TRENTE-SEPTIÈME LEÇON
(Daniel, eh. m, v. 8, 9, 10, 11.)
8. Je considérais ces cornes, et voici, une autre petite corne montait entre elles , et trois des premières cornes furent arrachées par elle; et voici, il y avait en cette corne des yeux semblables aux yeux dun homme, et une bouche qui disait de grandes choses.
9. Je regardais, jusqu'à ce que les trônes furent roulés; et que t Ancien des jours s'assit. Son vêtement était blanc comme la neige, et les cheveux de sa tête étaient comme de la laine nette; son trône était des flammes de feu, et ses roues un feu ardent.
10. Un fleuve de feu sortait et se répandait de devant lui; mille milliers le servaient, et dix mille millions assistaient devant lui. Le jugement se tint, et les livres furent ouverts.
11. Et je regardais à cause de la voix des grandes paroles que cette corne proférait; je regardai donc jusqu'à ce que la bête fut tuée , et que son corps fut détruit et donné pour être brûlé au feu.
J'ai deux objets très solennels, mais aussi distincts l'un de
% lbçon xxxvn. — DAH. vn, g, 9, 40, 14.
l'autre que le ciel et la terre, à vous présenter aujourd'hui.
Le premier, au verset 8 , c'est enfin la petite corne , qui, pour la première fois , vient paraître sur la scène ; et le second , aux versets 9 et 40, ce sont les apprêts majestueux de son jugeaient et de sa ruine.
Vous savez , chers enfants, quel est le grand but de Dieu dans cette vision qui commence par Nébuchadnetzar, et qui finit par Jésus-Christ. Un des anges le déclare à Daniel, qui lui avait demandé (au verset 16) le sens de toutes ces choses : Le sens de toutes choses, répond-il, c'est que quatre grandes monarchies s'élèveront sur la terre, et qu'h leur ternie les saints Ai Souverain recevront le royaume jusqu'au siècle et au siècle des siècles. — Voilà donc le grand but de Dieu : il est de nous apprendre par quelle suite de révolutions doit s'établir enfin sur la terre le règne bienheureux des saints du Souverain. — Auparavant, dit- il, quatre dures monarchies se succéderont dans l'empire du monde, et du sein de la quatrième un personnage impie , dont le règne durera plus longtemps à lui seul que celui des trois premières monarchies prises ensemble, se lèvera contre les fidèles, et finira par le plus terrible jugement : c'est alors, mais seulement alors, que le règne et la domination et la grandeur des royaumes qui sont sous tous les deux sera aonnée aux saints du Souverain (27).
Au verset 8, c'est h petite corne: elle monte entre les dix; elle en arrache trois; elle est petite; mais elle remue le monde, et sa bouche profère de grandes choses ; c'est le principal ennemi de Dieu dans l'Occident , c'est le persécuteur des fidèles. — Au verset 9, le jugement se prépare : l'Ancien des jours s'assied, son trône est de flammes, et ses roues un feu ardent. — Au verset 10 , le jugement se tient : des millions et des millions et des mille iniUioas d'anges assis-
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tent devant lui. — Au verset 11 enfin, le jugement f exécute : la béte est tuée, son corps est détrait, il est donné m feu, il est brûlé.
Eh bien, mes ara», n'eet«ce pas? j'avais raison de le dire, c'est une chose solennelle que de voir arriver enfin dans dos versets et ce grand personnage si funeste à l'Église, et ce grand jugement par où tout doit finir.
Quand, dans un drame, les premiers actes, tout occupés du héros sans le montrer encore, ont tenu longtemps les spectateur* en suspens dans son attente, c'est un moment, dit-on, tout plein de grandeur que celui oh, paraissant enfin, il se pré* sente devant eux et s'avance sur la scène. Vous êtes émus alors, votre cœur bat avec violence, vos yeux immobiles demeurent fixés sur lui, et l'assemblée tout entière, également suspendue à ses lèvres, se tait comme un seul homme : oit n'entend plus dans le vaste amphithéâtre que le bruit solitaire de ses pas et que les soupirs qui sortent de sa bouche* Il va parler , il se fera connaître !
Eh bien, cher» enfants, voici dans la leçon de ce jour, un moment tout semblable» Le héros malfaisant du grand drame de la vision va paraître ; le voici qui s'avance tout seul sur la scène; il va parler, il se fiera connaître!
Écoutons donc , nous aussi; suspendons notre souffle et nos pensées humâmes ; tenons nos yeux fixés sur lui j car tous les actes précédents n'ont été destinés qu'à nous préparer à sa venue. — Oui, Nébuchadnetzar lui-même, Cyros , Alexandre, Pompée, Alaric, tous le» dix rois des Gotha , ne se sont présentés sur le théâtre de la vision que pour nous dire : * Il en vient un autre après nous, plus habile , plu* durable, plus funeste; et quant à nous, noua ne sommes là que pour vous faire comprendre quand il viendra, où il viendra, elquelA viendra. ©—Jusqu'ici donc, chers enfants,
4 leçon xxxvn. — dam. vn, 8, 9, 40, 44.
c'était la Politique : maintenant, c'est la Religion, maintenant voici les saints et leur grand ennemi, voici leurs souffrances et voici leur victoire. Certes , tout cela est solennel : il faut donc disposer nos âmes à ces grandes choses; il faut demander à Dieu des cœurs recueillis ; il faut que nous nous placions sous l'onction d'en haut, pour étudier saintement ces saintes pages et pour en recevoir le bienfait.
Comprenez donc bien ce que je vais faire.
Puisque le Saint-Esprit ne nous donne encore ici qu'une définition toute symbolique, de la petite corne, je vais d'abord étudier cette description d'après Daniel tout seul, et comme si, n'ayant aucune connaissance de l'Histoire, je ne savais rien de ce qui s'est passé chez les nations de la terre depuis Daniel jusqu'à nos jours; ou pour mieux dire, comme si, au lieu de lire ce prophète à Genève en 1840, je vivais à quinze ou dix-huit cents ans en arrière, au temps des Augustin, des Chrysostome, deslrénée, où, si l'on veut encore, au temps même des apôtres.
Je commence donc aujourd'hui par le verset 8; et vous allez voir qu'à lui seul il nous fournira jusqu'à huit caractères si parfaitement tracés pour le signalement de cet ennemi de Dieu, qu'une petite fille de dix ans, pour peu qu'elle ait appris dans Millot ou dans Ségur les rudiments de l'Histoire , saurait déjà nous dire quelle est , dans cette histoire, et sa place et son nom. — Commençons.
Et je considérais ces cornes. — Je les considérais. C'est ce que nous avons fait nous-mêmes : nous avons considéré ces cornes pendant six semaines consécutives; et je n'ai nul regret du temps dépensé dans ce travail, car nous en serons d'autant mieux capables de nous hâter sur ce qui suit : les traits que vous allez voir s'expliqueront d'eux-mêmes. — Je continue.
Et voici, une autre petite corne montait entre elles.