‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 170 sur 198 · SA GUBRBE AUX CHRETIENS · texte numérisé non relu

SA GUBRBE AUX CHRETIENS

rachetés de Jésus-Christ, qui ne résisteront point, qui prieront pour leurs bourreaux, et qui se laisseront égorger pour leur Sauveur comme brebis de tuerie !

Ainsi donc, vous le voyez, chers enfants, ce prince temporel et spirituel qui devait se lever à petit bruit, dès le VIe ou VIIe siècle, sur l'empire des Latins, pour surpasser bientôt par son faste, comme par ses habiletés et par le bruit audacieux de ses paroles, tous les rois de l'Occident, aura pour seizième caractère d'être pendant 40 générations un destructeur « des saints et des martyrs de Jésus-Christ ! » Se disant vicaire de l'agneau, il le sera du dragon; et se disant saint, « il détruira les saints ! »

Mais il faut être très précis dans un sujet si grave : et nous avons dans ce verset deux mots que je dois expliquer. — La guerre, aux saints : qu'est-ce que cette guerre? et qu'estque ces saints?

« Les saints , » dans toute la Bible , désignent quelque chose de très bien défini. D'un bout à l'autre de l'Écriture, ce sont des hommes qui, nés dans le péché comme tous les autres (i), « ont été convertis, lavés, sanctifiés et justifiés au « nom du Seigneur Jésus et par l'Esprit de notre Dieu (2). » — Voilà les saints d'après saint Paul. — « Élus selon la préce connaissance de Dieu le Père, par la sanctification de l'Es- « prit, pour obéir à Jésus-Christ et pour être arrosés de son a sang (3), ils sont bien-aimés de Dieu, appelés à être-saints; « et Dieu les a sauvés, non pour des œuvres de justice qu'ils « aient faites, mais selon sa miséricorde, par le moyen du « lavage de la régénération et le renouvellement du Saintce Esprit (4). » — Voilà les saints d'après les apôtres.

(1) Eph. II, 3-5.— (2) 1 Cor. VI, 11.— (S) 1 Pierre 1, 1, 2.— (h) THe III, 5,0.

3M LBÇON XLVîï. — DA*. tfî, tM5.

Et M vous eussiez voulu demander ptatôt à battre! hrimérae dé vôns les définit comme on pàrtVait le faire 4e son temps : « Lisez David mon père, en feoto psttrtfte prenrier,» vous eût-il répondu ; « il Vous las a décrits par leurs tttfvies^ voas dislmt Oe qu'ils sont et ce qu'ils fie sorti pas.» —Ce qu'ils ne «eut pafe : premièrement, •« ils rie marchent pas * dans ce ftfcotode « selon les maximèe des geas inoonvertis ; » eeoon- 'dement, bien que faibles <et pédheurs, <r ils ne s'wrtlent ja- « rtwfis dans fedkemin *dè péché ; »rtt%*Hs ont en le wirihcur d'y tomber, tts se reWvetft «t s'enfuient au plus tôt vers la tfité céleste ; troisièmement enfin, 'a Mb ne prennent ni « leurs joies ni leurs passe-temps au batic «des profanes de oe « siècle, * -** Et voûterons tiavcrir ce qu'ils sont? ab, ils sont -v bktfhetaœtix ! » « ils «prennent leur plaisir dans la loi de leur « Dieu, » dans leur 'bible ; « tellement «qu'ils la méditent et « la nuit et le jour; » ils sont « comme un arbre ptaaté près

* des ruisseaux d'<eau, * mais comme un arbre dont les racines sont en haut au oiel> et les rameaux ici-bas sur 4a terre; « Dieu les bénit» et les rend plantureux ; « ils donnent leur « !rt*k en toute saison ; » et quand viendra le dernier jour , quand le 'Fils de l'homme arrivera sur les nuées du ciel, ils ne seront pas confus; car c*est alors que réunis à l'assemblée dès justes, «ils vivront et régneront à jamais; tandis , hélas! <que>les>hommes inoonvertis seront en ce jour terrible « comme « la balle ^du blé que le vent chasse au loin : ils ne pourront

* subsister en l'assemblée des (justes , ils seront confondu dus, Jetir ohemin périra ! » — Voilà donc , vous aurait dit «Daniel, les saints que l' Antichrist fera mourir, les voilà tels que David 'mon père vous les avait décrits cinq cents ans avant moi ; voilà les hommes auxquels ce la Petite Corne fera *« la guerre jusqu'à »un tômps, et 'des tamps-etlattioitié d'un it temps. »

sa çauKRB* au* cmémws. 3t3

Mais eneose,. cette guêtre, d'après Daniel, en quoi consistera-t-elle? Je vais aussi le .dire; car il nous en donne cinq ou six caractères qu'il faut étudier.

Et d'abord, «ce n'est poiut un incident en sa longue vie ; c'est au contraire, pour elle, quelque chose de très systématique; c'est son affaire ete'est son droit; c'<est une guerre légalisée : Lm saùUsJui seront hvré*, «st»il écrit.

En second lieu, ce n'eatpas une guerre de paroles seulement contveJes saints; c'engst une d'extermination. R détruùr a. les saints du Souverain, dit Daniel ; il fera qu'on les fera mourir , dit saint Jean ; et .sa cité de Rome , «joute4~il , versera leur sang «arac ;tant d'abondance qu'elle semblera le boire , et tant de joie qu'elle eu deviendra folle : * Et « quand je la vis »ira d'un tel sang, -nous ditnH , je fus saisi « d'un immeqse étonnemqnt. »

Troisièmement , c'est une guerre gouvernement impie; -car die *e lait -coittre Dieu , contre son livre et contee son peuple. Elle ne jresflôœbte .nullement* ces luttes, déjàdéiastables, où nus rois Irop -souvent <se idiaputent à coups de canon quelques provinces , et vengent leurs injures par 'l'effusion du sang: non; c'est beaucoup pis encore! .c'est irae guerre aux hommes pieux , parce qu'ils .sont pieux ; aux ■hommes de :1a Bible, parce qu'ils oiitia Bible; aux iémoins •de Jésus-Christ, parce qu'ils ne veulent suivre que Jésus- Christ!

Quatrièmement, c'est une guerpe «horriblement longue; non pas de sept ans, comme «celle du grand Frédéric contre les Autrichiens; ni de quinoe ans,c©mmecelle deBona;papte •contre les Allemands; pi même de trente ans, comme celle de Ferdinand II contre les Luthériens : elle doit du»er 4,360 jours prophétiques; « un temps et des temps et la «moitié d'un temps,» a dit Daniel; c'est-à-dire beaucoup

324 LEÇON XLV1I. — DAN. vu, 49-25.

plus que la vie déjà si longue des trois empires des Babyloniens , des Perses et des Grecs.

Cinquièmement, c'est une guerre victorieuse ; car H est écrit de cet ennemi de Dieu , qu'il lui fut donné de faire la guerre aux saints et de LES VAINCRE (1) : il les vaincra donc jusqu'à ce que la bête et son antichrist soient brisés, et que « le « règne et la grandeur des royaumes qui sont sous tous les a cieux soient donnés aux saints du Souverain. »

Sixièmement enfin , c'est une guerre ecclésiastique; car, vous le voyez, chers enfants, le bourreau, c'est bien la bête, ou le pouvoir séculier ; mais l'instigateur et le vrai meurtrier, c'est la Petite Corne, c'est l'Homme de péché; c'est cette puissance ecclésiastique qui , pendant toute la période décemroyale, « devait exercer tout le pouvoir de l'empire a politique en sa présence, » et qui devait « faire qu'on mit « à mort » tous ceux qui se refuseraient à son idolâtrie.

Voilà donc notre seizième marque et ses six caractères. — Ainsi, quand nous aurons à chercher dimanche prochain l' Antichrist dans l'Histoire, nous n'aurons, à cet égard , qu'à nous demander tout simplement : Puis-je y trouver que, vers le sixième ou septième siècle de l'ère chrétienne, il se soit levé lentement et sans bruit sur l'empire des Latins une puissance temporelle, mais ecclésiastique, petite par son territoire, mais grande par son orgueil, sa clairvoyance , son faste et son audace , et qui , devenue reine et maîtresse dans la cité de Rome , se soit occupée sans relâche , durant des siècles et des siècles, à poursuivre , à maudire , à espionner, à juger , à faire mettre à mort par le bras séculier les chrétiens pieux et pacifiques , étrangers à son idolâtrie , soumis avant tout à leur bible , « préférant l'opprobre de Jésus-

(1) Daniel VII, 21, 25 ; Apoc. XUI, 7 ; XI, 7.

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