NELE
A Monsieur et Père, Monsieur Fabri, fidèle ministre du saint Evangile à Neuchâtel.
Monsieur et Père, estant retourné par deçà, je me suis enquis diligemment si vos lettres qui accompagnaient celles de M. de Bèze avaient été apportées. Mais je n’en ai trouvé aucune nouvelle jusques à présent, de quoi suis marri pour le désir que j'avais d'entendre vos bons avis et d'avoir par devers moi lettre de vous comme un mémorial de votre amitié. Maintenant, je vous écris la présente pour vous avertir de ce qui est survenu depuis et afin qu'entendiez l'état de par decà, et le sommaire de mes délibérations: J'ai trouvé, à mon retour, le gouverneur absent et les commissaires, ambassadeurs des princes, partis, desquels jamais'on apuavoir raison aucune ni réponse à toutes nos remontrances. Ainsi, ils ont déclaré que l'intention des princes était de ne souffrir ici ministre qui ne fut de la Confession de Wirtemberg; et quant à Arquerius, qu'il avait satisfait aux théologiens et qu'il n’était accusé que par des calvinistes, ce qu'ils lui tournent à hommage. Voyant donc que les battus payaient l'amende et que le méchant était justifié, j'ai conseillé à l'Eglise de trouver moyen d'informer notre prince de ces procédures d’ètres raisonnables : afin que, de bonne heure, il soit assuré de la vérité, non des calomnies de nos adver-
(1) Cette lettre nous a été communiquée par M. P. de Félice.