DANS I.*I-XV1S1BI.K
Au sujet des maisons hantées, j’ajouterai mon témoignage personnel à ceux que j'ai cités.
J ai longtemps habité, à Tours, une maison où Ton entendait des bruits de pas, des coups frappés sur les murailles et les objets mobiliers. Des portes s’ouvraient après qu’une main invisible en avait remué et tourné le pêne. La sonnette tintait sans qu’on l’eût touchée. Quelquefois, au moment même où un visiteur voulait y porter la main, on l’entendait retentir avant qu’il l’eût atteinte.
Pendant la guerre de 1870, étant officier aux mobilisés d’Indre-et-Loire, je fus logé pendant quel ques jours dans une vaste et antique demeure, aux abords du camp de Dompierre, où notre bataillon étail cantonné. Lorsque, le soir, je regagnais ma chambre à travers les escaliers et les longs couloirs, je ressentais de singulières sensations : des souffles, des contacts indéfinissablesm’impressionnaient. Toute la nuit, j’étais incommodé par des bruits mystérieux, par des vibrations qui faisaient trembler lit et parquet.
Un sergent de ma compagnie étant médium, je l’emmenai en ce logis par une nuit d'hiver et nous nous plaçâmes tous deux à une table, cherchant à pénétrer le secret de ces manifestations. La table fut bientôt agitée, puis renversée par une force invisible. Des crayons furent brisés; le papier, déchiré. Des coups ébranlaient les murs; des bruits sourds, paraissant provenir des profondeurs du sol, se faisaient entendre
‘Il CN O AI K N fi;s S 1*0 N TAN KS
Soudain, la lumière s’éteignit. Un roulement, plus fort que tous les bruits précédents, fit trembler la maison, puis se perdit au loin dans le silence de la nuit. Avant de quitter cette demeure hantée, nous apprîmes qu’elle avait été autrefois le théâtre de scènes sanglantes.
Les âmes en peine fréquentent aussi les palais. La duchesse de Pomar, que ses amis regretteront toujours pour le charme de son esprit, les hautes aspirations de son âme etlagrâce deson hospitalité princière. possédait à Paris, avenue de Wagram, un somptueux hôtel ouvert à tous ceux qui se sont fait un nom dans le domaine des recherches psychiques. Elle s’y était ménagé une sorte d’oratoire, en formé de chapelle. Pans un jour vague, tamisé par des vitraux peints, au milieu d‘un recueillement provoqué parles sons graves d’un harmonium, entourée de plusieurs médiums, elle recevait souvent les instructions des intelligences invisibles, et, en particulier, celles de l’esprit de Marie Stuart, qu’elle considérait comme son inspiratrice assidue.
Un soir de séance, les murs de l’oratoire vibrèrent sous de violents courants lluidiques ; des coups retentirent sur le portrait en pied de .Marie Stuart, placé dans une sorte de sanctuaire. l T ne statuette de bronze s’agita et la table autour de laquelle nous étions placés se mit à osciller et à gémir. Je dis gémir, et, en elïet, des plaintes semblaient sortir du petit meuble. Le général C.de B...iuterrogea,et,au moyende raps entrecoupés de plaintes pareilles à des sanglots, un esprit, disant être le général Boulanger, récemment suicidé à ïxelles, nous exposa son angoisse, ses souffrances
morales. Malgré les liens d'amitié qui unissaient les deux généraux, nous n’obtinmes rien qui pût établir d’une manière certaine l'identité du manifestant, mais les gémissements entendus, d'une imitation impossible, nous laissèrent sous une pénible impression.