‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 25 sur 198 · LE LION BABYLONIEN · texte numérisé non relu

LE LION BABYLONIEN

Le lion, vous le savez, est de toutes les bêtes féroces la plus imposante et la plus magnanime. Quelle majesté dans sa figure, quelle fierté dans sa démarche, quelle assurance, quelle royauté dans son regard! Sa voix terrible traverse le désert^ sa force est merveilleuse : « souvent, écrivait tout récemment do mkb de l'Afrique un de nos missionnaires , souvent nous le voyons, tenant un veau dans sa gueule , franchir par des bonds prodigieux de larges fossés et de hautes murailles* » — Un coup de sa patte casse les reins d'un cheval; un revers de sa queue renverse l'homme le plus fort. — Dans sa colère, qu'il est redoutable, mais aussi, qu'il est beau 1 Alors il agite sa crinière, il se bat les flancs, ses yeux jettent des flammes ; mort à qui l'approche 1 Aussi ses rugissements! cpie les échos répètent de roehers en rochers, et qui de loin ressemblent à la voix du tonnerre, portent-ils partout répouvante. A ce bruit terrible, tous les êtres vivants dans le désert ou dans la forêt reconnaissent leur maître et précipitent leur fuite.

Eh bien, mas amis, le bon , tel fat Nébucadnetsar et son empire de Babykme. Aussi Jérémto, avant Daniel, avait-il dé$à dit, en partant de lui dans son chapitre IV : a Voici, dit « l'Eternel,... je m'en vais faire venir de l'aquilon le mal et t une grande calamité : le 1km est sorti de sa caverne , le « destructeur des nations est parti, il est sorti de son heu, « pour réduire (6 Juda) ton pays en désolation. »

Mais ce n'était pas assez , pour le prophète , de nous avoir dépeint l'empire de Babylone sous l'image de ce roi du désert: il fallait encore lui donner des mien ëcàqle. —C'était un bon sans doute, mais ud lion volant ; c'était le monarque des forêt», mais ce monarque des forêts portait sur son dos les ailes du monarque des airs1 ; il planait au-dessus de ses ennemis comme cet oiseau terrible qui construit son aire

dans les plus hauts rochers , qui découvre sa proie des extrémités de l'horizon et qui, traversant l'espace d'un vol infatigable, arrive bientôt sur elle, la saisit dans ses serres puissantes et remporte dans son nid sublime à la hauteur des nuages.

Vous figurez-vous bien , chers enfants , cet être redoutable, ce lion-aigle que Daniel voit monter de la mer ? Représentez* vous exposés vous-mêmes à sa poursuite. Il s'est abattu sur vous du haut des airs ; vous vous croyez dans les griffes d'un aigle, mais vous êtes dans celles d'un lion ! ses pattes pesantes vous pressent la poitrine ; sa crinière affreuse s'est abaissée sur votre visage ; ses yeux enflammés vous dévorent déjà, et vous sentez sortir de sa gueule béante une haleine de sang! va-tr-il vous briser les os et vous déchirer sur place? pas encore : il vous enlève à travers les espaces de l'air, il fend les nues de ses ailes d'aigle , il vous transporte au sommet des rochers dans son horrible tanière. — Voilà l'image de ce que dut être, pour Moab, pour Hammon, pour Edom, pour Tyr, pour l'Egypte et pour Jérusalem, l'empire des Chaldéens et son Nébucadnetsar ; voilà ses attaques impétueuses, la rapidité de ses conquêtes, la violence de ses déportations , et aussi , la hauteur de son génie , la puissance de son vol. — Vous vous rappelez son mode cruel de transplanter au loin les nations vaincues pour les tenir plus entièrement là asservies à ses lois. Il les atteignait comme s'il eût eu des ailes, il les renversait sous ses pieds comme eût fait un lion ; mais il les emportait dans Babylone , ou sur le Kédar, ou dans les montagnes d'Assyrie comme eût fait un aigle. — Vous pourriez un jour, chers enfants, quand vous parcourrez nos montagnes, voir sur les hauteurs qui nous séparent de l'Italie, l'aigle barbu des Alpes étendre au-dessus de vous ses ailes de huit pieds d'envergure , et poursuivre un jeune

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