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LE SPIRITISME EXPÉRIMENTAL ; LES FAITS

XII. — Extériorisation de l’être humain; télépathie; dédoublement; les fantômes des vivants

L’homme est encore, pour lui-même, un vivant mystère. De son être, il ne connaît et n utilise que la surface. Sa personnalité a des profondeurs ignorées où dorment des forces, des conuaissances, des souvenirs accumulés par les existences passées, tout un monde d idées, de facultés, de puissances que l'enveloppe charnelle cache et éteint; mais qui se réveillent et entrent en action dans le sommeil normal et dans le sommeil magnétique.

C’est là le mystère de Psyché, c'est-à-dire de l’ârae enfermée avec ses trésors dans la chrysalide de chair et qui s'en dégage à certaines heures, s’affranchit des lois physiques, des conditions de temps et d’espace, et s’affirme dans sa puissance spirituelle.

EXTÉRIORISATION DE l’ÈTRE HUMAIN 1^1

Tout est rythme et alternance dans la nature. De même que le jour succède à la nuit et l’été à l’hiver, la vie libre de Taine succède au séjour dans la prison corporelle. Mais Tâme se dégage aussi dans le sommeil; elle se retrouve dans sa conscience agrandie, dans cette conscience par elle construite lentement, à travers les âges ; elle se ressaisit, se considère, devient pour elle-même un sujet d’étonnement. Son regard plonge dans les couches obscures de son passé; elle y retrouve tous ses acquis mentaux, toutes les richesses accumulées au cours de son évolution et que la réincarnation avait ensevelies. Ce que le cerveau concret était impuissant à exprimer, son cerveau fluidique le manifeste, le rayonne avec une intensité d’autant plus vive que le dégagement est plus complet.

Le sommeil n’est pas autre chose, en réalité, que la sortie de Tâme du corps. Dans le sommeil ordinaire, l’être psychique s’éloigne peu; il ne recouvre qu’en partie son indépendance et reste presque toujours étroitement lié au corps. Dans le sommeil provoqué, le dégagement s’accentue à tous les degrés. Sous Tinlluence magnétique, les liens qui attachent Tâme au corps se relâchent peu à peu. Plus l’hypnose, plus la trance est profonde, plus Tâme se détache et s’élève. Sa lucidité s’accroît; sa pénétration s’étend; le cercle de ses perceptions s’élargit. En même temps, les couches obscures, les régions cachées du moi se dilatent, s’éclairent, entrent en vibration; toutes les acquisitions du passé se réveillent. Les facultés psychiques : vision à distance, audition, divination, entrent en jeu. Avec les états supérieurs de la trance,

nous parvenons aux derniers confins, aux extrêmes limites de la vie physique. L’être vit déjà de la vie de l esprit et en exerce les pouvoirs. Un degré de plus, le lien tluidique qui retient l’âme au corps serait rompu. Ce serait le détachement absolu, définitif, la mort.

Nous allons indiquer quelques-uns des faits d’après lesquels on peut établir que l’âme a une existence propre, indépendante du corps, et tout un ensemble de facultés s’exerçant sans le concours des sens physiques.

D’abord, pendant le sommeil normal, lorsque le corps repose, que les sens sont inactifs, nous pouvons constater qu’un être veille et agit en nous, qu’il voit et entend à travers les obstacles matériels, murs ou portes, et à toutes distances. Dans le rêve, des images se succèdent, des tableaux se déroulent, des voix sont entendues; des entretiens s’établissent avec des personnages divers. L’être fluidique se déplace, voyage, plane sur la nature, assiste à une foule de scènes, tantôt incohérentes, tantôt claires et précises, et tout cela s’accomplit sans le concours des sens matériels, l’œil étant fermé et l’oreille ne percevant plus.

Dans certains cas, la vision psychique durant le sommeil a autant de netteté et d’exactitude que la vision physique pendant la veille. Ceci est démontré par les témoignages d’expérimentateurs consciencieux et savants.

EXTÉRIORISATION DE l’ÊTRE HUMAIN 1^3

M. Varley, ingénieur en chef des télégraphes de la Grande-Bretagne, dans sa déposition lors de l’enquête ouverte par la Société de dialectique, à Londres, rapporte le fait suivant (i) :

Étant en voyage, il descendit au milieu de la nuit dans un hôtel, se coucha et s’endormit. Pendant son sommeil, il vit en songe la cour de cet hôtel et remarqua que des ouvriers y travaillaient. S étant suggéré la pensée du réveil, aussitôt levé, il put constater la réalité de son rêve. La disposition di la cour et la place occupée par les ouvriers étaient bien telles qu'il les avait vues en esprit. Or c’était la première fois qu’il descendait en ce lieu.

M. Camille Flammarion, dans i Inconnu et les Problèmes psychiques (2), cite un grand nombre de cas de vision à distance pendant le sommeil. En voici quelques-uns :

M. G. Parent, maire de Wiège (Aisne), assiste, en rêve, à un incendie qui détruit la ferme d’un de ses amis, à Chevennes.

M. Palmero, ingénieur des Ponts-et-Chaussées à Toulon, apprend, par un rêve de sa femme, l’arrivée inattendue de son père et de sa mère, qu’elle voit, en mer, sur un paquebot.

M. P., docteur en droit à Philippe ville, rapporte le rêve d’une dame de ses amies. Dans son sommeil, elle vit un naufrage qui causa la perte d’un navire et d’une centaine de personnes, fait qui fut confirmé le lendemain dans tous ses détails.

(1) Proeecdings , t. I.

(2) Pages ',11 à ^89.

DANS L’iNVISIBLE

M. Lee, fils de l’évèque protestant d'Iowa (E. U.), vit en rêve, à une distance de plus de 5 kilomètres, son père tomber dans un escalier. Ce fait est attesté par plusieurs témoins, et entre autres par M. Sullivan, évêque d’Algowa.

M. Carrau, d’Angers, a vu son frère mourir à Saint-Pétersbourg et ses enfants à genoux près du lit de mort.

Un Français, mécanicien à Foutchéou, vit une nuit son jeune enfant, laissé en France, mort du croup sur un édredon rouge. Il fit part de son rêve à un de ses amis qui se moqua de sa crédulité. La première lettre qu’il reçut provenait de sa femme et annonçait le décès dans les mêmes conditions qu’il avait vues en songe.

M. Orieux, agent voyer en chef de la Loire-Inférieure, étant à Carthagène, assiste en rêve aux obsèques de sa meilleure amie, dont il ignorait le décès et qui habitait Nantes.

M. Jean Dreuilhe, de Paris, perçoit en rêve la chute mortelle, dans un escalier, du général de Cossigny, ami de sa famille.

Le maréchal Serrano annonce à Madrid la mort inattendue d’Alphonse XII, au Prado, mort qu’il avait perçue en rêve.

Voici quelques cas empruntés aux Proceedings (procès-verbaux de la Société des recherches psychiques de Londres) (1),

« Mme Broughton s'éveilla une nuit, en J8U, à Londres et réveilla son mari pour lui dire qu’un grave événement était arrivé en France. Elle avait été témoin, en rêve, de l’accident de voiture dont le duc d’Orléans fut victime. Elle avait vu le duc gisant sur un lit ; des amis, des membres de la famille royale, arrivaient en toute bâte; le roi et la

(i) T. I, p. 3 o ; t. H, p. ifo.

EXTÉRIORISATION DE Ï^ÈTRE HUMAIN GjO

reine parurent et assistèrent tout en larmes aux derniers moments du duc. Aussitôt qu’il fit jour, elle transcritsur un journal les détails de cet événement. Ceci se passait avant l'invention de la télégraphie et ce ne lut que deux jours après que le Times annonça la mort du duc. Comme elle visitait Paris, quelque temps après, elle vit et reconnut l’endroit où l’accident avait eu lieu ».

« Le 9 septembre 1848, pendant le siège de Mooltan, le major général R..., étant gravement blessé, pria un officier de retirer la bague qu'il avait au doigt et de l’envoyer à sa femme qui était à 150 milles de là. Au même moment, cette dame, étant endormie, vit distinctement son mari, que l’on transportait loin du champ de bataille, et l’entendit dire : « Prenez cette bague et envoyez-la à ma femme. »

Les mêmes phénomènes se produisent dans le sommeil magnétique. G. Flammarion en cite plusieurs exemples. Entre autres,celui de la femme d’un colonel de cavalerie, qui, dans l'état magnétique, voit le suicide d’un officier, à 4 kilomètres de distance (I).

L’esprit de certaines personnes continue à travailler pendant le sommeil, et, à l’aide des connaissances acquises dans le passé, parvient à réaliser des œuvres considérables.

On en peut citer des exemples célèbres :

Voltaire déclare avoir conçu, une nuit, dans un rêve, un chant complet de la Ilenriade.

La Fontaine composa en rêvant la fable des Deux Pigeons.

Coleridge s’endormit en lisant, et, à son réveil, il

i) Voir l'Inconnu el les Problèmes psychiques, pp. Vj-L /j<)4,

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se rappela avoir composé, en dormant, deux cents versqu’il n'eut qu’à écrire.

Des compositeurs, S. Bach, Tartini, entendent, dans leur sommeil, l’exécution de sonates qu’ils ne parvenaient pas à terminer à leur gré. Aussitôt réveillés, ils les écrivent de mémoire.

Dans tous ces cas, l’activité intellectuelle et la puissance de travail semblent plus grandes dans le sommeil que pendant la veille.

L’action de famé, à distance, sans le secours des sens, se révèle même pendant la veille dans les phénomènes de la transmission de pensée et de la télépathie.

Nous savons (1) que chaque être humain possède un dynamisme propre, un état vibratoire qui varie à l’infini, suivant les individus, et les rend aptes à produire chez les autres et à percevoir eux-mêmes des sensations psychiques très variées.

Les vibrations de notre pensée, projetées avec intensité de volonté, se propagent au loin et peuvent influencer des organismes en affinité avec le nôtre ; puis, en suscitant une sorte de choc en retour, revenir au point d’émission. Ainsi deux âmes, reliées par les ondulations d’un même rythme psychique, peuvent sentir et vibrer à l’unisson. Parfois, un dialogue mystérieux s’engage de près ou de loin; des pensées, trop

(i) Voir chap. VIII.

EXTÉ R10 HIS AT ION DE l’ÈTRE HUMAIN I

subtiles pour être exprimées en paroles, s’échangent; des images, des messages, des appels flottent ou volent dans l'atmosphère fiuidique entre ces âmes qui, malgré la distance, se sentent unies, pénétrées d'un même sentiment, et font rayonner de l’une à l'autre les effluves de leur personnalité psychique

Ceux qui s’aiment correspondent souvent ainsi : ils échangent leurs joies et leurs tristesses. Mais le cœur a ses secrets qu’il ne livre pas volontiers. Une mère entend à travers l’espace les appels de son fils malheureux. Mille impressions nous assiègent qui proviennent des pensées lointaines de ceux qui nous sont chers (1).

Cette théorie s’appuie sur des preuves indiscutables :

Rappelons d’abord les expériences relatées dans les Proceedings (procès-verbaux) de la Société des recherches psychiques,de Londres. L’opérateuretle sujet, placés dans la même salle, mais séparés par un rideau, sans faire un geste, sans dire une parole, se transmettent silencieusement leurs pensées. La même expé rienceaété faite ensuite,avec succès, en plaçant l’opérateur et le percipient, d’abord dans deux salles, puis dans deux maisons différentes. Afin d’éviter tout coin pérage, les pensées à transmettre étaient inscrites d’avance et tirées au sort.

Les expériences faites par les psychologues et les magnétiseurs sont innombrables et accompagnées de

(i) Voir C. Flammarion, VInconnu et les problèmes psy 'hiques y pp. 3-22, 325, clc.

détails si précis, qu'il serait impossible de les expliquer par des hallucinations 1).

Citons seulement quelques cas récents, dont plusieurs sont inédits.

Le docteur Balme, de Nancy, soignait M me la comtesse de L... atteinte de dyspepsie. Elle se rendait à ses consultations et il ne pénétra jamais dans sa demeure, située hors de la ville. Trois jours après une de ses visites, le 19 mai 1899, rentrant chez lui et traversant l'antichambre, il entendit ces mots : « Comme je me sens mal et personne pour me secourir ! » puis il entendit le bruit d’un corps qui s'affaissait sur une chaise longue. La voix était celle de M me de L... 11 s'informa, mais nul dans la maison n’avait vu, ni entendu cette dame. 11 se retira dans son cabinet de travail, se recueilli!, et, s’étant placé en léger état d'hypnose, se transporta chez la dame et la vit. Il suivit tous ses faits et gestes et les nota minutieusement.

Lorsque M me de L... vint le voir, il lui communiqua ses impressions qui se trouvèrent exactes en tous points et conformes à la réalité des faits. « Après vous être retirée dans votre chambre, que paraissiez vous donc chercher autour de vous? » lui demanda-t-il. —« Il me semblait qu'on me regardait », répondit la dame ( v 2).

(1) Voir les expériences du baron du Potet, à l’IIôtel-Dieu Du Potct, Traité de magnétisme, passim); du magnétiseur Lafontaine (La Fontaine, Y Art de guérir) ; du professeur Ch. Richet et du docteur Ochorowicz {la Suggestion mentale ); docteur Moulin le Diagnostic de la suggestibilité ); de M. Boirac, recteur de rUnivers : .té tic Grenoble [Annales des sciences psychiques , 1S9G, p. 3 f>i ; Flammarion ( l'Inconnu el les problèmes psychiques : 5 ; expériences de transmission de pensée sans le secours des sens, ch. VI).

(2) Bulletin de la Société des Eludes psychhjues, de Nancy, avril 1901.

EXTERIORISATION' DE l/ÈTRE HUMAIN 1 ^îf

À l'exemple du docteur Gibert et de M. Pierre Janet dont le sujet, Léonie, obéissait à la suggestion à un kilomètre de distance fl), le docteur Balme avait le pouvoir de transmettre mentalement sa volonté à une demoiselle de Lunéville. 11 l’obligeait ainsi à venir dans son cabinet, à Nancy, réclamer ses soins. Un jour, ayant concentré et dirigé vers elle sa pensée, il prononça les paroles suivantes : « Venez, je vous attends par le train de midi. » A l’heure dite, la jeune fille entrait chez lui, disant : « Me voici » (2).

G. Flammarion, dans son bel ouvrage : L'inconnu el les problèmes psychiques , p. 352, cite le cas d’un enfant qui, dès l’âge de cinq ans, résolvait des problèmes 1res compliqués et répétait des mots et des phrases que sa mère puisait mentalement dans un livre. L’enfant ne calculait pas, mais lisait seulement dans la pensée de sa mère la solution des problèmes posés; dès que celle ci s’éloignait, il devenait incapable d’obtenir la moindre solution.

Selon M. G. Delanne (3), on doit ramener les états vibratoires individuels à trois types généraux, qu'il appelle visuels, auditifs et moteurs. On expliquerait par là la variété des perceptions chez les sensitifs et les médiums. Chez les sensitifs appartenant à ces divers types, les impressions produites par une même

(i) Voir Pierre Janet, Revue de Philosophie (août 1886).

{'>.) Bulletin de la Société des Etudes psychiques de Nancy , avril 1901.

( 3 ) Revue scientifique et morale du spiritisme (octobre 1901, PP- 19 (i) * 3 . * 94 )-

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cause revêtiront des formes différentes. L’action psychique d’un vivant, à distance, ou celle d’un esprit, provoquera chez les uns la vision d’une figure, d’un fantôme; chez les autres, l’audition de sons, de bruits, de paroles; elle suscitera des mouvements chez un troisième (1).

Les impressions peuvent également varier chez des sensitifs appartenant au même type sensoriel. La pensée initiale sera perçue par eux sous des formes distinctes, quoique le sens de la manifestation soit identique au fond. C’est ce que nous avons remarqué bien des fois dans nos propres expériences. Plusieurs médiums auditifs percevaient la pensée de l’esprit et la traduisaient en termes differents.

Ceci nous démontre qu’un grand nombre de phénomènes télépathiques doivent être rangés dans l’ordre subjectif, en ce sens qu’ils se produisent uniquement dans le cerveau du percipient. Quoique internes, ils ne sont pas moins réels. L’onde vibratoire, émanée d’une pensée étrangère, va frapper le cerveau du sujet et lui donne l’illusion d’un fait extérieur qui, suivant son état dynamique, semblera visuel, auditif ou tactile.

Nous savons que les impressions des sens sont toutes centralisées au cerveau. Celui-ci est le récepteur véritable, qui emmagasine les sensations et les transmet à la conscience. Or, suivant son état vibra-

(i, On peut voir des exemples de cetle nature dans l’ouvrage de Myers, Gurney et Podmore : Les Fantômes des vivants (édition française), pp. 35o, 354, et dans celui de G. Flamma- : L 'Inconnu et les problèmes psychiques , pp. 117 , 144 .

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rtoire, nous sommes portés à rattacher nos sensations à un des trois états sensoriels sus-indiqués. De là, la variété des impressions suggestives perçues par les sensitifs.

Voici plusieurs cas inédits où l’action télépathique se manifeste par des bruits et des visions :

M ,,lh E. T..., née Daudet, parente de l’illustre écrivain, habitant Alger, rue Daguerre, communique télépathiquement, à heures convenues, avec plusieurs de ses amies, chacune servant à son tour de transmetteur et de récepteur. Elles établissent réciproquement le procès-verbal des pensées • émises et des impressions ressenties, et comparent ensuite. Des questions mentales posées à distance obtiennent des réponses précises; un problème compliqué a été résolu. En moyenne, sept expériences sur dix réussissent. Parfois la pensée, tendue avec intensité, produit une action physique sur les meubles qu’elle fait vibrer fortement.

M me E. T... a fait la même expérience avec une de ses amies de Marseille. Elles devaient se mettre en communication le jeudi saint à 8 heures t/2 du soir. Mais, le méridien n’étant pas identique et Marseille étant en avance sur Alger, comme M me T... montait à sa chambre pour y chercher l’isolement, elle sc sentit envahie par un sentiment de tristesse. Un instant après, s’étant recueillie, elle vit apparaître sa jeune amie de Marseille; près d’elle était un petit enfant qui lui tendait les bras en souriant et lui montrait un rayon lumineux qui semblait descendre du ciel. M me T... s’empressa de faire parvenir à son amie la relation de cette expérience. Leurs lettres se croisèrent. Celle de Marseille contenait les lignes suivantes :

« J’ai choisi le jeudi saint, chère amie, parce que c’était le jour anniversaire de la mort de mon enfant bien-aimé. A

l’heure indiquée, vous êtes venue me consoler. J'ai pensé, à ce moment, à ce cher petit être; y avez-vous aussi songé? Je vous ai vue monter du rez-de-chaussée au premier. Vous aviez une robe que je ne connais pas (détail exact). Chose étrange, en pensant à toutes ces choses, je voyais en même temps l’immensité de la mer; le rayon lumineux du phare semblait venir du ciel et parvenait jusqu’à moi. »

Des messages écrits ont été donnés par des vivants extériorisés, à de grandes distances. Aksakof rapporte les faits suivants (1) :

M. Thomas Lveritt, de Londres, obtint, par la main de sa femme, un message d’un de ses amis, médium, en roule pour l’Amérique.

Le grand-juge Edmonds, de New-York, rapporte que deux groupes spirites, réunis à la même heure, à Boston et à New-York, correspondaient par leurs médiums respectifs.

De même, deux groupes d'expérimentateurs, assemblés à Madrid et à Barcelone, communiquaient ensemble par les mêmes procédés. Après chaque séance, ou rédigeait, de part et d'autre, un procès-verbal aussitôt remis à la poste. Les deux messages étaient toujours conformes (2).

Tous ces faits établissent d’une manière certaine, dès cette vie, l’action mentale et réciproque d'âme à âme et l’intervention possible des vivant» extériorisés dans les phénomènes psychiques.

Pour pratiquer la télépathie, deux conditions sont nécessaires. Ce sont, d'une part, chez l’opérateur, la

(1) Aksakof, Animisme et spiritisme , pp. 478, 485 , 487. Voir aussi deux autres cas curieux, pp. 4 yo et 5 o 5 .

(2) Eugène Nus, Choses de l'autre monde , p. 365 .

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concentration et l’extériorisation de la pensée. Pour agir mentalement à distance, il faut se recueillir, et diriger sa pensée avec persistance vers le but choisi. On provoque ainsi un dégagement parliel de l'être psychique et l’on crée un courant de vibrations qui nous unit à notre correspondant. Pliez celui-ci, d’autre part, un degré suffisant de sensibilité est nécessaire.

Ces conditions ne se rencontrent pas aussi souvent qu’on pourrait le supposer. 11 faut les créer par une action prolongée de la volonté, puis les améliorer par l’exercice quotidien des facultés acquises.

Le docteur Balme constate (1) qu'ayant expérimenté avec une de ses amies, il n’obtint d'abord aucun résultat. Tous les jours, à la même heure et pendant longtemps, ils poursuivirent leur tentative. Les pensées échangées furent d’abord contradictoires. Un jour cependant, un mot fut perçu avec exactitude; puis, par la suite, des phrases de quatre à cinq mois furent transmises. Enfin, au bout de deux ans, ils communiquèrent à distance, à n'importe quel moment de la journée, eu frappant d'abord quelques coups dans leurs mains.

On le voit, dans ces expériences, la persévérance est l'élément essentiel de tout succès. 11 faut, avant tout, apprendre à fixer ses pensées. Celles-ci sont instables, flottantes; elles volent trop souvent d’un objet à l’autre. Sachons les maintenir sous l’action de la volonté et leur imposer un but précis. Cet exercice est

(i) Bulletin de la Société des Eludes psychiques de Nancy , «avril 1901.

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des plus salutaires, en ce sens qu'il nous habitue à pratiquer la discipline mentale.

Une fois notre pensée fixée et le courant vibratoire établi, la communication devient possible. Nous arrivons non seulement à correspondre télépathiquement avec nos amis terrestres, mais aussi avec ceux de l’espace, car la loi des correspondances est la même dans les deux cas. 11 n'est pasjdus difficile de nous entretenir mentalement avec ceux de nos bien-aimés dont la mort a brisé l’enveloppe qu'avec ceux qui, restés sur la terre, ont été dispersés au loin par les exigences de la vie. La puissance de l'évocation qui va frapper l être spirituel à travers l’immensité, dans une région incon nue de l’évocateur, est la démonstration la plus évidente de la force de la pensée.

Parfois l ame, durant la veille ou pendant le sommeil, s’extériorise, s’objective dans sa forme fluidique et apparaît à distance. De là, le phénomène des fanternes des vivants.

Le cas le plus remarquable est celui d’Kmilie Sagée, institutrice à Yolmar, dont le dédoublement a pu être observé nombre de fois parles 42 personnes habitant le pensionnat (1).

On peut ajouter le cas du révérend Th. Benning, cité par M me Hardinge-Britten dans le Banner of

(i) Aksakof, Animisme et spiritisme p. 4 <j8-

INTÉRIORISATION DE l’ÊTRE HUMAIN

Lighi. Son double se transporta à Troy,où il devaitfaire <une conférence le lendemain, afin de prévenir qu une indisposition l’empêchait d’accomplir sa promesse. Il y fut vu et entendu par trois personnes et l’une d'elles fut poussée par lui. Pendant ce temps, son corps n’avait pas quitté New-York (1).

Une jeune bonne allemande, de Boston (Mass.), atteinte de fièvre et de nostalgie, se transportait en rêve dans sa famille en Europe. Là, pendant quinze nuits consécutives, tous ses parents l'entendirent frapper à la porte de la maison paternelle et virent entrer son fantôme. Tous crurent à sa mort ; mais elle revint à la santé ( c 2).

Les témoignages les plus nombreux émanent de la Société des recherches psychiques, de Londres. Cette société, composée d’hommes éminents, a élevé un véritable monument scientifique par la publication du livre The Phantasms of lhe living (3) et celle de ses Proceedings , recueil de procès-verbaux formant vingtdeux volumes et embrassant une période de vingt années d’études. Ces ouvrages relatent des milliers de cas d’apparitions, observés avec toute la rigueur que les savants apportent à l’étude des phénomènes, et notent les circonstances et les preuves donnant à chaque fait son caractère d’authenticité et l’appui de témoignages sévèrement contrôlés.

Ces faits établissent d’une manière incontestable les

* (i) Aksakof, Animisme el spiritisme , p. 5 i 6 .

(2) Idem, ibid., p. 520 .

( 3 ) Les Fantômes des vivants (édition française abrégée sous le nom de Hallucinations télépathiques). Paris, 1891, in-8, Alcan.

rapports existant entre l’apparition du double et la personne vivante qu’il représente.

On ne saurait attribuer à tous ces phénomènes un caractère subjectif. Dans certains cas, ainsi que nous l'avons vu, le cerveau du percipient seul est impressionné par les vibrations d'une pensée lointaine, vibrations qui se transmettent au foyer visuel et y font naître l image du manifestant. Mais ici, dans la plupart des cas, les phénomènes observés ne se prêtent nullement à cette interprétation. L’objectivité en est démontrée par ce fait que les fantômes sont vus par plusieurs personnes à la fois, ou bien successivement, par exemple, lorsque le fantôme se transporte aux différents étages d’une maison.

Les fantômes des vivants agissent sur la matière ; ils ouvrent et ferment des portes, agitent des sonnettes ( I ), font entendre des accords sur des pianos fermés (2). Ils impressionnent des animaux domestiques, laissent des traces de mains et de doigts sur la poussière des meubles, et même parfois des communications écrites qui restent comme une preuve irrécusable de leur passage (II).

Les dédoublements de vivants ont été constatés dans tous les temps. L’histoire en relate de nombreux cas, appuyés sur des témoignages importants.

Tacite rapporte (4) que Basilide apparut à Yespasien dans un temple d’Alexandrie, alors qu’il était

(i; Hallucinations iélép., p. 237.

(2) Aksakof, Animisme et spiritisme , pp. 5 i/J, 5 i 5 .

( 3 ) Idem, ibid.^ p. 52 i.

( 4 ) Tacite, Hist., liv. IV. ch. 81-82.

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retenu par la maladie à plusieurs journées de distance.

La mystique chrétienne (I ) enregistre comme faits miraculeux des cas de bilocation ou bi-corporéité où nous reconnaîtrons facilement des phénomènes d'extériorisation.

Saint Alphonse de Liguori fut canonisé pour s’être montré simultanément en deux endroits différents. Etant endormi à Arienzo, il put assister à la mort du pape Clément XIV, à Rome, et annonça, dès son réveil, qu’il venait d’être témoin de cet événement.

Le cas de saint Antoine de Fadoue est célèbre. Etant en Espagne et prêchant, il s’arrête tout à coup au milieu de son sermon et s’assoupit. En ce moment même, à Fadoue, son père, accusé faussement de meurtre, était conduit au supplice. Saint Antoine apparaît, démontre l’innocence de son père et fait connaître le vrai coupable.

On trouve nombre de faits analogues dans la vie des saints et notamment dans celles de saint Ambroise, de saint François Xavier, de saint Joseph de Cupertino, de sainte Marie d’Agreda, de sainte Lydwine, etc.

L’être humain, dégagé des liens charnels par la prière, les hautes aspirations, et par une vie sobre et pure, devient plus apte à s’extérioriser.

La possibilité de ces manifestations est également démontrée par les expériences des magnétiseurs comme du Fotet, Ueleuze, Billot, par kerner, Ferty, d’Assier, etc.

Remarquons que ces phénomènes ne se produisent

( 1 ) J. Ribet, la Mystique divine , t. II.

pas seulement pendant le sommeil. Une violente émotion, certaines maladies, l’agonie, la mort, peuvent provoquer le dégagement psychique.

M. G. Flammarion, dans l'Inconnu el les problèmes psychiques, ch. VII, cite cent quatre-vingt-six cas dans lesquels des mourants appellent ou se manifestent à distance (1). Dans la Revue des Revues ^réponse à Saint Saëns), l'illustre astronome relate le fait suivant :

« Une jeune femme, après sept années de tendres relations, avait été séparée de l’homme qu’elle aimait. Celui-ci se maria et elle n'en entendit plus parler. Plusieurs années s'écoulèrent, puis, une nuitd’avril 1893, elle vit entrer dans sa chambre une forme humaine qui s’avança et se pencha sur elle. File sentit avec terreur sur ses lèvres le baiser prolongé d’une bouche glacée. Le lendemain vers midi, parcourant un journal, elle y apprit le décès et les obsèques de celui qu’elle aimait. »

Gos cas sont multiples, et c’est en vain qu’on chercherait à les expliquer par la théorie de l hallucination. Ici, il y a relation de cause à ellet. La mort coïncide avec les apparitions, et celles-ci sont trop nombreuses pour qu’on puisse considérer les coïncidences comme le résultat du hasard. Les voix entendues sont celles de personnes éloignées; les visions, celles de figures connues; les costumes sont vérifiés exacts. Détail à noter : des chiens, des chevaux s’agitent et manifes-

(i)Voir aussi Aksakof, Animisme et spiritisme,)*. ^ 95 , et d’Assier, l'Humanité posthume , p. 1 /J 7 . The fantasms of the living relatent aussi de nombreux cas d’apparitions de mourants et de décédés, avec coïncidence de mort.

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tent leur inquiétude à l’approche des phénomènes. Ils semblent en avoir la vision ou le pressentiment bien longtemps avant qu'ils soient perceptibles pour l'homme.

Les phénomènes dus à l’extériorisation ou action 'extra-corporelle de l’âme humaine ont été étudiés avec attention et classés par Aksakof sous la dénomination générale d'animisme. Ce savant observateur a voulu établir une distinction tranchée entre ces faits et les manifestations des défunts. En réalité, cette distinction n’existe pas ; ces faits, comme nous le verrons par la suite, sont toujours identiques, soit avant, soit après la mort. L’âme de l’homme extériorisée peut, tout comme lame désincarnée, influencer des médiums, dicter des communications, des messages, soit par l’écriture, soit au moyen des tables, provoque^ des déplacements d’objets matériels, apparaître à une grande distance de son corps et influencer des plaques photographiques.

Allan Kardec a consacré tout un chapitre du Livre des médiums (1) à l’étude des apparitions de vivants. Ces phénomènes n'étaient donc pas ignorés des spirites, comme on l’a prétendu, et Aksakof, dans Animisme et spiritisme , a simplement confirmé ce qui avait été reconnu bien avant lui.

Des expériences plus récentes ont démontré la possibilité, pour certains êtres humains, de se dédoubler

( 1 ) Pp.i43 et suivantes. Voir aussi Livre des Esprits, p.i83 : visites spiriles entre personnes vivantes, et Revue spirite , 18 G 0 , p. 81 : l’évocation de l’esprit du docteur Vignal, endormi.

partiellement, de matérialiser certaines parties de leur forme (luidique et de produire des phénomènes variés.

Des médiums, comme Eusapia Paladino et Eglinton, ont, à plusieurs mètres de distance, et sans contact physique, provoqué le déplacement de corps inertes en pleine lumière et laissé des empreintes de leurs membres fluidiques dans des substances molles : terre glaise, paraffine ou noir de fumée (1).

Nous ne saurions passer sous silence les cas d’incorporation de vivants dans l’organisme de médiums endormis. Ce genre de manifestations apparie presque toujours un élément de trouble et d’erreur dans les phénomènes de la trance,et il faut une expérience consommée pour ne pas les confondre avec les manifestations des défunts. — En effet, les vivants, incorporés dans un organisme étranger, ne se rendent p is toujours compte eux-mêmes de leur véritable situation.

Voici un exemple qui démontre combien il est nécessaire, au cours de ces expériences, de tenir toujours l’attention en éveih

Pendant trois années, l’esprit d’un vivant a pu se manifester par voie d’incorporation dans le groupe que j’ai dirigé, à Tours, sans que nous puissions le distinguerdesesprits de défuntsqui intervenaienthabituellement dans nos séances. Il nous fournissait ce-

'i Voir AUsakof, Animisme el Spiritisme , p. 5oo; de Rochas, Extériorisation de la motricité expériences faites avec Eusapia par M\I. Lombroso, Schiaparelli, Finzi, Ermacora, Wagner, Ch. Richet, de Roclus, Flammarion, Lodge, Ochorowicz, etc).

EXTj';nioniSATioN de i/ètre humain

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pendant, sur son identité, les détails les plus précis. 11 disait se nommer H..., avait été sacristain du village de I)..., dans laSarthe. Sa parole traînante, son geste lourd et fatigué, son attitude affaissée, contrastaient avec la manière d’être du médium et des autres esprits familiers. Nous le reconnaissions, dès les premières paroles prononcées. Il nous narrait par le menu les moindres incidents de sa vie, les remontrances de son curé sur sa paresse et son ivrognerie, le mauvais état de l’église et du matériel confié à ses soins, et jusqu'à ses recherches infructueuses dans l’espace pour y trouver laconfirmation de ce qui lui avait été enseigné ! Tout en lui, ses propos, ses souvenirs, scs regrets, nous confirmait dans la ferme opinion que nous avions affaire à un homme décédé.

Ouelle ne fut pas notre surprise, lorsqu’un membre de notre groupe s'étant rendu dans la région et ayant été chargé de procédera une enquête, nous apprîmes que IL., vivait encore de la vie de ce monde! Tout ce qu’il nous avait dit d’ailleurs était exact. Notre co-sociétaire put le voir et s’entretenir avec lui. Devenu vieux et adonné de plus en plus à la paresse et à la boisson, il avait dû résigner ses fonctions. Tous les soirs, il se couchait de bonneheure et s’endormait d’un lourd sommeil. Il pouvait ainsi s'extérioriser,se Iransporter près de nous les jours de séances, et s’incorporer en l’un de nos médiums à qui le rattachaient des liens d’affinité dont la cause nous resta toujours inconnue.

Le docteur Dusart, dans son mémoire présenté au Congiès spiritualiste de 1900, à Paris, signale deux

autres cas remarquables d'incorporation de vivants dans son médium Maria, entrancé (1).

On se demande comment l’âme des vivants peut arriver à produire pendant le sommeil des phénomènes aussi surprenants que compliqués. Dans certains cas, les apparitions, les matérialisations, nécessitent une grande puissance, une connaissance approfondiede ce que nous appelons la chimie spirituelle; et l’on s’étonnera quaussitôt sortie de son enveloppe charnelle, l ame puisse en pénétrer les lois.

La force nécessaire pour produire ces phénomènes paraît être puisée dans le corps physique, auquel la forme fantômale est reliée par une sorte de cordon fluidique, quelle que soit la distance. L’existence de ce lien est constatée par les voyants et confirmée par les esprits. Il est si subtil, qu’à chaque sensation un peu vive perçue par le corps matériel, l’Ame, brusquement ramenée, reprend sa place en celui-ci. Cet acte constitue le réveil.

Il ne faut pas oublier que l’esprit commande à la matière. L ame dispose à son gré des éléments impondérables de la nature. C’est par leur moyen qu elle construit d’abord le corps lluidique, canevas du corps physique, puis elle édifie celui-ci à Laide des éléments terrestres qu elle réunit et assimile.

Pendantle sommeil normal, comme dans le sommeil magnétique, le lien qui unit les deux corps se relâche sans se briser. Les deux enveloppes se séparent.

(1) Voir Compte-rendu du Congrès spirite et spiritualiste de 1900, p. 188. Leymarie, éditeur.

EXTÉRIORISATION DE l’ÉTRE HUMAIN t(>J

Si, en s’éloignant, le corps fluidique rassemble lener gie nécessaire, il peut se condenser, se concréter, agir sur la matière, produire des sons, des bruits, se rendre visible.

En tout ceci, le grand moteur, c’est la volonté. La volonté est créatrice. Nous en avons la démonstration dans les phénomènes de la suggestion, par laquelle la volonté agissante peut produire dans le corps humain des modifications profondes. Ainsi l'esprit, par la puissance mentale, peut prêter à la matière subtile les formes, les attributs, les apparences de costumes, de vêtements qui permettront de le reconnaître.

En outre, dans la plupart des cas, le manifestant est assistépardesamis invisibles. L intervention de l’esprit John King dans les séances d Eusapia et d’Abdullah, dans celles d'Eglinton, etc., en sont des preuves manifestes. Les habitants de l espace, en général, possèdent «une expérience, une connaissance plus étendue des choses de ce milieu. Leur force de volonté est grande et ils peuvent aider efficacement à la production de certains faits télépathiques que le manifestant ne saurait réaliser sans leur secours.

Tous les phénomènes que nous venons de décrire appartiennent au domaine de 1 observation. On peut y ajouter des faits d'expérience, provoqués par la volonté et permettant de constater la présence simultanée du corps matériel et du double lluidiquede l’àmeen deux endroits dilTérents.

DANS l’iNVISIHI.E

Ici, il n’y a plus aucune part à faire au hasard, ni à des coïncidences fortuites. Le but indiqué à l’avance par l’expérimentateur est poursuivi et atteint à l’aide de procédés et dans des conditions qui défient toute critique. Ces faits sont nombreux. Nous en indiquerons quelques-uns:

M. Desmond-Fitz-Oérald, ingénieur,a pris part à une expérience décisive L’esprit d’une jeune fille extériorisée pendant le sommeil a été envoyé chez elle et s'y est matérialisé. Sa présence a été constatée par plusieurs personnes, dont l’une fut touchée parle fantôme, ce qui lui causa une grande frayeur (1). C’est une expérience de dédoublement avec résultat positif.

M ,ÛC de Morgan, épouse du professeur à qui l'on doit l’ouvrage intitulé From maller lo spirit , met une jeune fille en état d’hypnose et ordonne à son double extériorisé d’aller frapper contre la porte d'entrée. Les coups furent entendus par plusieurs personnes qui ouvrirent aussitôt et constatèrent que la rue était déserte (2).

On peut trouver dans certains ouvrages et revues des cas uoinbreux où des personnes vivantes, évoquées dans leur sommeil, viennent donner, par l’intermédiaire de médiums, des communications contenant des preuves d’identité (3).

(i) Aksakof, Animisme et spiritisme , j>. 5n. Voir aussi p. 5i2le cas de la somnambule Suzette B., dont le double apparaît au docteur Ruffli et éteint sa bougie.

{2) Light, i883, p. £>8 ; Aksakof, Animisme , p. 4 q 3. Voir aussi Fhanlasms of lhe tioing , éd. fr., p. 4b.

(3) Voir Revue spirite, 18G0, pp. 8i, 88 ; iy3; Allan Kardcc, Ciel et

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