‹ Daniel Vierge, sa vie, son œuvreChapitre 29 sur 31 · L’ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

L’ESPAGNOLE

s'év a de ii ■

h\\x instincts pervers,- Escamillo, mn.

s, I)on José; cœur éperdu de jaloux , si' ie mieux ton amour une ta vie enragée! Quel cadre, q>i i ‘ '

>ù l’Espagne se trouve ( ic . ’ m de Mérimée, datant de 18,; 4 l t ■ 1 • ■ / '*r Charles Meunier. Dan .»

11 ( s Arts Biblfophiliques , que pu

1 » u n, en un excellent article e >n-.

■ n cnt, comme le dernier legs de îconire étrange et dramatique de v u i ne frappé au moment même où <• tp esentant les Funérailles du duc de (j ir ‘ * . laissant voir le profil si hautain et m

1 °rt, ai- milieu des cier-

qui l’on doit une si lumineuse Etude sur Cervantes et aussi cette fine et ironique Moralité à deux personnages, Don Quichotte ou Les deux héritages, publiée dans la Revue des deux mondes du 1er Juillet 1850, et que Vierge connaissait bien.

Cependant, avant qu’il soit tenu quitte de vivre, une douleur encore est réservée à son cœur. Sa mère, venue à Paris et pour quelques jours installée rue Gutenberg, à Boulogne-sur- Seine, y meurt, presque subitement, le 2 avril 1904, jour du Vendredi-saint.

Au milieu de son deuil et de ses larmes, comme le dieu qui aveugle les rois vient de permettre qu’éclate la guerre russojaponaise, on s’adresse à lui pour illustrer le Programme d’une fête au bénéfice des blessés des deux nations. En sa magistrale composition se résume le cri de pitié du monde entier :

Sur deux continents séparés par le flot, à gauche un géant soldat russe auprès d’un ours furieux ; à droite, un petit soldat japonais auprès d’un dragon vengeur. Et au fond, comme rebroussant d’horreur, dardant un feu de malédiction, le soleil s’abîme dans les flots.

Hélas ! dernière lueur. Comme le soleil que de ses yeux d’aigle il a regardé en face pour en saisir la fulgurance et en irradier son œuvre, bientôt il va disparaître, s’abîmant dans l’inconnu.

Le printemps s’éveille, nature frémit, les frondaisons verdissent et déjà commence la querelle des nids. C’est l’espoir. Non.

Un mois après sa mère, Daniel, à nouveau frappé, le matin du 2 mai, meurt à onze heures et demie, après avoir crayonné le dernier de ses croquis, daté de la veille, une poétique chaumière dans la tendre buée de l’aube diaphane.

Vierge attendait la publication d’un beau livre de sa façon,

déjà feuilleté par son imagination. Il ne le feuilleta pas autrement. Il ne l’aura pas vu, le beau livre affirmant une fois de plus et d’éclatante façon la toute puissante originalité de ce créateur ayant marqué de maîtrise absolue et de personnalité superbement tranchée la moindre de ses œuvres légères, ayant doté l’art d’une façon de voir nouvelle, inconnue avant lui.

« L’homme est un balancier qui frappe une monnaie à son coin 'i>, a tout justement dit Aloysius Bertrand, l’auteur de ces Fantaisies à la manière de Rembrandt et de Callot, qui resteront l’œuvre dernière produite par l’ingénieuse imagination du compatriote de Cervantes, mais dont l’éditeur, à l’instant où nous écrivons ces lignes, adieu au disparu, n’a pu donner encore le bon à tirer, nul vouloir ne pouvant éviter ces mille obstacles dont sont fatalement retardées des publications comme celle de Gaspard de la Nuit... de cette même nuit où Vierge est allé rejoindre le bon prosateur, comme lui victime des félonies du sort, nuit qui pour tous deux est l’aurore, l’éternelle aurore !

Paris : 15 Janvier-20 Mars 1905.

Page 1