‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 57 sur 198 · IMPORTANCE DES DIX CORNES · texte numérisé non relu

IMPORTANCE DES DIX CORNES

est la caverne? n'en est-il point d'autre au même lieu? n'at-on vu qu'un seul homme y monter, un seul homme en descendre? Ne nous hâtons pas de juger; éclairons tous les faits : c'est pour un de nos semblables une question capitale ; son honneur, sa liberté, sa vie même en va dépendre!

Eh bien, chers enfants ! il en est précisément ainsi de cette question : « Qu'est-ce que les dix cornes ?» — Dix rois, ai-je répondu. — A la bonne heure , et peu m'importe (aurezvous pu me dire) ! que cette monarchie des Latins ait été partagée en dix plutôt qu'en quatre, je ne m'en soucie guère ! — Oui, jusque là; mais si Daniel vient maintenant vous dire que, sous le règne de ces dix rois et dans ce même territoire des Latins , on a dû voir se lever un grand ennemi de Dieu , abattant trois rois , impie , persécuteur des saints, faiseur de faux miracles, prétendant changer les temps et la loi, blasphémant Dieu, et destiné cependant, malgré toutes ces énormités, à continuer ses méfaits contre l'Église jusqu'au retour de Jésus-Christ;... ô! alors, aussitôt, quel intérêt immense, quel intérêt tout religieux jeté sur la question des dix rois ! Qui sont-ils? vous écrierez -vous; il faut le savoir! quand ont-ils paru ? où se tiennent-ils encore, et quels sont les trois d'entre les dix qu'on a pu voir arrachés de devant cet être malfaisant? — Désormais vous comprenez toute la gravité de ces questions, et vous voyez qu'elles ne peuvent plus demeurer indifférentes à un esprit chrétien. Qu'il habite Tahiti ou Genève, les montagnes du Piémont chez les Yaudois, ou du Kourdistan chez les Nestoriens, ces questions sont partout de la plus haute importance, et les plus chers intérêts du règne de Dieu y demeurent suspendus. — Or tout le monde déjà reconnaît, même parmi ce qu'on appelle les Catholiques Romains , que ce pouvoir ennemi de Dieu dont parlent avec tant d'abondance et Daniel et saint Jean , a dû s'élever dans

Rome après l'introduction du christianime (puisque saint Jean le prédit aussi bien que Daniel, comme un fait à venir) ; tout le monde, dis-je, convient que, si ce pouvoir ennemi de Dieu est une philosophie , c'est une philosophie romaine; que s'il est une secte , c'est une secte romaine ; que s'il est une église, ou un pontife, ou un monarque, c'est une église romaine, un pontife romain , un monarque romain. — Mais cela ne nous suffit pas encore , il faut savoir qui sont ces dix rois ; il faut pouvoir dire s'ils ont déjà paru , ou s'ils sont à venir. — En tout état de cause , vous le reconnaissez, c'est une grande question , c'est une affaire capitale , non seulement pour expliquer les oracles de Daniel, mais pour expliquer plus tard les prophéties de Jean , puisque cet apôtre nous parle encore plus de ces dix rois dans son Apocalypse que Daniel ne le fait ici dans ce chapitre VII. — D ne suffira donc plus que nous disions, comme nous le fîmes dimanche : a Ces dix rois sont ceux des Visigoths, des Suèves, des Alains, des Vandales, des Francs, des Hérules, dçsOstrogoths, des Bourguignons, des Gépides, des Lombards; » non : il faut faire mieux, il faut le prouver. Et pour le prouver, U faut réfuter les objections contraires; il faut montrer que ce sont ceuxlà? et non pas d'aptres; non pas les fyms ni les Sarrasins, ni même les Anglais (comme quelques interprètes imprudents l'ont voulu dire ) ; en un mot , il faut établir toutes choses dans ce grand fait , comme en un procès de vie et de mort. — C'est comme notre histoire de Salève, et de la caverne, et du meurtre commis. — Les dix royaumes, du milieu desquels s'élève cet ennemi de Dieu , et surtout le territoire des trois royaumes arrachés de devant lui, voilà la caverne d'où sort l'assassin. Quel soin donc ne devons-nous pas mettre à la bien définir, pour connaître parfaitement la petite corne , et son âge, et sa demeure, et son temps, et son lieu ! Car si,

Page 1