ACCORD SUR LES DIX ROIS
d'Alaric..., s'écriait (dans sa XI* épitre à Agoruchia) : « L'ema pire romain tombe en ruines , et nous ne concevons pas a que l'Antéchrist va venir ! le Quade, le Vandale, le Sarmate. « les Alains , les Gépides , les Hérides , les Saxons , les Bour- « guignons, les Allemands, et ô malheur ! nos ennemis , les «Pannoniens, ravagent tout...» (en voilà bien dix, chers enfants , mais je continue). « Les Romains, qui portaient la « guerre aux extrémités de la terre, combattent dans leur a empire, et, (qui le croirait ! ) non plus pour la gloire , mais a pour le salut; ou plutôt, ils ne combattent plus, ils ne a songent qu'à racheter leur vie !...»
a Ainsi, ajoute Bossuet, Jérôme fait ici un affreux dénombrement des peuples qui commençaient à démembrer ce grand empire ; et il en nomme jusqu'à dix , peut-être par une secrète allusion à ces dix rois qui devaient ravager Rome, selon l'oracle de l'Apocalypse. »
Et à la page 318, M. Bossuet, sur ces paroles du prophète (Apoc. XVII, 12) : Les dix cornes que tu as vues, sont dix rois, ajoute : « L'auteur du commentaire sur l'Apocalypse attribué à saint Ambroise... dit clairement que, par ces dix rois, sont désignés dix royaumes par qui l'empire romain a été détruit ; et il a compté ces destructeurs au nombre de dix... Il faut donc entendre par ces dix rois , ceux qui ruinèrent Rome et en démembrèrent l'empire, principalement en Occident. Le nombre de dix est grand pour des rois ; et il est vrai que l'Occident est déchiré presque en même temps par un grand nombre de rois qui composent de grands royaumes de ces débris de l'Empire. On voit paraître, à peu près dans le même temps (écoutez bien ici M. Bossuet) , les Vandales, les Huns, les Francs, les Bourguignons, les Suèves, les Alains, les Hérules , à qui succédèrent les Lombards , les Allemands , les Saxons, (dus que tout cela les Goths, qui sont les vrais
destructeurs de l'Empire. — Ici, sans qu'il soit besoin d'un plus grand détail , c'est un caractère assez remarquable que
d'un seul empire il se forme tant de grands royaumes , et
que l'empire romain soit abattu dans sa source, c'est-à-dire en Occident où il est né , non point par un seul prince qui commande en chef, comme il arrive ordinairement , mais par l'inondation de tapt d'ennemis qui agissent tous indépendamment les uns des autres ! »
Vous l'entendez : voilà donc aussi le langage de Boesuet ; voilà comment les Jérôme, les Àmbroise , les pères de l'Eglise, voilà comment les docteurs modernes réformés , voilà comment les docteurs modernes romanistes, prennent tous une même voix pour reconnaître avec nous que la quatrième bête, c'est l'empire des Latins, et que ses dix cornes sont bien nos dix rois.
J'espère qu'on saura se souvenir de toutes mes raisons, et qu'on me les répéterait , dimanche , si je venais à les redemander. — Ces dix premiers royaumes goths, ai-je dit, auxquels en ont pu, de siècle en siècle, succéder beaucoup d'autres, sont donc bien nos dix cornes; — premièrement , parce que les cornes représentent , non des individus, mais des royaumes ; — secondement, parce qu'elles représentent, non des rois successifs , mais des rois contemporains; — troisièmement, parce qu'elles représentent , non des royaumes de trois ans ni même de trois siècles , mais des royaumes d'une immense durée, d'une dorée même beaucoup plus longue encore que celle des trois premières monarchies prises Tune à la suite de l'autre; — quatrièmement, parce qu'elles doivent représenter l'événement le plus caractéristique et le plus durable de l'histoire romaine; — cinquièmement, parce que, si elles ne représentaient pas nos dix rois , il n'y aurait plus d'empire romain depuis 1400 ans, taudis que, d'après les prophéties ,