LA STATUE
Jean) ; mais je dis aussi cinq bandes , dont les quatre premières répondent aux quatre monarchies , et la cinquième à ce glorieux millénium, à ce royaume éternel des saints « qui ne sera jamais dissipé et qui ne passera point à a d'autres. »
Remarquez d'abord , je vous prie , dans la colonne du milieu, la statue prophétique de Nébuchadnetsar. — Vous savez que Dieu la lui fit voir, il y a 2,450 années, pour lui présenter en quelques traits, mais avec la plus admirable précision, toute l'histoire future des nations jusqu'à la seconde venue de Jésus-Christ et jusqu'au régné des saints.
Cette statue , il faut vous le redire , est l'A B C D de la science ; et si je vous l'indique ici la première , c'est qu'elle est « La clef des prophéties , » et que toute interprétation sobrement faite, doit s'y rendre conforme. — C'est l'abrégé du grand plan de la providence de Dieu pour le gouvernement des nations. On pourrait l'appeler « La grande horloge a de l'Histoire , » ou sa a Carte Générale , » ou , si vous voulez encore, sa « Chronologie Universelle. » — Vous y trouvez l'exposé de ce que Jésus-Christ a nommé « les jhztrot (ou les « temps) des Gentils ; » de ces temps (qu'on croit être en tout au nombre de sept) durant lesquels « Jérusalem doit être « foulée aux pieds des Gentils » et dont on pense que la première moitié (de trois temps et demi) précède la petite corne, et l'autre moitié (de trois temps et demi), en mesure les succès dans sa guerre contre les saints.
Écoutez donc attentivement : j'en reviens aux cinq colonnes.
Pour vous faire mieux admirer ces prophéties , je vous ai placé d'abord dans les premières colonnes deux historiens, dont l'un parut il y a dix-sept cents ans, et l'autre, presque de vos jours (car je crois même qu'il vit encore); mais qui tous
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deux , sans penser à Daniel , racontèrent la suite des (cap passés, comme avait fait Daniel si longtemps avant eux, ake que cette suite était encore future.
Le premier (vous le voyez ici à gauche), c'est le fan» astronome Ptolémée, qui vivait en Egypte cent ansapn Jésus-Christ, et qui mourut Tan 441. C'est lui qui mit ec vogue ce vieux système du monde dont on vous parle du* vos leçons de géographie, ce « système de Ptolémée » <p « a cru le véritable jusqu'à ce que Gopernick , au temps di Jean Calvin , soit venu nous apprendre que c'est le rixwwment de la terre, et non celui du soleil, qui cause nos jouis, nos saisons et nos ans. C'était donc un très savant bonne pour son siècle : il observait les astres à Péluse, et il composa, sur l'astronomie , la musique et la géographie, des ouvrage grecs dont nous possédons la plupart dans notre Bibliothèque* — Il avait, l'un des premiers, rédigé des tables d'astronomie; et comme il lui fallait , pour les bien faire , une suite eixk des années, afin d'y consigner tous les mouvements do cWf admirez ce qu'il imagina, 744 ans après Daniel ! D fit précisément, pour classer les événements passés, ce que DaaW avait fait pour les coordonner avant qu'ils arrivassent !- Voici donc sa méthode. — Il suppose que l'empire deBabyta*
ait duré jusqu'à son temps; et il commence sa liste des fl£ par Nabonassar, le fondateur de ce royaume et le premier <te prédécesseurs de Nébuchadnetsar. Puis, de là, comment s y prend-il? Absolument, mais sans le savoir, comme àvailW Daniel (sans le savoir, ai-je dit, car il était païen). Il considère l'empire de Babylone , bien qu'envahi quatre fois par <te peuples conquérants, comme continuant sous ses maitre* successifs un seul et même royaume qu'aurait commencé Kitonassar; de telle sorte que Cyrus y vient à son tour comme te successeur immédiat de l'Assyrien Belsatsar; Alexandre le
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Grand , comme oelui de Darius le Perse ; César Auguste , comme celui de Cléopàtre , la dernière reine grecque de l'Egypte; puis, à la suite d'Auguste, tous les empereurs romains jusqu'à son temps. Et l'on peut comprendre que , si la mort ne l'eût arrêté, et s'il eût pu poursuivre sa liste des rois jusqu'à nos jours , il l'eût continuée, à la manière de Daniel, par les Constantin, les Théodose, lesCharlemagne, les Charles-Quint, jusqu'à François II d'Autriche et jusqu'à Bonaparte. Mais il n'a pu poursuivre jusque-là ; puisqu'il est mort sous le règne d'Antonin , et que sa dernière observation des astres date du mercredi 2 février de l'an 141. Ses rois, vous le comprenez, ne pouvaient donc pas aller au delà d'Antonin.— Mais pour Daniel, il n'en sera point ainsi : rien ne l'arrête ; et bieu qu'il ait écrit sept cent quarante ans avant Ptolémée, sa table, à lui, s'étendra jusqu'au grand jour où les cieux enflammés seront dissous et où la mort ne sera plus.
J'ai parcouru cette semaine tous les volumes de Ptolémée qu'on possède à notre Bibliothèque, pour y chercher sa liste des rois et vous la donner de première main; mais n'ayant pu l'y trouver, j'ai dû l'emprunter d'un livre anglais (1), telle que je vous la donne ici dans ma première colonne, en en résumaut seulement les premiers règnes. Vous y voyez trois chiffres à côté de chaque prince : le premier vous donne le nombre de ses années ; le second, la date de sa mort d'après l'ère de Nabonassar; le troisième, la même date d'après l'ère chrétienne. — Vous comprenez que ce troisième chiffre n'est pas de Ptolémée, et qu'il n'est mis là que pour votre usage.
Ainsi donc, mes amis, vous admirerez que le païen Ptolémée, pour consigner les observations astronomiques qu'il
(1) D'après TMoa. Voyw note a, à la fin du volume.
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faisait en Egypte, ait dressé son « Canon mathématique des rois, » comme Daniel, pour consigner ses prédictions relatives à l'Église, avait dressé sa table des quatre monarchies.
— Pour l'un comme pour l'autre, la suite de ces règnes formait le canevas sur les fils bien comptés duquel l'astronome consignait les révolutions passées des planètes, et le Prophète, les révolutions futures du monde et de l'Église. — Pour Ptolémée comme pour Daniel, ce canevas est un seul et même empire, qui change, il est vrai, quatre fois de maître, mais qui continue sa domination sur le peuple de Dieu depuis les jours de Nébuchadnetsar jusques aux derniers temps. — N'est-ce pas que tout cela mérite déjà de notre part une religieuse attention? — Je passe maintenant à la seconde colonne.
C'est ici le comte de Las-Cases.
Venu 4 ,700 ans après Ptolémée, il ne s'embarrasse pas plus que lui de Daniel le prophète; et cependant, vous l'allez voir diviser également toute la suite des temps anciens jusqu'à nos jours, comme le faisait Daniel il y a vingt-quatre siècles.
— J'ai voulu lui réserver, comme à Ptolémée, une place dans mes Pentaples, pour vous faire voir encore ici qu'après que 2,450 années ont roulé sur le monde, il faut que les historiens d'aujourd'hui, quand ils veulent raconter ces milliers d'années, en parlent exactement comme faisait TEsprit- Saint dans Babylone avant qu'aucune de ces années fût encore venue, avant qu'aucun de ces grands personnages, ces Cyrus, ces Alexandre, ces Césars, ces rois goths, cet Homme de péché, fussent arrivés à l'existence. — N'est-ce pas encore que tout cela est bien digne d'attention? N'est-ce pas que cela montre avec éclat la grandeur, la toute-science et la souveraineté du Très-Haut? N'est-ce pas que cela nous prêche ce grand Dieu « qui est, qui était et qui sera, » ce