‹ Daniel Vierge, sa vie, son œuvreChapitre 15 sur 31 · LA MISÈRE A LONDRES · texte numérisé non relu

LA MISÈRE A LONDRES

mer ■Me onrer tra- ‘ rts.

. pondait pas à i’intention, aussitôt, sans s’abiM il se forgeait une nouvelle espéranee qui. oulageait son cour ge. Comme Cervantes qa i. , cinq ans, pendant cinq ans tenta sans cesse de i ' . rté par 1 évasion. Vierge, prisonnier du. mal, ne cessa u sa délivrance et, finalement, à force d’énergiques . ,r s’évader de la paralysie, ce cachot.

U a pleuré; maintenant il rit, maintenant comme par le

tas* lui, jamais 1 Ce n’est qu’à la porte de 1 enfer q>. «n laisse ,„le espérance. Et Vierge le condamné, Vierge l’oublié, <1 beroiqu.

, , -Usance saura conquérir une seconde fois sa renommée. P.iaencw l,e dessin n’est pas que dons les doigts, il est dans 1 esprit.

, cil à la France,, qu’il a vue terrassée continuant nuJpt ,, ge ,e„ir haut et ferme le llambeau de la liberté guidant «science humaine, après la terrible crise, il sent qu’il se rdèv. ,, vsie, dont tout autre eut été définitivement abat-

: de plus en plus il arrive à la donii ‘ , force d’énergie, à force de volonté, à force de f- • Vr venant à cire plus fort que le mal, après la lutte obs,

: ayant fait de sa vie une voie douloureuse, il se sent revivre. / à

■c son génie.

., .antes, il va montrer cette patience, ai de Sales, seconde ^valeur des hommes et , ; e la première.

r de rester l'égal de lui-même il trouve ce i ia portée de tous, se surpasser.

crec u

zaaanoj a aaaziM aj

• ; vl - lüm-IdT

mm fnrr HP

écriture conventionnelle, pour arriver à ne plus montrer que la forme, le modelé mouvant de la nature même, au trait faisant plomb de vitrail substituant la tache , procédant par ombre et lumière et d’un pays ou l’astre, plus ardent, fait l’ombre plus tranchée, du seul noir de son crayon tirant des tons variés à linfini, montre les choses non plus telles qu’elles sont en ellesmêmes dans le détail matériel de la réalité mais telles que la perspective spéculative les fait apparaître à l’œil de l’homme, modifiées, généralisées , fondues par les trépidations de l’atmosphère dans la distance, avec altération des lignes et des formes, dégradation des tons et des teintes sous la multiple influence du temps, du jour, de l’heure, du climat et de la saison.

Et l’on pense à Fragonard, à Goya, à Manet.

Aux croquis d’essai ont succédé , nombreuses , des

études toujours plus serrées,

plus poussées et, un beau matin, muni de deux dessins, une Allégorie et une impression de Guinguette rurale, Vierge s’en vient au Monde Illustré — sans crier gare.

Le temps a passé, des employés ont été remplacés, on ne le reconnaît pas, on ne le connaît plus.

— Pour des dessins ? Monsieur le Directeur n’est pas visible. Revenez.

Le cœur lui faut, il étouffe, des larmes brûlent ses paupières.

Heureusement, il a été entendu. Tout change, on le fête.

Et le premier de ses dessins faits de la main gauche, une poétique allégorie des Saisons, originale en dépit du sujet, paraît dans le Monde Illustré, le 27 janvier 1883, coïncidence à noter, le jour même où meurt Gustave Doré.

Bientôt, surprise heureuse à ceux qui l’avaient admiré déjà et regrettaient sa disparition, bientôt, continuant d’immortaliser l’actualité qu’il voit en philosophe, Vierge reparaît avec incomparable éclat, donnant cette suite de merveilles chaque semaine portant sa renommée sur tous les points du globe.

Les vivants groupements de personnages , le surprenant mouvement des foules, en un mot, l’extraordinaire nouveauté de ces dessins, après avoir fait des jaloux, produira des imitateurs, tous, qu’ils le veuillent ou non, qu’ils en conviennent ou le nient, tous, fut-ce à leur insu, passant par

la porte que Vierge a ouverte.

Après le crayon, Vierge, héroïque, a ressaisi les pinceaux.

Paciencia !

Il vient de faire de sa propriétaire, Mlle Ollivier, un très ressemblant portrait, seule peinture à l’huile entreprise par lui à cette époque, toile malheureusement inachevée et dont Paul Ginisty a parlé fort élogieusement alors dans La Rive gauche.

Tout est espoir et quiétude dans la gentille petite maison joyeusement fleurie de Meudon.

Il travaille. Elle sourit.

Paciencia !

La vie normale a repris son cours.

La vie..!

Comme un jour sa chère compagne lui fait lecture d’un texte qu’il doit prochainement illustrer, soudain, en coup de tonnerre, elle éprouve au cœur une douleur violente, pousse un cri...

Clara est morte.

Page 1