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l’avenir? Question obscure et profonde, qui donne le vertige comme l’abîme et qu’on ne pose pas sans trouble, car, instinctivement, nous la sentons presque insoluble pour notre faible science.
Comme chaque monde roulant dans l’espace communie, à travers la nuit, avec la grande famille des astres par les lois du magnétisme universel, de même l’âme humaine, étincelle émanée du foyer divin, peut communier avec la grande Ame éternelle et en recevoir des instructions, des inspirations, des illuminations soudaines.
De cette explication, les sceptiques peuvent sourire. Mais n'est-ce pas de notre élévation vers Dieu que découlent les forces vives, les secours spirituels, tout ce qui nous fait plus grands et meilleurs? Chacun de nous a, dans les profondeurs de son être, comme une issue ouverte sur l'infini. Dans l’état de dégagement psychique : rêve, extase, trance, le cercle de nos perceptions peut s’élargir dans des proportions incalculables; nous entrons en rapport avec l’immense hiérarchie des âmes et des puissances célestes. De degré en degré, l’esprit peut remonter jusqu’à la cause des causes, jusqu’à l’intelligence divine, pour qui le passé, le présent, le futur se confondent en un tout et qui, de l’ensemble des faits connus, sait déduire toutes les conséquences.
XIV. —Vision et audition psychique a l’état de veille. La vision et l’audition psychique, à l’état de
veille, se rattachent aux phénomènes d’extériorisation en ce sens qu’elles nécessitent un commencement de dégagement chez le percipient. Ici, il ne s’agit plus de faits physiologiques ou de manifestations à distance de l’être vivant, mais bien d une des formes de la médiumnité.
Dans la vision spirite, l’âme du sensitif est déjà partiellement extériorisée, c'est-à-dire sortie de son organisme matériel. Sa faculté propre de vision vient s’ajouter au sens physique de la vue. Parfois, la substitution du sens psychique à l’autre est complète. Ce qui le démontre, c'est qu’en certains cas, le médium voit les yeux fermés. J’ai été souvent témoin de ce phénomèue.
On doit distinguer avec soin la clairvoyance de la vision médianimique. Il arrive que des somnambules, très lucides en ce qui concerne les êtres et les choses de ce monde, sont frappés de cécité pour tout ce qui touche au monde des esprits. Ceci tient à la nature des radiations lluidiques de leur enveloppe extériorisée et au mode d’entraînement que le magnétiseur leur fait subir. C’est là ce qui différencie l’état de lucidité simple de celui de médiumnité. Dans ce dernier cas, ce n'est plus le magnétisme humain qui intervient. Le voyant est sous l’influence de l’esprit qui agit sur lui en vue de la manifestation à produire. En provoquant l’état de demi-dégagement, il procure au sujet la vision spirituelle.
Le sens psychique, nous l'avons vu, est bien plus subtil que le sens physique; il peut percevoir des radiations, des formes, des combinaisons de la ma-
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tière que la vue normale ne saurait atteindre. Pour rendre son apparition plus distincte, l’esprit a souvent recours à un commencement de matérialisation. Il s’objective au moyen des forces empruntées aux assistants. Dans ces conditions, sa forme fluidique entre dans le champ visuel du médium et peut même, dans certains cas, impressionner la plaque photographique.
Les voyants décrivent les esprits avec desdétails qui sont autant d’éléments de contrôle. Puis, la photographie vient confirmer, à la fois, l’exactitude de la description et l'identité des esprits qui se manifestent. Ceux-ci sont souvent inconnus des médiums.
Dans le groupe d’études psychiques de Tours (1), de 1897 à L903, nous possédions trois médiums voyants, auditifs et à incorporation. Avant de s’endormir, l’obscurité étant faite, ils apercevaient près de chacun des assistants, des esprits de parents ou d’amis qu’ils nommaient, lorsqu’ils les connaissaient, ou bien qu’ils décrivaient minutieusement, lorsqu’ils les voyaient pour la première fois. Dans ce cas, la description était telle que, d apres T attitude ou le costume, les assistants reconnaissaient facilement la personnalité du manifestant. En outre, les médiums entendaient et transmettaient le langage des esprits et les désirs qu’ils exprimaient, se rapportant presque toujours aux préoc cupations intimes des assistants.
L’impression produite parles esprits sur les voyants variait d’une manière très sensible, selon le développe-
(1) Voit* Compte rendu du Congrès spirite de 1900, p. 52 t.
ment des facultés médianimiques ou l’état d’avancement des esprits. Où les uns ne distinguaient qu'un point brillant, une flamme, un autre voyait une forme radieuse. De même pour l’audition. Elle variait de précision et d'intensité suivant les sensitifs. Où l’un ne percevait qu’un son vague, une simple vibration, l’autre entendait une harmonie douce et pénétrante qui le touchait jusqu’aux larmes.
L’état d’avancement de l'esprit, nous le savons, se constate, à première vue, dans l’espace, par l éclat ou l’obscurité de son enveloppe. Déjà, dans nos expériences, les voyants reconnaissaient le degré d’élévation des âmes à la puissance de leurs radiations. Plusieurs fois nous avons fait cette remarque : le médium, à l’état de veille, les yeux ouverts, apercevait un certain nombre d’esprits de tous ordres. Les yeux fermés, il n’en distinguait plus que quelques-uns, les plus avancés, ceux dont les radiations subtiles, — à l’exemple des rayons X pour les plaques photographiques — pouvaient, à travers les paupières closes, influencer le sens visuel (1).
(i; Voir aussi Aksakof, Animisme et Spiritisme, pp. (k>5 à fo8 : plusieurs cas d’apparitions de défunts attestées par la vision de médiums et confirmées-par la photographie transcendantale ou par la photographie seule en l’absence de personnes connaissant le défunt, ce qui exclut toute hypothèse de lecture ou de photographie de pensée.
Exemples rapportés par Oxon, Moses Down, M mo Conanl, M. Johnstone. Preuves d’identité des apparitions citées par le docteur Thomson, M. Dow, M. Evans, M. Snipe et M me (’onant.
Voir aussi Russell-Wallace, le Moderne Spiritualisme , p. 100.
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L'histoire est pleine de phénomènes de vision et d’apparition. En Judée, l'ombre de Samuel exhorte Saül. Dans le monde latin, des fantômes se montrent à Numa, à Brutus, à Pompée. Les annales du Christianisme sont riches en faits de ce genre (1).
Au moyen âge, les phénomènes de vision et d’audition les plus remarquables sont ceux de Jeanne d’Arc. C’est toujours à cette incomparable vierge, le plus admirable des mrdiums que l’Occident ait produits, qu’il faut recourir, lorsqu’on veut citer des preuves éclatantes de l’intervention du monde invisible dans notre histoire.
Toute la vie de l’héroïne est remplie d’apparitions et de voix, toujours identiques à elles mêmes et qui ne se démentent jamais. Dans les vallons de Domrémy, sur les champs de bataille, devant ses examinateurs de Poitiers et ses juges de Rouen, partout, les esprits l'assistent, l’inspirent. Leurs voix résonnent à ses oreilles, fixant sa tâche quotidienne, donnant à sa vie une direction précise et un but glorieux. Elles annoncent des événements qui. tous, s’accomplissent. Dans sa captivité douloureuse, ces voix la consolent et l’encouragent : « Prends tout en gré, n’aie pas souci de ton martyre; tu viendras finalement au royaume du paradis (2). » Et les juges à qui elle confie ses entre-
( 1 ) Voir mon ouvra ge Christianisme et Spiritisme (ch. V et note G).
( 2 ) Joseph Fabre, Procès de condamnation. 5 e interrogatoire secret.
tiens semblent inquiets de cette prédiction dont ils comprennent le sens.
A toutes les questions, perfides, insidieuses, qu’on lui pose, les voix dictent la réponse, et si celle-ci se fait attendre, elle le déclare : « J'en référerai à mon conseil. »
Lorsque les voix se taisent, abandonnée à elle-même, elle n’est plus qu’une femme; elle faiblit, se rétracte, se soumet. Mais, pendant la nuit, la voix se fait entendre de nouveau. Et elle le répète à ses juges : « La voix m’a dit que c’était péché d'abjurer ; ce que j’ai fait est bien fait. »
Pour certains sensitifs, la vision ne se produit qu’au moyen d’objets sur lesquels la pensée des esprits se concentre sous forme d images ou de tableaux, par exemple, un verre d’eau, un miroir, une glace. Quand l’esprit est impuissant à faire vibrer le cerveau du médium ou à provoquer une extériorisation suffisante, il imprègne de fluide les objets que nous venons de désigner ; il y fait apparaître, par la volonté, des images, des scènes très nettes que le sujet décrira dans les moindres détails et que d’autres assistants pourront voir comme lui ( 1 ;51,
Voici un cas des plus remarquable, signalé par le Light du 16 février 1901. L'esprit d’un homme assassiné fait retrouver son corps au moyen de la vision dans le
(i) Voir Antoinette Bourdin, la Médiumnité au verre d'eau pas sim. Ley marie, édit.