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reur, il se liàt:i (l'om|)ortor reniant pour la comluire près de sa mère. Ouan<l il revini, il irouva Siegbrit <|iii marchait avec agitation dans la chambre.
— lans, dit-elle, entends-tn le signal de mon maître qui m'appelle? La foudre éclate, l'éclair brille, les démons hurlent dans l'orage. Déjà les souffrances de l'enfer pénètrent dans mon cœur, qu'elles doivent dévorer durant l'éternité! lans, jamais je ne reverrai ma Duyvecke! je suis séparée d'elle pour toujours! Oh! malheur! malheur!
Oui, malheur! car si je n'avais pas poursuivi avec tant d'acharnement et de crimes ma dernière vengeance, peut-être Dieu m'au-
rail-il pardonné! Peut-être m'aurait-il permis le repentir et l'espoir. Aujourd'hui, plus de salut! Kien que l'enfer et ses tourments, qui ne finiront jamais! Oh! par ce que je souffre en ces instants, je comprends toute l'étendue de leur horreur!
— Siegbrit, essayez de prier, essayez-le, au nom de Duyvecke!
— Tais-toi! ne prononce pas ce nom pur. H me fait souffrir comme la goutte d'eau bénite qui tombe sur la tête d'un démon. Taisloi! tais-toi!
Non! s'écria lans, non! je braverai le
d«'*,inon. Ffil-ii l:«, j'essaierai jusqu'au l)oiil de lui arracher votre ame! Priez, priez, repenlez-vous, pour Duyvecke!...
La foudre éclata, un éclair pénétra dans la chambre et repoussa Crumbbrugghe ébloui et terrassé, tandis que la pendule et les clochers jetaient dans les airs, avec leurs voix douloureuses, les douze coups de minuit. Prosterné, la face contre terre et le cœur palpitant d'effroi, le tisserand entendit Siegbrit qui semblait lutter avec un être invisible; peu à peu elle devint immobile, le bruit cessa et l'orage se tut. Lorsque lans osa se relever, il trouva le cadavre de Siegbrit étendu sur le plancher.
Le premier soin du fabricant de toile fut
I l'aller chercher un prêtre qui demeurait dans le voisinage, afin que le saint homme veillât j>rès de ce corps inanimé, et qu'il passât la nuit à prier. On raconte que jamais le vieillard ne put parvenir à allumer le cierge qui devait l'éclairer; l'eau bénite qu'il jeta sur les restes mortels de Siegbrit frissonna comme si elle fût tombée sur un fer rouge.
Pareil phénomène se répéta le lendemain quand on porta le corps à l'église et qu'il fut déposé en terre sainte. S'il faut en croire la tradition, on dut abandonner le cimetière, car l'esprit du mal s'en empara; de terribles fantômes le hantèrent désormais et lui valurent le sinistre nom de Trou d'enfer.
lans C-rumbbrugghe, avec l'or que lui avait
laissé Siegbrit, fonda, dans l'église de Sainte Gudule, à perpétuité, une messe quotidienne pour le repos de l'ame de Duyvecke Rynghaul. Chaque matin, tant qu'il vécut, il s'y rendit a\ec sa femme et ses enfants.
Sa vie, du reste, fut longue, honorable et comblée d'honneurs. Sa grande fortune, son expérience, son bon sens et la connaissance parfaite qu'il avait des pays du nord, non-seulement en firent un grand personnage dans l'association hanséate, mais encore lui valurent l'estime et la faveur de Charles-Quint, devenu empereur. Dans plus d'une circonstance difficile, il fut appelé au conseil de son souverain, et s'y fit remarquer par la sagesse de ses opinions et la prudence de ses con- T. ri. 23
.seils. Plus d'une fois, il sul fléchir le caracit-re naturellement rigoureux de son souverain ; il usa de son influence médiatrice, surtout quand l'empereur vint à Gand pour punir cette ville de ses séditions.
A cette époque , un des lils de Crumbhrugghe quitta Bruxelles et alla s'(Mablir à Gand.
Il y avait encore dans cette dernière \ille, à la fin du dix-huitième siècle, un échevin qui portait le nom de Crumbbrugghe.
Quant à Christiern, voici quelle est la fin de son histoire.
En J543, Christian 111, (jui avait succédé a Frédéric , appelé au irùnc de Danemarck après l'expulsion de Cliristiern, conclut, ;i Spire, avec Charles-Quint, une transaction par laf|ueiic il fut stipulé que l'ancien roi serait traité désormais avec plus de douceur, et qu'il sortirait du donjon de Soenderbourg, à la condition toutefois de signer une renonciation complète aux prétentions qu'il pourrait conserver sur les trois royaumes du nord. Chrisliern obéit sans hésiter, signa tout ce qu'on voulut, et abdiqua avec empressement ses droits. Pour prix de cette honteuse et lâche obéissance, on lui assigna un revenu sur le bailliage de Catlundborg et sur l'île de Samsoë. Quatre sénateurs le conduisirent dans ce bailliage qu'on lui assigna pour résidence, et il y passa, sous leur surveillance, dans un état
voisin (h l'idiolisine, les treize années qui lui lestaient encore a vivre.
Christian eut trois enlants: Jean, né en ir)18, lut eleve dans les Pays-Bas par le célébie Corneille Agrippa, et mourut à Ratisbonne, en 1532, le jour même où son père commença sa longue captivité; Dorothée épousa Frédéric, électeur palatin; Christine, après avoir clé fiancée à François Sforce, duc de Milan, se maria à François, duc de Lorraine.
FIN m DEIMEMF. ET DERKIF.R Vol.lME
MeluD. — Intpriincrio dv Drsrue*.