IMPROBABILITÉ DE L ÉVÉNEMENT
tement improbable. — Je voudrais que vous comprissiez, chers enfants, combien cette révolution devait sembler d'avance inouie et je dirai presque impossible.
Quel homme pouvait prévoir que cet immense et belliqueux empire des Romains, qui semblait embrasser le monde entier dans ses bras de fer, et qui ne comptait guère au delà de ses limites que des hordes barbares et mal armées, quel homme pouvait prévoir que cet empire serait détruit, non par des divisions intestines, mais par des étrangers? non par un conquérant unique comme avaient été les destructeurs des empires précédents, les Nébuchadnetsar, les Gyrus, les Alexandre, les Pompée ou les César; mais par dix nations barbares? que dis-je? par dix nations ennemies les unes des autres et sans cesse occupées à s'entr' exterminer? — Ainsi s'accomplissaient cependant les décrets du Souverain et les oracles de ses Ecritures.
Je reviendrai dimanche sur ces dix rois, mes chers enfants, parce qu'il est absolument nécessaire de les avoir pleinement définis, pour expliquer convenablement l'important sujet de la petite corne, et aussi parce qu'il reste encore à vous montrer dans cette prophétie bien des traits qui vous fassent remarquer tout ce qu'elle a de précision divine et de beauté. — Mais je voudrais que, d'ici là; mes amis, aucune pensée de doute ne vînt affaiblir l'admiration que vous avez déjà conçue pour ces divins emblèmes; et je désire vous avertir dès à présent que, dans mes leçons suivantes, je vous montrerai l'erreur des diverses objections qu'on a pu proposer contre notre interprétation des dix cornes. — Rappelez-vous seulement, je vous prie, (en attendant,) que je suis en état de vous prouver, touchant nos dix rois, les trois vérités suivantes. Je ne veux que les indiquer ici d'avance, mais nous y reviendrons.
Première vérité : C'est que ces dix rois, aâprès te témoignage irréfragable de Daniel, doivent être cherchés uniquement dans le territoire des Latins, et nullement dans celui des Grecs, comme certaines personnes irréfléchies l'auraient voulu prétendre.
Seconde vérité : C'est que, d'après Daniel e't d'après l'histoire, l'empire romain, même après son partage eh dix royaumes distincts, devait continuer son existence sous une forme nouvelle jusqu'à la fin des temps; et que, malgré des révolutions nombreuses, malgré même la destruction successive de plusieurs de ces dix royaurties primitifs, cet empire devait continuer aussi, jusqu'à la fin des temps, de compter toujours dans son sein une dixâirie de royaumes.
Enfui , troisième vérité : c'est que notre explication des dix cornes est si admirablement conforme à Têvfdèïicé flés faits, qu'elle a. été comme universellenifent reçlie , et que du moins les plus éminents des sectateurs dû pape , aussi Bien que les plus éminehts dé nos Protestants ? l'ont égàlënrlènt admise. Par exemple , le grand ôratteur Bossuet , chez tes premiers ; et le grand astronome Newton, chez les derniers. Tous ces divers interprètes, en reconnaissant également dans les dix cornes les rois barbares qui se partagèrent l'empire des Romains au cinquième Siècle , ne varient guère entre eux que dans l'énumération de quelques-uns de ceà roîé.
Mais maintenant je m'arrête ; il faut hous séplarèr. Sehlement , qu'aucun de nous ne retourne en èa maisoii qu'avec le sentiment d'avoir assisté pendant cette hëute à un gland spefctacle ; par où fenterids, non seulement un grand et Terrible jugement de Dieu, mais un grand et majestueux accomplissement de ses Écritures. Ce n'est pas seulement Dieu qui balaie le monde, comme au jour de Noé, et qui rénouvelle, comme par un nouveau déluge , la face de la terré ; niais