IMPORTANCE DES DIX CORNES
dans la Prophétie, cette petite corne est le grand personnage, le héros fatal et malfaisant de la vision de Daniel , ce qu'elle représente dans Victoire doit être également le grand personnage, le héros fatal et malfaisnt de l'empire des Latins.
Eh bien , chers enfans , nous allons donc chercher avec grfmd soin où est cette caverne, à quelle heure le personnage en est descendu, dans qupl appareil on l'en a vu sortir; ej, j'ose vous assurer que nous arriverons par cette voie à des convictions si satisfaisantes , que votre foi dans les Écritures en serç, puissamment fortifiée; et que si ce onzième roi du chapitre VII a (comme le dit Daniel] une bouche pour blasphéyper Dieu, vous reconnaîtrez avec moi qu'il en a une aussi pour proclamer, sans le vouloir, la divine suffisance des Écritures ; le Saint-Esprit l'ayant marqué au front comme Gain, afin que l'Église le pût toujours reconnaître , et qu'en le reconnaissant elle donnât gloire au Dieu des Écritures.
Je viens donc vous réciter aujourd'hui la première apparitions des dix rois. Plus tard , je vous montrerai qu'ils étaient bien dix, qu'ils n'étaient que dix, et qu'ils ont toujours été dix. Je reprends nptre verset de ce jour.
Et les dix corne$ sont dix rois qui s'élève>%ont de ce royaume.
En vous donnant, pour votre leçon dp ce matin, ces premières paroles du verset 24, j'ai fp.it deux choses pour lesquelles j'ai d'ordipaire une égale répugnance. — D'abord, j'ai, contre mes habitudes, anticipé sur la suite du chapitre, parce que l'ange ne donne qu'au verset 24 l'explication du verset 7, et que je ne voulais pas avoir à revenir sur nos dix cornes., quand nous arriverions à la fin du chapitre. — En outre, j'ai cru devoir consacrer toute une leçon aux premières paroles seulement de ce verset 24 . bien que j'aime d'ordinaire à comprendre une dizaine de versets dans mes explications de chaque dimanche. — Mais il faudra nous résoudre
U4 LEÇON XXXII. — DAN. VII, %i.
à cette lenteur pendant tout le cours de ce chapitre Ylï de Daniel , parce que son importance est incomparable , et qu'avec le deuxième il nous donne la clef de toutes les prophéties, comme Ta dit le grand Newton, et comme l'avait dit avant lui le grand Martin Luther.
Je viens donc passer aujourd'hui devant vous la revue des dix rois et de cette invasion terrible des barbares dont on a tant parlé.
Vous l'êtes-vous jamais figurée ? Essayez de vous représenter, chers enfants, ce que dut être, dans l'empire des Romains , cette grande avalanche des nations , lorsqu'elle y fit entendre ses premiers tonnerres vers Tan 400 de l'ère chrétienne, à la mort de Théodose.
Ce grand prince , qui les avait contenues durant tout son règne , était mort le 17 janvier 395. Il avait laissé son vaste empire partagé entre ses deux jeunes fils, dont l'un à Rome, âgé de dix ans, devenait l'empereur des Latins , tandis que l'autre âgé de dix-neuf ans, à Constantinople , devait gouverner les Grecs. — Ce fut à la nouvelle de cette mort que commença dans toute sa fureur l'invasion des barbares.
Il y avait longtemps , sans doute , qu'elle se préparait , et que chaque année des peuplades innombrables, descendues des hautes régions de l'Asie centrale comme autant de torrents impétueux , se précipitaient à l'envi vers les lointaines contrées de l'Occident.
Arrivées tour à tour sur les rives du Danube et du Rhin, elles y rencontraient les redoutables légions de Rome et ses hommes de fer. On voyait d'année en année des myriades de ces barbares demi-nus venir tomber sous le pesant pilum ou la large épée des soldats impériaux. Cependant, ils n'avaient point cessé, depuis plus d'un siècle, de se presser les uns les autres contre les armées romaines, comme on
INVASION DES BARBARES. 4 id
voit quelquefois dans nos grandes cités, en des jours néfastes, ees multitudes que l'émeute a soulevées, se jeter sur les baïonnettes d'un gouvernement protecteur de Tordre , parce que leurs derniers rangs, égarés et n'écoutant rien, poussent avec fureur ceux qui les précédent et les forcent d'avancer. Ainsi se pressait , en l'an 400, la foule des nations barbares, accourant les unes à cheval , les autres sur des chariots et quelques-unes à pied, depuis les montagnes de la Chine jusqu'aux rives de l'Oxus, depuis l'Oxus jusqu'à la Yistule, et de la Vistule jusqu'au Rhin. Excitées par toutes les convoitises, ardentes au pillage, chassées d'ailleurs elles-mêmes par d'autres hordes, et pressées par le triple aiguillon de la cupidité, de la peur et de la faim, elles se ruaient contre les années de Rome. Les plus avancées dans leur marche vers l'Occident étaient toutes de la grande race des Goths ; toutes elles parlaient quelqu'un des idiomes de cette admirable langue teutonique d'où sont sortis tous les dialectes modernes de l'Angleterre, de la Hollande, de l'Allemagne et de la Scandinavie ; langue admirable dont on a récemment reconnu l'extrême ressemblance avec le sanscrit , le persan et la plupart des autres dialectes qui se parlent dans l'Indostan. Toutes ces nations, bien qu'appelées chacune d'un nom qui la distinguait des autres, avaient des noms communs. On les disait tantôt Gètes (ou Goths), tantôt Germains (ou hommes de guerre), tantôt Allemanni (ou gens de toutes nations). — Filles de Japhet par Gomer, elles étaient poussées de l'Orient vers l'Occident par les Slaves, fils de Ross, de M osk et de Tubal ; comme ceux-ci l'étaient à leur tour par les terribles Huns, qui , descendus des montagnes mongoles, avaient déjà conquis le vaste empire de la Chine. — Souvent on voyait ces peuples goths verser à torrents le sang les uns des autres ; mais ils n'en pressaient pas moins le territoire
de Rome sur toute la Iigpe du Rhin et du Danube. En tombaie^ijs par milliers devant le fer et 1* armée des légions de l'Empire : n'importe 1 intrépides , amateur 4e^ hasards , Us revenaient à la charge, et par le^s dés&strest mêmes ils apportaient à vaawie. Béji daqs le siècle pr^cétfcirt , l'empereur Constant» en aval» M- Ç,orpp*é 4Q>Q°Q dws w* armées ; eu aorte que bienftA* ils Çurçqt jpimjrf» ^ Wur valeur isgkmilfcaMe cette duttîpKue roilijflire qi^ cenUi^Je la force d'une aïknée par l'ensenshte des, inajqppvres et par limité dto eotmanderaev*. D'ailtoMr, SUdi WW* iwf^ieUW^ paw ces Uoqunes barbare*, dm& )eun npiae? faréfc^ que la passée de la toute fertile, de la riphç Ihérfe et surtout de cette Italie , qu'etfaMaient' sttft çeççe teur$ bpi4es dttns ta ahanés natiénattx 1 fAalte , ses japdjQs, se* fruits, se* fête*, se* palais, &s «itôs voluptueuses f r- Derrière eux, que voyaitftt-ihi? des hùtapeg pittë barbai qu'euft-roâmee , plus Euenaçafite; phia affaniéë et pfctf cMélft -r- Devant çq$, la ridbessfe^ la puissance, 1» gtefte-, te fgpp* dm* 1% gkûrq 1 T7T- ûéjày toente an* «Tant 'Fhto&Më', ftQ,QQ0 Qurgftnto (ou Bwrgaigûaw^ s'étaient ftâtaMbMtf; MF 1^4 riv^s guttoisas du Rhin , des étabtiesènianta pei* mwegté , m s$ ggipettapt aux lois de ttBrapiie j tandis qfl#} 4'un autrç <$i£, d'ûsPQiPbrables Goihs^tiavBssqpt' te Da&utaj avaient égate^ent pbte*u des tewetf dafts la Tfcwaca. Mai* bfentOt , vexés pp lee efBoier* de l'emparant ¥ahfosr (te prédécesseur immédiat de Théodose), des Gottis liatatenfrva&fte* devant les portes d'Aqfriitapte et lavaient bvtàè. vif d«fts une çabape dç berger.
Enfin , comme je l'ai dit , ce Théodose , qui les avait si longtemps repoussés, ayant rendu l'âme apvèa un règne de seize ans, la nouvelle de cette mort, portée à toutes les nations gothes, devint , sur toute la ligne , le signal de la marche en
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avant. — Voilà bientôt chez toute» ces bordés un mouvement immense , enthousiaste , universel* L'heure a sonné pour l'empire d'Occident ; l'heure d'une eflroyabfe tuihe : « le % jugement déaanna» va router comme de Veau, et la justice « comme un torrent débordé ) » l'Éternel * levé renseigne vers les nations éloignées? « il a sifflé à chacune d'elles jus- « qu'aux bouta de la tore , » je parle avec Esale(i) ; <r et «voici, chacune aceourt promptement et légèrement; pas « une d'elles n'est lasse, ni ne bronche, ni ne sommeille; la « ceinture de leurs vens n'est point déliée, le/ courroie de « leur» souliers point pokwpue ; le* cornes des pieds de leurs « chevaux sont comme des oailkwri, les rooes de len» cha- « riota comme un tourbillon. »
A peine le chef des Yiaigoths, le grand Àlarie, qui demev» rail au delà du Danube, a-t-il appris la mort de Théodose , qu'il paase le fleuve sur ht glace avec son peuple et la terrible cavalerie de6 Alain», qu'accompagnent aussi d'iitaomfcrabtes Hune. Il avait ravagé la Thmoe, la Macédoine et hr Grèce peftdnat^iiiq années et il se tournait enfin vers rOecident.— Optait Fan 400 ; le cinquième siècle stouvrait, siècle de douleur* et de ruines! c'était l'heure de l'avalanche des nations : eHe s'ébranlait alors pour la dernière fois , faisant entendto déjà son tonnerre et se précipitant sur Vempire dtes Latinfl.
Ainsi dans nos Alpes, quand après un long hiver , un de *es hauts sapins, qui depuis des siècles, à la tète <Tuneforèt, garantissait contre l'effort des vents les arbres d'alentour, cft détournait 1* nedontafele marche des première» neiges qai glissent chaque printemps sur le flanc des montagnes; qtiand ce grand arbre brisé par la foudre vient à tomber , malheur à la forêt , an village , à la vallée tout entière ! Inca-
(i; Essaie, v. 26 à 28,.
pables désormais de résister aux neiges qui descendent à leur pied , les arbres voisins, brisés sous le poids, succomberont l'un après l'autre ; la forêt bientôt ne sera plus, et les avalanches prendront un cours nouveau. Enfin, un samedi soir, à l'heure de minuit , toute la masse des neiges ébranlée à la fois descend comme une montagne et fond sur le village. — 0 nuit inexprimable de douleur et de ruine ! C'est d'abord l'ouragan précurseur qui 9 tout seul déjà , balaie devant lin comme du chaume les toits , les chalets, les arbres, les maisons ! Mille cris de détresse se font entendre de toutes les demeures ; mais en vain, c'en est fait 1 car voici le plateau tout entier qui descend du flanc de la montagne! Adieu ce beau village ! tout est enseveli, tout a péri , les troupeaux dans leurs étables, l'honnête maître d'école et ses petits pensionnaires; la jeune fille qui lisait la Bible au chevet de son père malade, et le pieux pasteur qui venait d'achever son sermon du lendemain, et qui priait à genoux pour sa chère paroisse, demandant avec ardeur pour elle un bon et saint dimanche. Ds ne se relèveront de leurs neiges qu'à la journée de Jésus- Christ , au dimanche éternel , à la voix de l'archange , à la trompette de Dieu !
Eh bien, chers enfants, telle fut pour l'empire des Romains l'invasion des barbares à la mort de Théodose. Le grand pin était tombé, et dès les premiers jours de Tan 400 l'ouragan soufflait : l'avalanche était en marche : on l'entendait descendre de rochers en rochers, avec le bruit du tonnerre; l'Empire en allait être couvert; c'était un grand jugement, une ruine universelle.
Je vais vous faire la nomenclature de ces barbares et leur description. Seulement, rappelez-vous que nous ne parlons que de l'empire d'Occident; parce que je vous montrerai plus tard qu'il ne peut être ici question que de celui-là.
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L'an 400, ai-je dit, le signal était donné. — Ecoutez ce grand bruit de guerre. Quelle est cette première trompette qui se fait entendre? C'est la trompette des Yisigoths (ou Goths occidentaux) ils forment l'avant-garde de cette universelle invasion. Alaric est à leur tète; ib Font proclamé roi cette même année ; et la cavalerie des Alains, qui a déjà ravagé la Grèce avec eux , les accompagne. Ils traversent et ravagent d'abord l'Autriche, une partie de la Hongrie, l'Olyrie et le pays vénitien. On dirait « d'une grêle mêlée de feu et « de sang qui se jette sur la terre (Apoc. VIII , 7.) » — Ils s'emparent d'Aquilée, envoient de cette ville dans leur pays un nombre immense de captifs, et font trembler toute l'Italie. On les taille en pièces : n'importe ! ils reviendront.
Deux ans seulement se passent, et voici de nouveau ce fier Alaric avec ses Yisigoths. On le bat encore par deux fois , d'abord à Pollentia, puis à Vérone ; on lui prend sa femme avec ses enfants, et lui-même ne doit son salut qu'à la vitesse de son cheval. — N'importe! il reviendra.
C'est en vain encore que, trois ans plus tard, 200,000 barbares , la plupart Slaves , qui avaient aussi à leur tour passé le Danube sous la conduite de Radagaise, et à qui s'était joint un nombre immense de Bourguignons, deSuèves et de Vandales , sont mis à leur tour dans une telle déroute , au pied des Apennins, qu'il n'en réchappe pas un seul homme. N'importe encore ! il en reviendra.
En effet, le dernier jour de la même année, le 31 décembre 406, un déluge d'autres barbares passe le Rhin sur la glace, et pénètre dans les Gaules.— «Ce sont des Alains, des Suèves, des Burgundes et des Vandales. — Dès le 1er janvier 407 jus* qu'à la fin de 408, malheur à tout le pays qui s'étend entre le Rhin et l'Océan, entre les Alpes et les Pyrénées ! Impitoyablement ravagé , il «est traité tout entier comme une ville
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qu'on prend d'assaut; les cités sont pleines de cadavres; et l'on y voit les oiseaux de proie avec les bêtes féroces de la forêt y venir chercher jusque dans les tues une affreuse pâture 4e chair «Jt d'ossements humains.
Bientôt après, Tau 499, au 28 septembre , la plupart de ces peuples , je veux dore au moins les Suèves , les Vandales et la cavalerie des AJams , abandonnent cette terre désolée , traversent les Pyrénées et descendent en Espagne , pour y chercher de nouvelles proies. On leur a promis qu'ils trouveront de belles et fertiles campagnes dans cette contrée encore intacte. — Le roi des Suèves, qui s'appelait Ermerich, s'établit dans la Gallicie; — le roi des Vandales, qui se nommait Gunderich, et dont le frère était le terrible Geiserich (oti Genseric), s'établit dans laBétîque, qu'on appela dès lors (de leur nom) Vandatousie , et phis tord, Andalousie; — le roi des Alains, qui avait nom ilespendial, s'établit en Portugal. — Il y eut cependant encore d'autres Alains qui , joints aux Goths , s'établirent aux embouchures de l'Ebre , et donnèrent, dit-on, au pays le nota de Goth-Alanie ou de Catalogne (comme d'antres, dit-on, restés en France , avaient fait donner à leur résidence celui d'Alani-comium, oud'Alençon).
Vous le voyez donc : en quelques mois aussi , cette vaste et riche péninsule des Espagnes se trouva Couverte de ruines. La désolation s'y était promenée comme une tempête; les barbares eux-mêmes, dit-on , se repentaient de leurs ravages ; car rien jamais n'en égala l'horreur. — Olympiodore Raconte que ceux des Romains qui, au lieu de fuir ou de subir l'esclavage, s'étaient renfermés en des villes murées, durent finir par se manger les uns les autres ; et Tévêque Idatites , qui vivait en Espagne dans le même temps et qui en a écrit une chronique , nous déclare que te détresse n'était pas moins grande dans les campagnes que dans les villes. Telle avait
LKS V1SIGOTHS PANS AOftfi. 154
été, nous dàfc4, la mtaWtBde des cadavres jetés dans les grands chemins, que les bétes féroces, abondamment Nourries, s'en étaient mukipHëe8, et 91e, enbardles^our s'être si longtemps repues de cadavres bètnairte , eHes avaient fini par se jeté* sur les vivante , et f*fr tookmettre d'afteax ravages sûr le fmtfte dispersé par l*s fcarbUres dans les plaines déiertes, dans te montagnes et datas te bai».
Mm écoutez mamfeaaiit; tsar mom n*en avons pas fini d'AJaric et de ses Vwigotte. *- d'étâit an *08.--Le voici qut revient une troisième fois , pins ntenaçant et plus redoutable q*e jamais. ïl fentre e* Italie et marche but Rome déjà dévastée par deux autres ennemis, la famine et la peste. En imm, pour 4'efirayer, loi pÉrlert-an des mMiofts d'hommes (peienfemaU atesiwfte Bah^looe. « Tant tiVteta* ! » répondil, t plus Imberbe «st épaisse, mieux y taortbfe ta feux! » — On aehftte tepeAdaart sa icânate; et, pour la payer, dépouillant te égtiees de tort l'aident et de tottt l'or qui S'y trortVe , an verse à ses pieds d'immenses tréfttfe. — 1 se retiré; mais attente, il reviendra*
H revient en effet une quatrième fois, c'est en 4B9; et une oaqaième, c'est en 440 ; jusqu'à ce qu'enfin, tfest le M août /feiette même année, à l'heure de minuit, il (entre dans là utile éternelle ( comme on l'appelait) avec tarte son Armée par la porte Salaria !
Je l'ai vue, cette porte, cfaers enfants; je l'ai vtae, telte quelle était dans «ette naît des Ytàgoéhs, il y a quatorze ceftte an$* fit quand on ne l'a montrée, cette voûte antique, telle 4P* l'avait bâtie l'empereur Honoita, je me suis arrêté long* *empa$oûs ses .arches dans une eonlemplationsitenfcieuee l Je pensais à Daniel, à ses visions de la nuit, aux quatre monarchies, à la quatrième tete, à ses dix cornes, à sa petite corne, aux jugements de Dieu sur cette cité meurtrière, à ce peuple
15î leçon xxxu. — dan. vii, 24.
des Juifs qu'on y voit encore en si grand nombre, enfin à la cinquième monarchie et à ce règne des saints qui sera manifesté lorsque le Fils de l'homme , comme Fa prédit aussi Daniel , aura paru sur les nuées du ciel , « et que tous ses ent nemis seront mis pour marchepied de ses pieds. »
Dans cette fameuse nuit du 24 août 410, quand les citoyens de Rome se réveillèrent aux éclats de la trompette gothe, aux cris accentués, aux aspirations militaires de toutes ces voix germaniques retentissant sous leurs portiques et leurs arcs de triomphe, — dans cette fameuse nuit , — il y avait 4463 ans que cette cité maîtresse avait été fondée, et 473 ans qu'elle avait ruiné Jérusalem.
Cependant, mes amis, il ne faudrait pas croire que tous ces Goths fussent des païens. Avant d'en faire la verge de sa colère contre les églises dégénérées, le même Dieu qui les avait préparées pour l'accomplissement de ses desseins contre l'Empire, avait voulu qu'elles eussent reçu quelque chose de l'Évangile, pour que son église cachée ne fût pas engloutie dans ce déluge des nations. Depuis longtemps des missionnaires chrétiens étaient allés les chercher dans leurs lointaines forêts, les suivant pendant leurs courses guerrières sur les côtes de la mer Baltique et sur les froides rives de la Vistule et du Boristhène. Ds en avaient amené le plus grand nombre à quelque connaissance de Jésus-Christ; bien que plus tard ils les eussent vus pervertis par des prêtres ariens, qui couraient partout sur leurs traces, comme font aujourd'hui les prêtres de Rome sur celles de nos missionnaires. — « 0 merveille, s'écriait dans ce même temps le vieux prêtre Jérôme, dans l'une de ces nombreuses lettres qu'il aimait à écrire à des dames romaines et que j'ai lues (celle-là est adressée à la dame Lœta), « ô merveille ! voilà donc Tannée de ces Goths aux cheveux rouges et blonds (Getarum rutilut