‹ Dans l'invisibleChapitre 27 sur 57 · MO · texte numérisé non relu

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l’action de forces fluidiques émanées des assistants* quoiqu'il paraisse peu probable que des forces humaines extériorisées suffisent seules à mettre en mouvement des objets aussi lourds. Mais voici d’autres faits dénotant l’intervention d’intelligences invisibles.

C’est toujours le sénateur Tallmadge qui parle :

« Le phénomène suivant se produisit à une autre séance « avec les demoiselles Fox. Il y avait là les généraux Hamil- € ton, Waddy Thompson, et moi. On nous dit de placer la « Bible fermée sur un tiroir sous la table. C’était une petit© « bible de poche imprimée très fin. »

« Pendant quelque temps, de nombreux raps (coups frap- « pés) battirent une marche que nous avions demandée, lis « s’affaiblirent comme des pas qui s’éloignent et cessèrent « entièrement, et d’autres raps, ayant donné le signal de fal- « phabet, épelèrent ce seul mot : « Regardez. »

« Je pris le livre avec précaution, car il était ouvert. On « épela : « Lisez » en donnant les numéros des versets qu’on « désirait que je lise. Pendant cette lecture, de violents coups « accentuèrent avec une force étrange les sentiments expri- * niés. »

« Le livre était ouvert à l’évangile de saint Jean, chap. III ; les versets à lire étaient les suivants :

« 8. — L’esprit souffle où il veut et tu entends sa voix* mais tu ne sais ni d’où il vient ni où il va. Il en est de même de quiconque est né de l’Fsprit. »

«IL — Fn vérité, en vérité, je vous le dis : nous parlons « de ce que nous savons, et nous attestons ce que nous avons « vu; mais vous ne recevez pas notre témoignage.

« 19 . — Ft ceci est la condamnation : que la lumière est venue dans le monde et que les hommes ont préféré les

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ténèbres à la lumière, parce que leurs actes sont mauvais.

« 34 . — Car celui que Dieu a envoyé dit les paroles de « Dieu, car Dieu ne donne pas l’esprit par mesure. »

« Après cela on me dit de placer plusieurs feuilles de « papier à lettre avec un crayon sur le tiroir sous la table. « Bientôt nous entendîmes le bruit du crayon sur le papier et «on frappa. Je regardai sous la table; les feuilles que j'y « avais placées étaient en désordre, et sur la feuille du dessus « il y avait écrit :

« I’m with you still » (je suis encore avec vous). John « C. Calhoun. J’ai montré cette phrase au général Hamilton, « ancien gouverneur de la Caroline du Sud, au général « Waddy Thompson, ancien ministre du Mexique,au général « Robert Campbell, de la Havane, ainsi qu a d’autres amis « intimes de M. Calhoun. Je l’ai montrée aussi à l*un de ses « fils, et tous ont affirmé que c’était un fac-similé parfait « de l'écriture de John C. Calhoun. Le général Hamilton et « la générale Macomb, qui possèdent beaucoup de lettres « particulières de Calhoun, ont indiqué comme particulière- « mentsigniticative 1 habitude constantequ’il avait d’abréger « I am en I’m ; de sorte que cette phrase: « Cm with you « still », toute courte qu’elle soit, caractérise nettement et « son style et son genre. »

Dans le même ordre de faits, citons encore le témoignage de Charles Cathcart, ancien membredu Congrès, homme instruit et influent, occupant dans l lndiana une haute situation sociale (4).

« Le cercle étant constitué, je reconnus que le médium

(i) Voir sa letlre au Spiritual Te'egraph , de New-York, reproduite dans L'histoire du spiritualisme moderne américain } d’Emma Ilardirige.

le plus puissant était mon fils Henry, entant de sept ans à p?ine. La famille ne se fut pas plutôt mise en harmonie avec cette médiumnité, que des démonstrations inattendues se produisirent. Le petit Henry était balancé dans la chambre comme une plume. Soulevé par les esprits, il était transporté jusqu’au plafond, sur les corniches des fenêtres, dans les recoins les plus élevés des appartements, et placé horsde l’atteinte des mains humaines. »

« Parfois l'enfant était entrancé, et dans cet état il disait des choses étonnantes de sagesse et de beauté, mais, malgré la confiance que la famille avait dans les tendres soins et le caractère parfaitement bon de leurs amis les Esprits, la mère ne pouvait voir sans anxiété son petit enfant sous ce pouvoir anormal et suppliait les Invisibles de ne pas l’entrancer. Ils lui répétaient sans cesse par la table que cette influence était bienfaisante pour l'enfant et leur permettait d’accomplir des actions bien plus frappantes qu’autrement; mais, comme Mme Cathcart ne put se faire à cette phase de médiumnité, les esprits s’abstinrent amicalement de continuer les trances. »

Le grand juge Edmonds, chief-juslice de la Cour suprême de New-York, dans son « Appel au public », où il réfute les imputations malveillantes dont il avait été l'objet à la suite de ses recherches spiritualistes, résume ainsi le problème des phénomènes et de leur cause (1).

« J’ai vu une table de sapin posée sur quatre pieds, enlevée « du plancher au milieu d’une réunion de huit personnes,

(i) Voir son ouvrage : Spiritualisme , par J. W. Edmonds avec appendice par Tallmadge. New-York, 1854.

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vc retournée sens dessus dessous à nos pieds, levée sur nos « têtes, puis posée contre le dos d’un canapé où nous étions « assis. J'ai vu cette même table se soulever sur deux pieds « sous une inclinaison de 45 °, et rester ainsi sans qu'on « puisse la remettre sur ses pieds. J’ai vu une table d’aca jou « ayant un seul pied, et supportant une lampe allumée, sou- « levée à un pied au moins du plancher malgré nos etlorts, « et agitée comme un verre qu’on tient à la main, la lampe « restant en place, mais les pendeloques s’entrechoquant. « J’ai vu cette table basculer avec la lampe qui était dessus « et qui aurait du tomber si elle n’avait été retenue autre- « ment que par son propre poids ; et cependant elle n'est -« pas tombée et n'a même pas bougé. »

« J’ai vu souvent des personnes tirées avec une force à « laquelle il leur était impossible de résister, et même dans * une occasion où je joignais mes efforts à ceux de la per- « sonne tirée. »

« Ce que je rapporte n’est pas la centième partie de ce « que j’ai vu, mais cela suffit pour montrer le caractère du « phénomène. »

«A cette époque les journaux ont fait paraître différentes « explications pour « dévoiler la farce », comme ils disaient. « Je les ai lues attentivement, m'attendant à recevoir du « secours dans mes recherches, et je n'ai pu que sourire de « l’audace et de l’inanité de ces explications. Par exemple, « pendant que certains professeurs de Buffalo se vantaient « d’avoir tout expliqué par le craquement des articulations « des doigts et des genoux, les manifestations consistaient « en une sonnette, qui tintait sous une table, puis se « transportait d’une chambre à l’autre. »

« J'ai entendu des médiums se servir de termes grecs, « latins, espagnols et français, quand je sais qu’ils ne con- « naissaient d’autre langue que la leur, et c’est un fait que

« bien des gens peuvent attester que les médiums ont sou- « vent parlé et écrit dans des langues qui leur étaient in- « connues. »

« On se demande alors si, par quelque mystérieuse opé- « ration de l’esprit, tout cela n’est pas simplement un reflet « de l’esprit de quelque assistant. La réponse est celle-ci : « on a donné communication de faits inconnus que la suite- « a montrés vrais. » L'auteur cite plusieurs cas, puis il « ajoute : « Bien des pensées qui n'étaient pas dans mon « esprit ou qui étaient même contraires à mes idées m’ont « été révélées. Cela m’est arrivé bien souvent, à moi comme « à d'autres personnes, comme pour bien me convaincre que « notre propre esprit n'a aucune part à ces communica- « tions. »

« Mais tout cela et beaucoup d’autres choses semblables « mont démontré qu’il existe dans ce phénomène une classe « d’intelligences élevéessituées en dehors de l'humanité ; car « il n’y a pas d’autre hypothèse que je puisse imaginer qui « explique tous les faits établis par le témoignage de dix « mille personnes et que peut vérifier quiconque prendra la « peine de chercher. »

« J’ai trouvé que ces intelligences invisibles coin muni- « quaient avec nous de bien des manières, sans compter les « raps et les tables basculantes, et que, par ces autres pro- « cédés,on obtenait souvent des communications éloquentes, « pures et morales, parmi beaucoup d’inconséquences et de « contradictions. »

Le phénomène des maisons hantées est un des plus fréquents et des plus connus. On le retrouve un peu partout. Très nombreux sont les lieux hantés, les

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habitations dont les murs, les parquets et les meubles retentissent de coups et de vibrations. Dans certaines demeures, les objets se déplacent sans contact; des pierres lancées par une force inconnue tombent du dehors; on entend des bris de vaisselle, des cris, des bruits divers, qui incommodent et terrifient les gens impressionnables.

J'ai visité quelques-unes de ces habitations ; j'y ai fait des stations prolongées et, presque toujours, j'y ai constaté la présence d’êtres invisibles avec qui il était possible de s’entretenir, soit par la table, soit par l’écriture médianimique. Dans ces cas, j’étais amené à reconnaître que les agents des manifestations étaient les âmes de personnes ayant habité ces lieux, âmes en peine qui cherchaientà attirer l’attention ; le plus souvent, des pensées secourables et des prières suffisent à leur donner satisfaction. Certains esprits sont amenés en ces demeures parle souvenir de méfaits lointains ; d'autres par un désir de vengeance; d’autres encore parleur attachement à des biens terrestres.

Les recherches de la police ne permettent jamais •de découvrir les auteurs de ces faits. Même dans les -chutes de pierres, on remarque que les projectiles sont dirigés par une intelligence invisible.

Dans le cas de la cure de Groben (Allemagne), décrit par le pasteur llennisch (1), dans le cas de Munchkof, •qui fut l’objet d’une enquête dirigée par le professeur

(1) Voir l'ouvrage de Karl du Prel, deMünicl), Universal-Biblio- Ihek der spiritismus, et ses articles du Sphinx et de VUeber- .sinnliche Welt, sur les maisons hantées.

Arschauer, on voyait des pierres décrire un arc de cercle, puis un angle. A Munchkof, plus de soixante personnes virent des pierres sortir par une fenêtre, puis rentrera l'intérieur en décrivant une courbe. Cesprojectiles ne frappaient jamais personne. Ils glissaient lelong des corpssans les heurter, lorsqu’ils atteignaient les témoins de ces scènes. Des objets que l’on emportait pour les mettre à l’abri étaient arrachés par une force occulte des mains de ceux qui les tenaient, et rapportés à leur place habituelle.

Il en était de même à la ferme de la Liodière, près de Tours. Les pierres y tombaient en abondance sans blesser personne. Elles semblaient provenir de fort loin et étaient d’une nature géologique différente de celle du pays.

Dans son ouvrage sur les maisons hantées. Karl du Prel rappelle encore la pluie de pierres de l’Elsasserstrasse, à Berlin, qui dura six semaines, et celle de la rue des Grès, à Paris, où une maison lut lapidée et les toitures défoncées par des jets de pierres.

A Yzeures (Indre-et-Loire), dans une maison habitée par la famille de \L Saboureau, entrepreneur, on entendait pendant la nuit un corps lourd, une masse énorme descendre les escaliers, faisant gémir sous son poids les degrés et les. cloisons. Dès qu’on faisait de la lumière, tout rentrait dans le silence.

Mlle Saboureau, qui est médium (1), fut plusieurs fois soulevée avec sa chaise, puis renversée. Un entretien s’en-

(î) Voir Compte rendu du Congrès spirite et spiritualiste de 1900,

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gagea par coups frappés avec un être invisible qui dit se nommer Robert et, par ses familiarités, fut considéré, par la suite, comme un ami de la maison.

Dans Animisme et Spiritisme (pp. 296à 313), Aksakof relate plusieurs cas de hantise. L’un d’eux eut pour théâtre une ferme du district d'Ouralsk, dans l’est de la Russie. Le propriétaire, M. Schtchapov, communiqua ■au Messager de l'Oural , en 1880, le récit détaillé des persécutions occultes auxquelles sa famille fut exposée pendant six mois. C’est en vain qu’il s’était adressé à tou*°s les personnes éclairées de sa connaissance, dont quelques-unes jouissant d’une grande érudition :

« Toutes leurs théories scientifiques, » dit-il « s’écroulaient « sous l’évidence des faits. Il faut avoir par soi-même fait « l’expérience; il faut avoir vu et entendu, avoir passé des « nuits sans sommeil et avoir éprouvé moralement et pbysi- « quement des tourments jusqu’à épuisement de ses forces, « pour arriver enfin à la conviction inébranlable qu’il existe «< des choses que les savants ne soupçonnent même pas. »

Les coups frappés se produisaient jour et nuit. Les objets, soigneusement renfermés dans des armoires et des colïres, étaient dispersés dans les chambres. L’intelligence occulte se révélait en accompagnant de coups rythmés les chants, les paroles et même les pensées. Des dialogues par coups et grattements furent établis entre M. Akoutinc, ingénieur chimiste attaché au gouverneur d’Orembourg, et les agents Invisibles, sur des sujets au-dessus des connaissances des habitants de la ferme. Des globes lumineux sortaient de dessous les lits et des recoins de la chambre, et se promenaient dans le vide. Une main d’enfant apparut. Chose plus grave : le feu prit en plusieurs endroits et jusque dans les

vêtements de M me Schtchapov qui faillit être brûlée. Il fallut quitter en toute hâte cette habitation devenue dangereuse.

L’éminent naturaliste et académicien Alfred Russell- Wallace, dans son livre : les Miracles et le Moderne Spiritualisme (pp. 106 à 112), mentionne plusieurs cas de hantise. Nous n’en citerons qu’un seul :

Tous les habitants d’un vieux manoir du comté de Kent étaient dérangés, la nuit, par des coups, des bruits de pas, mais plus spécialement par des voix dont on ne pouvait découvrir l’origine et qui épouvantaient les domestiques. Deux personnes, Miss S... et M rac R..., douées de facultés psychiques, étant venues en cette demeure, virent plusieurs fois sur le seuil et en différentes parties du manoir, en plein jour, deux figures — un couple âgé — vêtu à la mode ancienne, qui leur parlèrent et dirent avoir possédé autrefois ce domaine; leur nom était Children. Elles étaient tristes de voir que leur propriété était passée en des mains étrangères.

Après de longues recherches, on constata, dans les Mémoires de Hasted , au British Muséum, que Richard Children, esquire, et son épouse avaient habité le manoir de Ramhurst, dans le Kent, et y étaient morts en 1753.

Allan kardec, dans la Revue spirite , appelle l’attention sur d'autres phénomènes de hantise, entre autres le cas de l’esprit frappeur de Bergzabern, dont les mauvais tours durèrent huit ans (numéros de mai, juin, juillet 1858); celui du boulanger des Grandes-Ventes, près Dieppe (mars 1860); celui de h rue des Noyers. n° 95, à Paris (août 1860). Puis, sous le titre : Histoire d'un Damné , l’histoire de l’esprit frappeur de

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Castelnaudary (février 1800); celle d’un fabricant dp Saint-Pétersbourg (avril 1860), etc.

Depuis lors, des manifestations identiques se sont produites à Bruges, Talence, Fives-Lille, Poitiers; en plein Paris, boulevard Voltaire et rue Ducouédic;à Charleroi, Arcueil, Ath, Bruxelles, Valence-en-Brie, Agen, etc.

A peine ces phénomènes cessent-ils sur un point qu’ils reparaissent sur d’autres. Ne semble-t-il pas qu’il y ait là un enchaînement de faits successifs et voulus, dans le but d’attirer et de retenir l’attention, de provoquer des recherches et des enquêtes? Des hommes au jugement superficiel considèrent ces manifestations comme vulgaires, grotesques, indignes de leur intérêt. En réalité, elles sont parfaitement adaptées aux exigences positives etmatérialistes denotre époque. Il fallait des phénomènes bruyants et répétés pour se couer l'indifférence et l’inertie de nos contemporains.

Cette indifférence est des plus difficiles à vaincre. Les savants français surtout se sont dérobés systématiquement et ont évité d'étudier ces faits. C'est en v^in que les cas se renouvellent et se prolongent. En certains milieux, comme à Valence en-Brie, aux portes de Paris, les manifestations durent des mois entiers, sans qu'aucun savant officiel consente à se déranger. Ce qui n'empêchera pas ces messieurs de déclarer à l’occasion, comme l’a fait un grand chimiste, au sujet du spiritisme : « qu’ils n’ont rien vu et sont obligés de nier (t) ».

11 ) Propos attribué à M. Berthelot par le Soir du 20 décembre 189b.

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