‹ Dans l'invisibleChapitre 54 sur 57 · XXVI. — La médiumnité glorieuse · texte numérisé non relu

XXVI. — La médiumnité glorieuse

Les médiums de notre temps, trop souvent, sont méconnus, dédaignés, persécutés. Mais si, d’un regard T vous embrassez la vaste perspective de l’histoire, la médiumnité, sous ses noms divers, vous apparaîtra comme ce qu'il y a eu de plus grand dans le monde. Presque tous les privilégiés : prophètes, voyants, missionnaires, messagers d’amour, de vérité, de justice, presque tous ont été des médiums, en ce sens qu ils ont communiqué avec l’invisible, avec l’infini.

On pourrait dire, à bien des points de vue, que le dénie est une des formes de la médiumnité. Les hommes de génie sont des inspirés dans le sens transcendantal et fatidique de ce mot; ils sont les intermédiaires et les messagers de la pensée supérieure. Leur mission est voulue. C’est par eux que Dieu converse avec le monde ; c’est par eux qu’il appelle et attire à lui l’humanité. Leurs œuvres sont des fanaux qu’il allume sur la longue route des siècles.

Devons-nous, pour cela, les considérer comme de simples instruments, et n’ont-ils aucun droit à notre admiration ? Telle n’est pas notre pensée. Le génie est, avant tout, un acquis du passé, le résultat de patientes études séculaires, d’une lente et douloureuse initiation; celles-ci ont développé chez l’être d’immenses aptitudes, une profonde sensibilité qui l'ouvrent aux influences élevées. Dieu réserve la lumière à celui-là, seul, qui, longtemps, l’a cherchée, désirée, demandée.

DANS L’iNVISIBLE

Schlegel, parlant des Génies, se pose cette question : « Sont-ce vraiment des hommes, ces hommes-là ? »

Oui, ce sont des hommes, par tout ce qu’ils ont de terrestre, par leurs passions, leurs faiblesses. Ils subissent toutes les misères de la chair, les maladies, les besoins, les désirs matériels. Mais par où ils sont plus que des hommes, ce qui fait en eux le génie, c’est cette accumulation des richesses de la pensée, cette lente élaboration de l'intelligence et du sentiment à travers des vies sans nombre, tout cela fécondé par l’inllux, par l’inspiration d'en haut, par une communion constante avec les plans supérieurs de l’univers. Le génie, sous ses mille formes, est une collaboration avec l’invisible, une assomption de l’aine humaine vers Dieu.

Les hommes de génie, les saints, les prophètes, les grands poètes, savants, artistes, inventeurs, tous ceux qui ont agrandi le domaine de l’ame, sont des envoyés du ciel; ce sont les exécuteurs des desseins de Dieu dans le monde. Toute la philosophie de l’histoire est là ! Est-il un plus beau spectacle que celte chaîne médianimique ininterrompue qui relie entre eux les siècles comme les pages d’un grand livre de vie et ramène tous les événements, même les plus contradictoires en apparence, au plan harmonieux d’une majestueuse et solennelle unité? L’existence de chaque homme de génie est comme un chapitre vivant de cette bible grandiose.

D’abord, paraissent les grands initiés du monde antique, les pères de la pensée, ceux qui ont vu l’Esprit briller sur les sommets ou se révéler dans les sanctuaires de l’initiation sacrée: Orphée, Hermès, Krishna,

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