‹ Daniel le prophète, exposé dans une suite de lecons pour une école du dimancheChapitre 7 sur 198 · VIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VIII AVERTISSEMENT

ans par un continuel jugement de Dieu, de l'interruption involontaire de tous les sacrifices sanglants depuis le sacrifice de Jésus-Christ, et du mépris enfin dont continuent de l'abreuver tant de peuples qui cependant adorent un Sauveur juif et professent tenir de lui la vie et ri m mortalité?

Et que n'aurait-elle pas à dire également des destinées non moins prophétiques de l'empire d'Occident et de l'Homme de péché? Car nous allons montrer dans ces feuilles que, si devant les prophéties qui regardent Jérusalem et les destinées du peuple juif il est impossible de rester incrédule, devant celles qui regardent Rome, l'Homme de péché et les destinées de notre Occident, il n'est pas moins impossible de n'être pas croyant. Que l'Église donc se lève devant ces signes du temps et qu'elle dise comme Moïse : « Je me détournerai maintenant « et je contemplerai cette grande vision ! »

Mais il y a plus. De grandes souffrances l'attendent; elles le sait : ses ennemis triompheront d'elle pour quelques jours et la fouleront aux pieds, bien que sans la détruire. C'est donc encore par là, pour elle, le temps des prophéties; car si Jésus lui a dit : c Je vous ai prédit ces choses, afin que vous ne « soyez point exposés à tomber quand elles arrive- « ront, » il faut qu'elle étudie là-dessus ses divins oracles, puisqu'il y a pris soin de lui signaler ces ennemis, leur lieu, leur temps, leurs doctrines, leurs actes, leur durée et leur ruine.

Mais, d'ailleurs, que nous soyons en des temps

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prophétiques et qu'une époque solennelle de grands accomplissements ait commencé pour nous, c'est ce que le monde a paru sentir, et c'est ce que nous disaient souvent cet hiver les hommes mêmes en apparence les moins sérieux et naguère les plus inattentifs. — Que de fois, au milieu des grands tumultes de Février, nous a-ton dit : « Qu'annoncent les prophéties? car si jamais Dieu lit prédire ses grandes œuvres de Providence, il Ta dû faire pour les jours où nous sommes; et puisqu'il voulait nous y faire voir si manifestement sa main, sa bouche aussi peut bien avoir parlé ! »

En effet, on peut dire qu'il arrive de nos jours en quelque mesure ce qu'on vit aux approches de la première venue du Fils de Dieu. Alors aussi, comme aujourd'hui, les oracles de la Parole sainte arrivant à leur maturité, il y avait une attente universelle parmi les nations, et Ton voyait tout l'Orient, au dire même des historiens de Rome, se croire à la veille de grands accomplissements. — Les anciennes Écritures sacrées des prêtres juifs, disaiton, nous en donnent l'assurance! » Pluribus persuasio inerat antiquis sacerdotum litteris contineri, » dit Tacite, — « et recrebuerat Oriente toto vêtus et constant opirtio esse in faits y » dit Suétone, — « eo ipso tempère fore ut valesceret Oriens, profectique Judœâ rerum pothrentur. » (4). — Eh bien, nous avons pu voir cet hiver quelque chose de tout semblable. — Chez toutes les nations de l'Europe secouées à la fois,

(1) Tacite, Hist. liv. 5, cbap. 23. — Suétone, Vie de Vespasien, cbap. 24.

x AVEaTiwfiitmr

que d'hommes se sont demandé si nos livres prophétiques n'auraient point annoncé ce tremblement de terre» et si nous n'en étions point aux signes avant-coureurs des derniers temps!

« L'Éternel, » cet hiver, pour parler avec un prophète, « a dénudé le bras de sa sainteté devant les « gens de toutes les nations; » il les a remuées d'un bout de l'Europe à l'autre par des commotions si puissantes et si soudaines que leurs sages ont dû s'écrier, comme autrefois ceux du roi Pharaon : « C'est ici le doigt de Dieu I » — La révolution surprenante de Genève, puis celle de la Suisse entière, celle du Sonderbund , et comme en un même jour celle de Paris, celle de Vienne, celle de Berlin, celle de Pesth, celle de Naples, celle de Prague, celle de Sicile, celle de Milan, celle de Rome, celle de Yenise; « ces trônes roulés, ces tremblements de « terre, cette chute inattendue de l'un des dix « royaumes de l'Occident, ces noms d'homme qui « périssent, ces villes des nations qui vont tomber, » cette grande république décem-royale de l'Occident qui va bientôt se partager en trois , suivant les oracles de la Prophétie, cet avènement fatal et prochain d'une démocratie en démence, tous ces ébranlements, qui poussent notre civilisation vers un avenir redoutable et mystérieux , ont porté de tels caractères d'une force cachée mais intelligente, ils ont amené partout des résultats si soudains et si convergents, qu'on ne doit pas s'étonner si les hommes, en voyant cette volonté puissante faire tomber en

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tout lieu sur une même face les dés de toutes dos ré* voiutions politiques, y ont reconnu une Providence en marche vers des choses nouvelles, vers de grands jugements , vers des transformations radicales , vers un nouvel ordre des sociétés humaines , ou plutôt vers un même désordre qui préparera cette pulvérisation universelle si clairement prédite par Daniel en son chapitre H, et du sein de laquelle doit se lover enfin le régne universel de Jésus-Christ? — Faut-il s'étonner qu'à ce spectacle ils nous disent : Qu'est- il écrit dans les prédictions? que disent les livres saints? S'il y eut jamais des jours prophétiques, nous y voilà ! Qu'est-il écrit?

En un mot , toutes ces considérations , la grande place ocoupée dans la Bible par les prophéties, leurs accomplissements miraculeux, leur usage dans les souffrances prochaines de l'Eglise, les jugements hautement providentiels accomplis cette année, l'attente même universelle des hommes du siècle, tout crie à nos églises que c'est ici pour elles plus que jamais le temps d'étudier avec un nouveau soin les oracles de Dieu; le temps de les faire prêcher à nos troupeaux pour les affermir dans les chemins de la foi, aux populations de nos cités et de nos campagnes pour les y faire entrer.

Je désire donc qu'on Tait compris : ce n'est pas à cause de sa moindre importance, c'est au contraire en raison de sa haute valeur, que j'ai voulu présenter cet enseignement sous cette forme familière , et que je l'adresse à des enfants. — Je voulais être

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