AVANT-PROPOS
sont cependant subordonnées aujourd’hui et demeurent insolubles, si elle n’est résolue;
4“ Que l’existence, au cœur do l’Europe, d’une machine de centralisation tout artificielle, d’une grande monarchie adminisiralive et militaire fondée sur une base contraire au principe de nationalité, est l’obstacle essentiel à l’établissement d’un ordre européen, libre, régulier et paciûque; que ce n’est plus désormais la Russie, modifiable et susceptible de s’améliorer et do sa transformer, mais le despotisme autrichien, irréformable et incorrigible par sa nature même , qui barre à l'Europe le chemin du progrès, la maintient sous le régime d’immenses armées permanentes, régime également funeste à tous les intérêts financiers, politiques et moraux des nations, et ne permet à l’Europe que des trêves agitées et point de paix;
0 ° Que cet .état de choses ne cessera point tant que les provinces italiennes n’auront pas été séparées absolument et irrévocablement de l’empire autrichien; tant que l’Italie, qui est une seule nation, no formera pas, quel que soit son régime intérieur, un seul corps politique vis-à-vis du dehors; tant que le principe fédératif n’aura pas succédé au principe unitaire dans l’empire autrichien, qui n’est qu’un assemblage de nations.
L’auteur, sans essayer de démontrer en détail les propositions générales qui dominent sa pensée et son livre, renvoie, quant à l’objet immédiat qu’il s’est proposé, à
AVAN'TrPROPOS.
l’avis publié récemment par l’éditeur pour annoncer la prochaine publication de l’ouvrage :
« L’auteur a voulu montrer quels hommes avait recommencé à produire, après trois siècles de mort politique, l’Italie renaissante. Sans dédaigner les discussions théoriques, les exemples, on peut toujours le dire avec le poète :
» Les exemples vivants ont bien plus de pouvoir 1
>» I.a Vie de Manin fait voir ce que peuvent être, de nos jours, un citoyen italien, une famille italienne, une ville italienne. Il faudrait beaucoup chercher jiour trouver, dans le reste de l’Europe actuelle, quelque chose de comparable aux dix- huit mois de la révolution do Venise. S’il n’y a pas de droit contre le droit, il n’y a pas non plus de faits qui puissent prévaloir contre de tels faits. C’est à la conscience européenne de tirer la conclusion.
» Nous reproduisons, en tête de la Vie de Mavin, le poeme touchant que M. E. Legouvé a lu, il y a quelques mois, avec tant de succès, dans la séance générale annuelle de l’Institut. Le poète s’associe ainsi à l’historien dans l’œuvre consacrée à la mémoire du grand exilé de Venise. »
Henri Martin.
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SOUVENIR DE MANIN