens, et trois par des prophètes). — Vous pourrez venir tout à l'heure auprès de moi dans les salles de l'Oratoire pour l'examiner. Je le laisserai dans vos mains, pour qu'A circule cette semaine entre vous, «I que les plus habiles en puissent prendre copie. — Vous me le rapporterez dimanche : et, si Dieu le permet, je vous en donnerai l'explication dans ma leçon prochaine. — Prions Dieu.