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COMMUNION DES VIVANTS ET DES MOHTS

bûchers, on cherchera à éteindre 1 idée renaissante.

Mais l’esprit « souffle où il veut ». En dehors de l’Église, parmi les hérétiques, les manifestations continuent. Avec Jeanne d’Arc, elles revêtiront un tel caractère de grandeur que, devant elles, la critique la plus malveillante hésite, désarme et se tait.

Les temps ont changé. Dans le passé, la communion des âmes a été surtout le privilège des sanctuaires, la préoccupation de quelques groupes d'initiés. En dehors de ces milieux éclairés, asiles de l’antique ^sagesse, les manifestations d’outre-tombe étaient trop souvent considérées comme surnaturelles et mêlées à des pratiques superstitieuses qui en dénaturaient le sens. L’homme, ignorant des lois de la nature et de la vie, ne pouvait saisir l’enseignement caché sous les phénomènes.

Pour préparer le mouvement actuel des idées et la compréhension de ces faits,il a fallu l'immense travail des siècles et les découvertes de la science. Celle-ci a fait son œuvre. Quoique bien incomplète encore, elle a tout au moins exploré le domaine matériel, depuis les couches profondes du sol jusqu’aux abîmes de l’espace. Elle nous a dit l’histoire de la terre, sa genèse, son évolution. Elle a dénombré les mondes qui gravitent dans le ciel, calculé leur poids, leur dimension, leur marche. L’homme s’est rendu compte du peu de place qu’il occupe dans l’univers; s’il a appris à connaître la grandeur de son intelligence, par contre, il a pu mesurer la faiblesse de ses sens.

La vie s'est révélée partout, dans le domaine des êtres microscopiques comme à la surface des globes qui rou lent dans l’étendue. L’étude du inonde invisible vient, compléter cette ascension de la science ; elle ouvre à la penséedes horizons nouveaux, des perspectivesinfinies. Désormais, la connaissance de l ame et de ses destinées ne sera plus le privilège des sages et des initiés. L’humanité tout entière est appelée à participer aux biens spirituels qui constituent son patrimoine. Comme le soleil se lève pour tous les regards, la lumière de l’audelà doit rayonner sur toutes les intelligences en échauffant tous les cœurs.

^ IL — Le Spiritisme et la Femme.

On rencontre d’excellents médiums dans les deux sexes; pourtant, c’est à la femme que semblent dévolues les pJus belles facultés psychiques. Delà, le grand rôle qui lui échoit dans la diffusion du nouveau spiritualisme.

Malgré les imperfections inhérentes à tout être humain, la femme, pour qui l’étudie impartialement, ne peut être qu’un sujet d’étonnemeut et parfois d’admiration. Ce n’est pas seulement sous ses traits que se réalisent, dans la nature et dans l’art, les types de la beauté, de la pitié, de la charité; sous le rapport des pouvoirs intimes, de l’intuition et de la divination, elle a toujours été supérieure à l’homme. C’est parmi les filles d'Eve que l’antiquité a trouvé ses célèbres

LE SPIRITISME ET LA FEMME

voyantes et sibylles. Ces pouvoirs merveilleux, ces dons d en haut, l’Eglise a cru devoir les flétrir etles supprimer au moyen âge, à laide des procès de sorcellerie (I). Ils retrouvent aujourd’hui leur^ application ; car c’est surtout par la femme que s’affirme la communion avec la vie invisible.

Une fois de plus, la femme se révèle dans son rôle sublime de médiateur. Médiateur, elle l est dans toute la nature. D’elle vient la vie; elle en est la source même, le régénérateur de la race humaine qui ne subsiste et ne se renouvelle que par son amour et ses tendres soins. Et ce rôle prépondérant qu’elle joue dans le domaine de la vie, elle vient encore l'accomplir dans le domaine de la mort ; mais nous savons que la mort et la vie sont une, c’est-à-dire les deux formes alternantes, les deux aspects continus de l’existence.

Médiateur, la femme l’est-aussi dans le domaine des croyances. Elle a toujours servi d’intermédiaire entre la foi nouvelle qui monte et la foi ancienne qui décline et s’appauvrit. Ce fut son rôle dans le passé, aux premiers temps du christianisme ; c’est encore son rôle dans le présent.

Le catholicisme n’a pas compris la femme, à qui il devait tant. Ses moines, ses prêtres, vivant dans le

(1) Voir Michelet, la Sorcière, passim. Joseph Fabre, Procès de condamnation de Jeanne d'Arc. Delagrave, édil. ('. Flammarion, dans sa préface au livre de M. Sage sur Madame Piper , dit ceci : « La dernière victime des procès de sorcellerie est Anna Gœldi, suppliciée à Glaris (Suisse) le 7 juin 1784. Pendant quatorze siècles, on a exécuté plus d’un demi-million d’hommes et de femmes sous prétexte de sorcellerie ».

célibat, loin de la famille, ne pouvaient apprécier le charme et la puissance de cet être délicat, en qui ils voyaient plutôt un danger.

L’antiquité païenne a eu cette supériorité sur nous, de connaître et de cultiver l’âme féminine. Ses facultés s’épanouissaient librement dans les mystères. Prêtresse dans les temps védiques, à l’autel domestique, mêlée intimement, en Egypte, en Grèce, en Gaule, aux cérémonies du culte, partout la femme était l’objet d’une initiation, d'un enseignement spécial, qui en faisaient un être presque divin, la fée protectrice, le génie du foyer, la gardienne des sources de la vie. C’est à cette Compréhension du rôle de la femme, personnifiant en elle la nature, avec ses intuitions profondes, ses sensations subtiles, ses divinations mystérieuses, qu’est due la beauté, la force, la grandeur épique des races grecque et celtique.

Car telle est la femme, tel est l’enfant, tel sera l’homme. C’est la femme qui, dès le berceau, façonne l’âme des générations. C’est elle qui fit ces héros, ces poètes, ces artistes dont les actions, dont les œuvres rayonnent à travers les siècles. Jusqu’à sept ans, l’enfant restait, dans le gynécée, sous la direction de la mère. Et l’on sait ce que furent les mères grecques, romaines, gauloises. Mais pour accomplir cette mission sacrée de l’éducation, il fallait l’initiation au grand mystère de la vie et de la destinée, la connaissance de la loi des préexistences et des réincarnations; car cette loi, seule, donne à la venue de l’être qui va éclore sous l’aile maternelle, son sens si touchant et si beau.

LE SPIRITISME ET LA FEMME

Cette influence bienfaisante de la femme initiée qui rayonnait sur le monde ancien comme une douce clarté, fut détruite par la légende biblique de la chute originelle.

D’après les Écritures, la femme est responsable de la déchéance de l’homme ; elle perd Adam et, avec lui, toute l'humanité; elle trahit Samson. Un passage de l’Ecclésiaste la déclare « une chose plus amère que la mort ». Le mariage môme paraît un mal : « Que ceux qui ont des épouses soient comme s’ils n'en «avaient pas », secrie Paul.

Sur ce point comme sur tant d’autres, la tradition et l'esprit judaïques ont prédominé dans l’Eglise sur les vues du Christ, qui fut toujours bienveillant, secourable, affectueux pour la femme. En toutes circonstances, il la couvre de sa protection ; il lui adresse ses paraboles les plus touchantes. Toujours, il lui tend la main, même quand elle est flétrie, même quand elle est tombée. Aussi, les femmes, reconnaissantes, lui forment une sorte de cortège; plusieurs l’accompagneront jusqu'à la mort.

Pendant de longs siècles, la femme a été reléguée au second plan, abaissée, exclue du sacerdoce. Par une éducation puérile, étroite, superstitieuse, on l a entourée de liens ; on a comprimé ses plus belles aptitudes, obscurci, refoulé son génie (1).

ri‘» Un concile, celui de Mâcon ( 585 ), s’est réuni pour discuter « si la femme a ou n’a pas d’âme ».

La situation de la femme, dans notre civilisation, est difficile, parfois douloureuse. La femme n’a pas toujours pour elle les lois et les usages ; elle est entourée de mille pièges, et si elle faiblit, si elle succombe, rarement une main secourable se tend vers elle. Le relâchement des mœurs a fait de la femme la victime du siècle. La misère, les larmes, la prostitution, le suicide, tel est le sort d’un grand nombre de pauvres créatures dans nos sociétés opulentes.

Une réaction se produit. Sous le nom de féminisme, un mouvement s’accentue, légitime dans son principe, exagéré dans son but; car, à côté de justes revendications, il affirme des vues qui feraient de la femme, non plus une femme, mais une copie, une parodie de l’homme. Le mouvement féministe méconnaît le véritable rôle de la femme et tend à la rejeter loin de sa voie naturelle et normale. L'homme et la femme sont nés pour des rôles différents, mais complémentaires. Au point de vue de l’action sociale, ils sont équivalents et inséparables.

Le spiritualisme moderne, par ses pratiques et ses doctrines, toutes d’idéal, d’amour, d’équité, juge autrement la question et la résout sans effort et sans bruit. Il rend à la femme sa vraie place dans la famille et dans l'œuvre sociale, en lui montrant le rôle sublime qu il lui appartient de jouer dans l’éducation et l'avancement de l’humanité II fait plus. Elle redevient, par lui, le médiateur prédestiné, le trait d'union qui relie les sociétés de la terre à celles de l’espace.

La grande sensibilité de la femme fait d’elle le médium par excellence, capable d’exprimer, de traduire

LE SPIRITISME ET LA FEMME

les pensées, les émotions, les souffrances des âmes, les divins enseignements des esprits célestes. Dans l’appli cation de ses facultés, elle trouve des joies profondes, une source vive de consolations. Le côté religieux du spiritisme l'attire et satisfait les aspirations de son cœur, ses besoins de tendresse qui s’étendent par delà la tombe sur les êtres disparus. L’écueil, pour elle, comme pour l’homme, c’est l’orgueil des puissances acquises, c’est l’extrême susceptibilité. La jalousie, en suscitant des rivalités entre médiums, devient souvent une cause de désagrégation pour les groupes.

De là, la nécessité de développer chez la femme, en même temps que ses pouvoirs intuitifs, ses admirables qualités morales, l'oubli de soi-même, la joie du sacrifice ; en un mot, le sentiment des devoirs et des responsabilités attachés à sa mission médiatrice.

Le matérialisme, ne voyant en nous que l’organisme physique, fait de la femme un être inférieur par sa faiblesse et l’entraîne vers la sensualité. Avec lui, cette fleur de poésie se penche sous le poids des influences dégradantes, se déprime et s’avilit. Privée de son rôle médiateur, de sa pure auréole, devenue l’esclave des sens, elle n’est plus qu’un être instinctif, impulsif, ouvert aux suggestions de l’amour malsain. Le respect mutuel, les fortes vertus domestiques disparaissent; la mésintelligence, l’adultère, se glissent au foyer ; la famille se dissout; le bonheur s’évanouit. Une jeune

génération, sceptique, désenchantée, surgit du sein d’une société en décadence.

Mais avec le spiritualisme, la femme relève son front inspiré. Elle s’associe étroitement à l’œuvre d’harmonie sociale, au mouvement général des idées. Le corps n’est qu’une forme d’emprunt ; l’essence de la vie, c’est l’esprit et, à ce point de vue, l’homme et la femme sont également partagés. Ainsi, le spiritualisme moderne reprend les vues de nos pères, les Celtes ; il établit l’égalité des sexes sur l’identité de la nature psychique et le caractère impérissable de l’être humain. 11 leur fait une place égale dans les groupes d’étude.

Par le spiritualisme, la femme se dégage de l’abîme des sens et remonte vers la vie supérieure. Son âme s’illumine d’un plus pur rayon ; son cœur devient le foyer de tendres sentiments et de nobles passions. Elle reprend au foyer sa mission toute de grâce, de pitié, de dévouement, son grand et divin rôle de mère, de sœur, d’éducatrice, de doux conseiller.

Dès lors, la lutte des deux sexes prend fin. Les deux moitiés de l'humanité s’unissent, s’équilibrent dans l’amour pour coopérer ensemble au plan providentiel, aux œuvres de l’intelligence divine.

Nous savons que tout vibre et rayonne dans l’univers, car tout est vie, force, lumière. La nature, dans ses moindres atomes, est pénétrée d’une énergie infinie, source de tous les phénomènes. De même, chaque

esprit, libre ou incarné, a, selon son état d'avancement ■et de pureté, un rayonnement de plus en plus intense, rapide, lumineux.

La loi des attractions et des correspondances régit toutes choses; les vibrations, en attirant des vibrations similaires, rapprochent et unissent les cœurs, les âmes, Jes pensées.

Nos convoitises, nos désirs mauvais, créent autour de nous une atmosphère lluidique malsaine, favorable à l’action des inlluences de même ordre, tandis que les hautes aspirations attirent les vibrations puissantes, les radiations des sphères supérieures.

Tel est le principe de l’évolution ; il réside dans le pouvoir de l’être de s’assimiler les forces mystérieuses de la nature, pour s’élever avec leur aide et remonter de degré en degré vers la cause des causes, vers la source intarissable d’où découle toute vie.

L’échelle ascensionnelle comporte des plans successifs et superposés; sur chacun d’eux des êtres sont doués du même état vibratoire, de moyens de perception analogues qui leur permettent de se reconnaître les uns les autres, tandis que restent invisibles, et souvent même inconnaissables pour eux, les êtres des plans supérieurs, par suite de leur état vibratoire plus rapide et de leurs conditions de vie plus subtiles -et plus parfaites.

C’est ce qui se produit pour les esprits, entre eux, selon leurs dilïéreDts degrés d’épuration et pour nousmêmes par rapport à eux. Mais de même qu’on peut agrandir le champ de la vision humaine, à l’aide des instruments d’optique, de même on peut accroître ou

réduire la somme des vibrations, de façon à atteindre un état intermédiaire où les modes d’existence de deux plans distincts se combinent et entrent en rapport.

Pour communiquer avec nous, l’esprit devra amoindrir l’intensité de ses vibrations, en même temps qu'il activera les nôtres. L'homme y peut aider par sa volonté; le point à atteindre pour lui constitue l’état de médiumnité.

Nous savons que la médiumnité, dans la plupart de ses applications, est la propriété que possèdent certains d'entre nous de s’extérioriser à des degrés divers, de se dégager de leur enveloppe charnelle et de donner plus d’amplitude à leurs vibrations psychiques. De son côté, l’esprit que la mort a libéré s’enveloppe de ma tière subtile et amortit ses propres radiations pour se mettre à l’unisson du médium.

Ici, des chilïres explicatifs sont nécessaires. Admettons, à l’exemple de quelques savants, que les vibrations normales du cerveau humain soient au nombre de 1.000 par seconde. A l’état de /rance ou de dégagement, l’enveloppe lluidique du médium vibre avec plus de puissance, et ses radiations atteignent le chiiïre de 1.500 à la seconde. Si l’esprit, libre dans l’espace, vibre dans le même temps sous l’influence de 2.000 vibrations, il lui sera possible, par une matérialisation partielle, d’abaisser ce nombre à 1.500. Dès lors, les deux organismes vibrent sympathiquement: des rapports peuvent s’établir, le message de l’esprit sera perçu et transmis par le médium en/rancé.

C’est cette harmonisation des ondes vibratoires qui donne parfois au phénomène des incorporations tant

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de précision et de netteté. Dans les autres états de médiumnité, la pensée de l’esprit pourra également se communiquer par des vibrations correspondantes, quoique moins intenses que les vibrations initiales, de même qu'une note se répète d’octaves en octaves, depuis la clef la plus haute de la vibration harmonique jusqu’à la plus basse.

Chez l'homme, l’intelligence et le développement du cerveau sont en corrélation intime; l’une ne peut se manifester sans l’autre. A mesure que l’être monte sur l’échelle humaine, du plus sauvage au plus civilisé, le front grandit, le crâne s’élargit en même temps que l’intelligence s’épanouit. Quand le développement extérieur a atteint son apogée, la pensée augmente la puissance interne du cerveau en multipliant les lignes, en creusant des sillons. Elle dessine dès stries, des circonvolutions innombrables; elle élève des sommets. Elle fait du cerveau un monde merveilleux et compliqué, à tel point que l’examen de cet organe, encore vibrant des impressions de la vie qui vient de s’enfuir, est un des spectacles les plus captivants pour le physiologiste.

Nous avons là une preuve que la pensée travaille et façonne le cerveau, qu’il y a entre eux une relation étroite; il est Linstrumeut admirable, le clavier dont elle joue, dont elle tire toutes les harmonies de l’intelligence et du sentiment. Mais comment s’exerce son action sur la matière cérébrale? Par le mouvement. La

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pensée imprime aux molécules du cerveau des mouvements vibratoires d’une intensité variée.

Nous l’avons vu (1), tout, dans la nature, se résume en vibrations, perceptibles pour nous tant qu’elles sont en harmonie avec notre propre organisme, mais qui nous échappent dès qu’elles sont trop rapides ou trop lentes. Notre puissance de vision et d’audition est très limitée; mais, au delà des bornes qu’elle nous trace, les forces de la nature continuent à vibrer avec une rapidité vertigineuse sans que nous percevions rien.

Eh bien ! de même que les sons et la lumière, les sentiments ec les pensées s’expriment en vibrations qui se propagent dans l’étendue avec des intensités diverses. Les pensées de haine et décoléré, les tendres appels de l’amour, la plainte du malheureux, les cris de passion r les élans d’enthousiasme, s’en vont à travers l’espace, disant à tous l’histoire de chacun et l’histoire de l’humanité. Les vibrations des cerveaux pensants, d’hom mes ou d’esprils, se croisent et s’entre-croisent à l'infini sans jamais se confondre. Autour de nous, partout, dans l’atmosphère, roulent et passent, comme des fleuves sans fin, des courants d'idées, des flots de pen sées qui impressionnent les sensitifs etsontsouvent une cause de trouble et d’erreur dans les manifestations.

Nous disons : hommes ou esprits. En effet, ce que le cerveau humain émet sous forme de vibrations, le cerveau fluidique de l’esprit le rayonne sous forme d’ondes plus étendues, de radiations qui vibrent sous un rythme plus large et plus puissant, car les molécules

(1) Voir chapitre IV, la Médiumnité.

iluidiques, plus souples, plus malléables que les atomes du cerveau physique, obéissent mieux à l’action de la volonté.

Cependant ces cerveaux, spirituels et humains, contiennent les mêmes puissances. Mais, tandis qu’en notre cerveau mortel, ces puissances sommeillent ou vibrent faiblement, chez les esprits elles atteignent leur maximum d énergie. Une comparaison nous fera mieux saisir ce phénomène.

Cette comparaison, Ch. Draw baril (1) la trouve dans un bloc de glace, où sont contenues à l'état latent toutes les potentialités qui retiennent unis les cristaux dont il se compose. En soumettant ce bloc à l'action de la chaleur, vous en dégagerez des forces qui iront croissant jusqu'à ce que, passé à l’état de vapeur, il ait recouvré et manifesté toutes les énergies contenues en lui. Notre cerveau serait comparable à ce bloc de glace, vibrant faiblement sous l'action restreinte de la chaleur, alors que celui de l’esprit sera la vapeur devenue invisible parce qu’elle vibre et rayonne avec trop de rapidité pour tomber sous nos sens.

La différence des états se complique de la variétédes impressions. Sous l’influence des sentiments qui les animent, depuis le calme de l’étude jusqu’aux orages de la passion, les âmes et les cerveaux vibrent à des degrés divers, suivant des vitesses différentes ; l'harmonie ne peut s’établir entre eux que lorsque leurs ondes vibratoires s'égalisent, comme c'est le cas pour

(1) Professeur Ch. Drawbarn, The Science of lhe Communication.

des diapasons identiques ou des plaques de téléphone. Un cerveau aux faibles et lentes impulsions ne peul s’harmoniser avec tel autre dont les atonies sont animés d'un mouvement qui tient du vertige.

Dans les communications spirites, la difliculté consiste donc à accorder des vibrations et des pensées différentes. C’est dans la combinaison des forces psychiques et des pensées entre le médium et les expérimentateurs, d’une pari ; entre ceux-ci et les esprits, de l’autre, qu'est toute la loi des manifestations.

Les conditions d'expérimentation sont favorables lorsque le médium et les assistants constituent un groupe harmonique, c’est-à-dire lorsqu’ils pensent et vibrent à l’unisson. Au contraire, lorsque les pensées émises, lorsque les forces rayonnées divergent, elles s’entravent, s’annulent réciproquement. Le médium, au milieu de ces courants contraires, éprouve une gêne, un malaise indéfinissable ; parfois même, il est comme paralysé, annihilé. 11 faudra une puissante intervention occulte pour produire le moindre phénomène.

(Juand l'harmonie est complète entre les forces émanées des assistants, quand les pensées convergent vers un même objet, une autre difficulté se présente. Cette union de forces et de volontés peut suffire à provoquer des effets physiques et môme des phénomènes intellectuels que l’on est trop porté à attribuer à l’intervention de personnalités invisibles. C'est pourquoi il est prudent et sage de n’admettre cette intervention que lorsqu’elle est établie par des faits précis.

Beaucoup de personnes s’étonnent et hésitent aux premières difficultés qu’elles rencontrent dans leurs tentatives de communiquer avec les esprits. Elles se demandent pourquoi leur intervention est chose si rare, si peu concluante, pourquoi l’humanité entière n’est pas familiarisée avec un fait de cette importance.

D’autres personnes, en poursuivant leurs recherches, obtiennent des preuves satisfaisantes et deviennent des adeptes convaincus. Cependant, elles objectent encore que leurs bien-aimés de l’espace, parents et amis défunts, malgré des désirs ardents et des appels réitérés, ne leur ont jamais donné le moindre témoignage de leur présence, et cet insuccès leur laisse un reste de choute, d'incertitude pénible. C’est le sentiment que M. Flammarion lui-même exprimait dans une publication récente.

Or, tout expérimentateur éclairé s’expliquera aisément la cause de ces mécomptes. Votre désir de communiquer avec un esprit et un semblable désir de celuici ne suffisent pas. Il faut encore que d’autres cou0i tions, déterminées par la loi des vibrations, soient réunies. Sans l'harmonie des vibrations, il ne peut y avoir échange de pensées.

Votre invisible ami entend vos appels et cherche à vous répondre. Il sait que, pour communiquer avec vous, il faut que votre cerveau physique et son cerveau lluidique vibrent à l’unisson. Il y a là une première

difficulté. Sa pensée évolue avec trop de rapidité pour que vous puissiez la percevoir. Son premier soin sera donc d’en ramener les vibrations à un mouvement plus lent. Pour cela, une étude plus ou moins prolongée sera nécessaire elles chances de réussite varieront suivant les aptitudes et l'expérience de l'opérateur. S’il échoue, toute communication directe deviendra impossible et il devra confier à un esprit plus puissant ou. plus habile la transmission de ses messages. C’est ce qui arrive fréquemment dans les manifestations. Vous croyez avoir la pensée directe de votre ami, alors qu’elle ne vous parvient qu’à l’aide d’un intermédiaire spirituel. De là, certaines inexactitudes ou obscurités imputables au transmetteur et qui vous rendent per plexes, tandis que la communication, dans son ensemble, présente tous les caractères de l’authenticité.

Dans l'hypothèse ou votre ami de l'autre monde possède les pouvoirs nécessaires, il lui faudra rechercher un médium dont le cerveau, par ses mouvements vibratoires, soit susceptible de s’harmoniser avec le sien. Mais la variété est aussi grande entre les cerveaux qu'entre les voix ou les visages ; l’identité abso* lue n'existe pas. L'esprit en sera réduit à se contenter de l’instrument le moins impropre au résultat qu’il poursuit. Cet instrument trouvé, il s’attachera à en développer les qualités réceptives. Il pourra réussir en peu de temps; mais parfois, des mois, des années seront nécessaires pour amener le médium au degré de sensitivité voulue.

Ou bien, vous pouvez être vous-même ce médium, ce sensitif. Si vous avez conscience de vos facultés, si

vous vous prêtez à l'action (le l'esprit, vous arriverez certainement au but qu'il veut atteindre. Pour cela, il faudra à la fois patience, persévérance, continuité et régularité d'efforts. Ces qualités, les aurez-vous ? Votre puissance de volonté sera-t-elle toujours égale, toujours tendue ? Si vous agissez avec incohérence, aujourd'hui avec ardeur, demain faiblement, de telle façon que les vibrations de votre cerveau varient dans des proportions considérables, vous n’aurez pas à vous étonner de la différence et même de la nullité des résultats.

Il peut arriver que, se sentant impuissant à activer suffisamment, pendant l’état de veille, les vibrations de votre cerveau, votre ami invisible ait recours à la trance et cherche, par le sommeil, à vous rendre inconscient. Alors votre périsprit s’extériorise; ses radiations s’accroissent, s'étendent ; la transmission devient possible ; vous exprimez la pensée de l’esprit. Mais, au réveil, vous n’en aurez nul souvenir et ce sera par les autres que vous apprendrez ce que votre bouche aura proféré.

fous ces phénomènes sont réglés par des lois rigoureuses ; quels que soient vos facultés, vos désirs, si vous ne pouvez y satisfaire, vos parents, vos amis défunts, toutes les légions invisibles agiraient en vain sur vous. Mais voici des inconnus, hommes ou femmes, que le hasard semble mettre sur votre chemin. Ils ne savent rien de ces choses. Pour eux, la science de Tau delà peut être lettre close ; cependant ils possèdent un organisme qui vibre harmoniquement avec la pensée de vos proches, de votre frère, de votre mère, et par

eux, ceux ci peuvent avoir avec vous des entretiens pleins d’abandon.

A titre d'exemple, je puis citer le fait suivant : Mon père, décédé depuis une quinzaine d’années, n’avait jamais pu se communiquer au sein du groupe, dont j’ai longtemps dirigé les travaux, par aucun des médiums qui s’y sont succédé. A peine l’un d’entre eux avait-il pu l’entrevoir comme une ombre vague, indistincte. J avais perdu tout espoir de m’entretenir avec lui, lors qu'un soir, à Marseille, au cours d’une visite d’adieux faite à une famille amie, une dame, que l’on n'avait pas vue depuis plus d une année, se présente et se joint à nous. Au milieu de notre entretien, elle s’endort d’un sommeil spontané, et par elle, à ma grande surprise, l’esprit de mon père, qu elle n’avait jamais connu, se manifeste, me donne les preuves d'identité les plus irrécusables et, dans une effusion pleine de tendresse, m'exprime les sensations, les émotions profondes qu’il avait ressenties depuis l’heure de la séparation.

De l’ensemble des études sur les vibrations harmoniques des cerveaux, une constatation se dégage. C’est que, par l’orientation et la persistance de nos pensées, nous pouvons modifier les influences qui nous entourent et nous mettre en rapport avec des forces et des intelligences similaires. Ce fait n'est pas seulement exact pour les sensitifs et les médiums; il l’est pour tout être pensant. Les influences de l’au-delà peuvent

LES LOIS dp; la communication SPJMTE

rayonner sur nous sans qu’il y ait communication consciente avec les êtres qui le peuplent. Il n’est pas nécessaire (le croire à l'existence du monde des esprits, de vouloir le connaître, pour en ressentir les elïets. La loi des attractions est inéluctable ; tout, dans l’homme, y est soumis. Aussi la critique que l’on adresse aux spirites d’attirer exclusivement à eux, par leurs pratiques, les forces mauvaises de l’univers, tombe devant les faits.

Il dépend de l’homme de recevoir les inspirations les plus diverses, depuis les plus sublimes jusqu’aux plus grossières. Notre état mental est comme une brèche par laquelle amis ou ennemis peuvent pénétrer en nous. Les sensuels attirent à eux des esprits sensuels qui s’associent à leurs désirs, à leurs actes et en accroissent l’intensité ; les criminels appellent des esprits de meurtre qui les poussent plus avant dans la voie du mal. L'inventeur est aidé par des chercheurs de l’au-delà. L’orateur perçoit des images qu’il fixera en des formes de langage propresà émouvoir les foules. Le penseur, le musicien, le poète recevront les vibrations des sphères où le beau et le vrai sont l’objet d’un culte; des âmes puissantes leur apporteront les trésors de l’inspiration, le souffle qui passe sur les fronts rêveurs et donne le talent, le génie.

Ainsi, d’un plan à l'autre, l’esprit répond aux appels de l’esprit. Tous les plans spirituels se relient les uns aux autres. Les instincts de haine, de cruauté, de débauche attirent les esprits de l’abîme. La frivolité attire les esprits légers; mais la prière de l'homme de bien, rson appel aux esprits célestes s’élève et se répercute de

DANS LIN VISIIU.E

note en note, sur une gamme ascendante, jusqu'aux sphères les plus hautes, en même temps que, des régions profondes de l'infini, descendent sur lui les ondes vibratoires, les effluves de la pensée éternelle qui le pénèlrent d*un courant de force et de vie. L’univers tout entier vibre sous la pensée de Dieu.

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