‹ Daniel Vierge, sa vie, son œuvreChapitre 17 sur 31 · SCÈNE DE ** DUC ET SCULPTEUR " (Poème de ZORILLA · texte numérisé non relu

SCÈNE DE ** DUC ET SCULPTEUR " (Poème de ZORILLA

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el rey, « le cordonnier et le roi », et poète impeccable, a laissé de véritables chefs-d’œuvre, l’Ode A la statiie de Cervantes, Les Justices du roi Don Pedro, Y Introduccion au volume des Chants du Trouvère, entre cent autres pièces, dont l’absolue beauté est pour braver les âges.

Deux fois, même, sa fantaisie de grand artiste habile aux tours de force, se plut à la tâche malaisée de traduire Le Voile et la Chanson des Pirates, et sa maîtrise y réussit au gré même de Victor Hugo.

1894. — La Nonne Alferez ou, si vous préférez, la Dame capitaine, par sa soif d’aventures, les coups qu’elle porte et ceux qu’elle reçoit en courant les deux hémisphères, biscayenne portraiturée par Pacheco et Crescentio, n’évoque en rien la mémoire de Sainte- Térèse, mais fait quelque peu songer à Ida Saint-Elme, la contemporaine de Moreau, de Ney et de quelques autres parmi lesquels Napoléon, comme aussi à la spécialiste Demoiselle de Maupin de Théophile Gautier. Depuis 1624, successivement consignée par les Relacion de Bernardino de Guzman et de Simon Faxardo, mise au théâtre par Montalvan, la très véridique histoire de dona Catalina de

Eranso, récit d’une vie exaspérée, est aussi alertement contée par la traduction du regretté poète des Trophées, José Maria de Hérédia, que spirituellement illustrée par Vierge qui, tout en s’amusant, vient prouver que rien ne lui est étranger de la si originale Espagne. Vous trouverez là une trentaine de croquis délicieux par leur variété et leur endiablée fantaisie, par leur virtuosité rare, croquis confinant à la miniature, l’exiguïté du format, — in-321 — hostile à tout développement et réduisant malencontreusement la part d’un tel artiste, qui impose à tout la beauté parce qu’il a la beauté en lui, qu’il sait arter d’instinct, de fougue, d’embrâsement involontaire, comme dit Delacroix, et qu’il possède ce don rare entre tous de la chaleur secrète dans l’animation, lien de vie et de passion qui unit les personnages.

— La même année voit éclore, fleur exquise, Le Cabaret des trois vertus, de Saint-Juirs, qui fut un si joli esprit, affiné, délicat, généreux, conte de duels et de baisers deux fois illustré : par soixante-dix tableaux de genre où l’on sent que Vierge s’est amusé, par une Préface au style lapidaire, où l’on voit que de Hérédia s’est plu à rendre hommage au crayon de celui qui fut un peu son frère par l’amour de la grande lumière irradiant, incendiant les ors et les pierreries dont la resplendeur ravissait leurs yeux profonds, épris des magiques beautés.

1897. — Avec Châteaubriand, nous sommes encore en Espagne, sinon par la couleur et le style, du moins par le sujet de la Nouvelle, toute de déclamation et d’emphase plate et où il est lyriquement parlé du « pas varié » de l’héroïne qui, pourtant, n’est pas ballerine. Mais Vierge se charge de combler la différence et nous éblouit des splendeurs de Grenade, palais, jardins, costumes, aussi poète que Ferez de Hita chantant la lutte des deux grandes familles rivales,

Capulets contre Montaigus, les Zégris, féroces cavaliers islams, dont les forteresses sont autant de dents défendant les frontières, attirant à l’Alhambra et massacrant les Abencérages , ces méprisables fils de selliers, presque des infidèles, les Abencérages, déjà chantés, en 1565, par Antonio de Yillegas.

Ici le format, généreux, a permis à Vierge de donner libre carrière à son imagination et d’animer la sentimentale aventure d’Aben-Hamet et de doua Blanca de Bivar en une suite de quarante-quatre planches, qui sont autant de remarquables tableaux, conçus à la Delacroix. Et c’est superbe !

1902. — Un pays dont les mines d’or, après avoir produit neut mille francs en 1870, en produisent près de cinq cent mille en 1898, méritait d'intéresser une nation pratique. C’est ce qui explique la lutte entreprise, du 6 octobre 1899 au 31 mai 1902, par la libre Angleterre contre l’indépendance du peuple Boër, wards is moneg, lutte ayant finalement abouti à la création d’un nouveau timbre-poste, pécuniairement fort apprécié des philatélistes car il a coûté beaucoup de sang.

Ajoutons, pour la bonne règle, comme disent MM. les Commerçants, qu’en 1904, la production de l’or dans le monde a atteint la somme d’un milliard sept cent soixante-neut millions dont un quart, soit quatre cent quarante -trois millions, a été fourni par ledit Transvaal. Et voilà justifiée l’intervention d’Albion.

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