LES TROIS TEMPS ET DEMI
entendre : Le voilà ! c'est lui, ce ne peut être que lui ! Or, ce dix-neuvième caractère où nous en étions restés vous intéressera, j'en suis sûr, mes amis : il requiert, il est vrai, de votre part, pour être bien compris, un peu plus d'attention que les traits précédents; mais il est d'une haute importance, parce qu'il revêtira bientôt à vos yeux cette prophétie d'une beauté céleste, en vous en faisant voir la divine précision. Je l'intitule : « Durée exacte des prospérités de la petite corne romaine dans ses « persécutions officielles contre les saints. » — Combien de temps, je vous prie, les vrais fidèles, persécutés par l' Antichrist, seront ils LIVRÉS entre ses mains?
— Ils lui seront livrés jusqu'à un temps et des temps et lq moitié dun temps.
— Mais n'avons-nous pas déjà longuement parlé de ce nombre mystérieux dans une de mes leçons précédentes?
— Oui, lorsque nous en étions aux neuvième et dixième traits de la petite corne ou à sa longue durée (1).
— Et qu'avions-nous alors déjà reconnu touchant la valeur de ce terme?
— Qu'il désigne une durée horriblement longue.
— Dans le sens littéral, qu'est-ce qu'un temps (en chaldéen, un hiddân; en grec, un kairos)1 et qu'est-ce qu'un temps et des temps et la moitié d'un temps?
— Dans le sens littéral, un temps, c'est un an ; un temps et des temps et la moitié iun temps, c'est trois ans et demi, ou 42 mois, ou 1,260 jours.
— Et ne vous ai-je pas dit aussi pourquoi Tannée ici se compte à 360 jours, tandis qu'elle en a plutôt à peu près 365 et un quart?
— C'est parce que, chez les Chaldéens et chez les Grecs de
(!) Leçon XXXIX, pages 73-80.
334 leço* \LTin. — »aif. vn, 85.
^Orient, on comptait trente jours dans chaque mois, et qtf ca
ne donnait ainsi à Tannée que 300 jours.
— Oui, les cinq jours complémentaires (qu'on y ajoutait » la fin> pour se raccorder avee le soleil) ne comptaient pas.* Mais encore une question. — Ce terme prophétique et mystérieux , -un temps ^ et des temps et fa moitié d'un temps, m son équivalent, 4£ mois, on bien encore son autre équivalent, 4 260 jours, ce triple terme ne reparaît-il pas souretf -dans Daniel et dans l'Apocalypse ?
— fl y partit 'souvent.
— Oui , tous l'avez vu : (Tribord dans Daniel , au dfcpftre ¥ff et au chapitre XII; -puis, dansT Apocalypse, au chapitre XI, deux fois; au chapitre XII, deux lofe; et encore une fois -au Chapitre X!H. — fiMisime cmquifeme question: — Ces 4,900 jours ooivent-Hs ïètre pris comme des jours wtwrels, ou comme des jours symboliques?
— Comme *ies jours symboliques.
— Bt comment vous Fai'je -prouvée
— Il est dit, des trois premières monarchies, que leur vie fut longue €rt qu'elle 'dura «Vux temps, sort JW jours-: il faut •donc bien que ces jours désignent quelque chose de très long.
— En effet, cher enfant, quêterai un empire qui dorerait deux ans ? —et encore ,:trois empires qui, mis % ta suite l'un de f antre, ne dureraient qnei&enx *nsl — Et encore, quand Daniel a dit de ces trois empires, qu'Htm longue vie farekah- -béttiajhi) leur nvartété 4mnM
,Ma« (tailleurs, le bon sens n'inAique-4~il pas4fentrée£lnot lecteur de Daniel, que les événements de sa prophétteexigrnt on temps très long1? — 'Qtii pourrait croire que 42 mois ordinaires suffissent à tout ce qui nous est dit, soit de l'empire décemroyal, soit de cet empire ecclésiastique « qui se tient
L*S TKOfS TEMPS « 0BB. 395
« en i» présence »et a qui fait qu'en fasse mourir les saints ?d — - Qui pourrait croire que toutes les révélations de Daniel et toutes celles «le Jean (qui s'étendent de l'invasion des barbares jusqu'à l'avènement 4e Jésus-^Ghrist) n'enssent été données à 4l£gMse que pour lui révéler trois ans et 4m de cet immense avenir? — Qui pourrait croire que trois ans et <éemi suffissent pour tant de prophéties écrites il -y a 4*809 ans dans •Fatmos, M ^ a 2400 an» dans Babylone? — Qui pourrait croire encore, quaud il .est dit de l'empire démocrate des Latins, ou de la a bête montant au puits de l'atime, * qu'elle fera la guerre aux deux témoins « de Jésus-Christ, les Tain- -« cra, tes tuera, -et que pendant trois. jours et demi, les tribus, « les peuples, les (langues ut les nations (de la tenre-, einpé- « ehant qu'on ne les mette au sépulore, stenvewont «a signe « de joie des présents les uns -aux autres (i) , » qui pourrait croire, dis-je, que tout cela se pût faire entre te mtma Me ta terre wk trois fois et demi 24 toutes! !~ Qtfen pensezvous?
— C'est impossible.
— fit encore, qui pourrait croire qu'au chapitre Vlli, où Daniel reçoit une vision qui s'étend jusqu'aux plus lointaines régions ide rarenir, et dent un ange lui «dit : a Cachetée la « vision, Daniel, car ELLE EST MIH LONGTEMPS *t va % jusqu'à deux faille trtris cents jours (verset \M), » qui pourrait croire que ce a LONGTEMS » fût 2,300 jours naturels, 4m peu plus de ?sfe «os? — Qui pourrait croire encore , au chapitre XH , ou Daniel , parlant des événements les plus signalés des derniers temps, .met une différence importante entre ce «qui doit arriver au bout de 4 ,260 jours , puis de 4j$90 jour*, pufe de 4,385 jours (Neureux celui qui atteu-
(1) Apoo. "XI, 0.
336 Leçon wrin. — »**- tu, 25.
dra et qui parviendra jusqu'à mille trois cent jours); qui pourrait croire qu'aux yeux du prophète de bylone, 3000 ans à l'avance, 30 jours de i4 heures, et 45 autres jours de 24 heures, tinssent une si grande dans ce lointain avenir des derniers temps? — Vous le donc, chers enfants, avant même d'avoir fait notre ment mathématique et cette règle de trois que je tous proposée, il y a quelques dimanches , les plus anciens teurs de Daniel auraient pu reconnaître dès le premier qu'il s'agissait évidemment là, non de jours naturels, jours symboliques. — J'en reviens à mes questions.
— Vous rappelleriez -vous deux raisons pour le Saint-Esprit, au lieu de s'exprimer simplement en t< ordinaires, aura trouvé plus convenable d'en employer symboliques; et de dire 42 mois, trois temps et demi. 1,260 jours?
— Il y avait premièrement une raison de prudence»
— Et comment?
— Il ne fallait pas décourager les fidèles des premiers temps, en leur disant trop clairement que le nombre de années serait horriblement long.
— Et secondement , n'y avait-il pas encore une raison de convenance dans les images?
— Oui , l'on ne dit pas volontiers d'une bête, qu'elle vivra
mille ans.
— C'est cela! Et remarquez bien, chers enfants, que tout est figure , tout est emblème dans cette vision de Daniel : h bète, ses ongles, ses dents, se3 grandes cornes , sa petite corne , ses yeux ! Il était donc convenable que les termes exprimant sa durée , fussent également donnés $n figures, mais en figures harmoniques avec le reste du symbole. H fallait, pour conserver la convenance des images.