‹ Daniel ToussainChapitre 33 sur 33 · LOT · texte numérisé non relu

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saires, comme aussi, tant jeune qu'il est, il s'est montré toujours bien affectionné envers cette Eglise. Cependant, il est permis à mon père et au diacre de poursuivre en leur charge; mais je crains que ce ne soit pour longtemps. Quant à moi, ils ne me veulent souffrir ni ouïr mes remonstrances, n'ayant autre réponse sinon qu'ils veulent réduire ce pays à la doctrine du Wirtemberg. Mais nous espérons que notre prince bientôt se pourra habituer par decà et qu'il ne se laissera mener par le nez à l'appétit de ces nouveaux papes. Bref, comme disait le bon Athanase, il nous faut attendre donec rubens nubecula ista transeat. Au reste, à mon arrivée, j'ai trouvé ici lettres de mon Eglise d'Orléans et de quelques-uns de mes frères ministres, par lesquelles suis instamment rappelé, qui est cause que pour satisfaire à mon devoir, quelques difficultés qu'il y ait en France, me délibère y faire un voyage pour essayer à réparer les brèches moyennant la grâce de Dieu. Deinde quid hic nunc agam, ubi si quid bene moneam, nemo obtemperet. Toutefois, je me mets en tout devoir de résoudre cette Eglise et lui laisser un goût et une semence de la vraie et pure doctrine et vous supplie aussi comme voisins et comme grands zélateurs de la gloire de Dieu, de les encourager quelquefois parlettreetles consoler, spécialement M. le Maire etle diacre, qui est de bien bonne volonté, de quoi aussi ne leur défaudrai jusqu'à ce que Dieu leur donne plus grande liberté. IH me semble que pour accouvrir la malice de ce Vertumnus ou de cette sagette du Diable, il sera bon comme vous m'en parliez de publier sa méchanceté même pour rendre notre magistrat inexcusable, lequel le supporte pour ce que gnathonice novit assentari et souscrit à tout ce qu'on veut

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sauf à la pure doctrine. Voilà, Monsieur, ce que je vous puis écrire de nos affaires, me recommandant humblement à vos

saintes prières et celles de Monsieur Philippin, lequel je salue de mes humbles recommandations, désirant et par lettres et par tous devoirs entretenir avec vous la sainte amitié qui y est commencée. Suppliant aussi ce grand Dieu, Monsieur et Père, qu'il vous fortifie journellement et det tibi

videre dies multos et bonos.

De Montbéliard, ce 12 septembre 1571.

Mon père vous présente ses affectueuses recommandations.

Votre humble fils et serviteur Daniel TOUSSAIN.

Vu:

Le Président de la soutenance,

G. BonNET-MAURY.

Vue

Le Doyen, A. SABATIER.

Vu et permis d'imprimer :

Le vice-recleur de l'Académie de Paris,

GREARD.

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