EN MANIÈRE DE CONCLUSION
Voici des années que, dans la campagne brésilienne,- deux gamins ingénus, Luis et Pedro, dont nous avons, au début de ce livre, surpris la discussion, allaient raisonnant d'inventions mécaniques. Tous deux sont à Paris depuis quelque temps. Ils étaient là quand je gagnai le prix de navigation aérienne. Ils passèrent et Monte-Carlo l'hiver de 1901-1902. Ils avaient de bonnes places à la revue du 14 juillet 1903. Une pratique assidue des publications scientifiques et la lecture des quoli-
dions ont notablement accru leurs connaissances. Ils se disposent aujourd'hui h rentrer au Brésil. Un de ces derniers jours, assis sur la terrasse de la Cascade au bois de Boulogne, ils agitaient le problème de la navigation aérienne.
— Ces tentatives avec ce qu'on appelle des dirigeables ne peuvent nous rapprocher d'une solution, dit Pedro. Voyez : ils sont remplis d'une substance, l'hydrogène, quatorze fois plus légère que l'air dans lequel ils flottent. On ne fait pourtant pas passer une chandelle au travers d'un mur en briques. .
— Pedro, demanda Luis, vous rappelez-vous vos objections contre mes roues de charrette?
— Contre ma locomotive ?
— ( Contre le bateau à vapeur?
— Notre seul espoir de naviguer dans Pair, continua Pedro, sans répondre à ces interruptions, nous devons le chercher dans la nature des choses, dans le « plus lourd que l'air », dans la machine voîanle ou aéroplane. Raisonnez par analogie. R egardez l'oiseau ...
— Vous m'avez, une fois, conseillé de regarder le poisson, fit Luis. Vous en souvient-il? Vous me disiez que le bateau h vapeur doit pouvoir se tortiller dans l'eau...
— Soyez sérieux, Luis, trancha Pedro. Procédez de bon sens. Est-ce que l'homme vole? Non. Estce que l'oiseau vole? Oui. Si donc l'homme veut voler, qu'il imite l'oiseau. La Nature a fait l'oiseau. Et la Nature est infaillible