‹ Dans l'invisibleChapitre 55 sur 57 · LA MK DI CM NI TÉ GLORIEUSE · texte numérisé non relu

LA MK DI CM NI TÉ GLORIEUSE

Pythagore, Zoroastre, Platon, Moïse; les grands prophètes hébreux : Isaïe, Ezéchiel, Daniel.

Plus tard, viendront Jean le baptiste ; le Christ et toute la pléiade apostolique, le voyant de Pathmos et l’explosion médianimique de la Pentecôte qui va éclairer le inonde, selon la parole de Joël ; et encore Ilypathie l’alexandrine et Yelléda la druidesse.

C’est dans le silence auguste des forêts et des montagnes, par le détachement des choses sensibles, dans la méditation et la prière, que le prophète, le voyant, l’inspiré se préparent à leur tache. L’invisible ne se révèle qu’à l’homme solitaire et recueilli. Platon reçoit ses inspirations sur le sommet de l’Mymette; Mahomet sur le mont Dira; Moïse sur le Sinnï; Jésus communie avec son père, dans les larmes et la prière, sur le mont des Oliviers.

Le prophétisme en Israël, pendant vingt siècles consécutifs, est un des phénomènes transcendantaux les plus marquants de l’histoire. La critique contemporaine n’y a rien compris, ou a feint de n'y rien comprendre; elle a cru tout simplifier en niant. L’exégèse catholique l’a dénaturé, pensant tout expliquer d’un seul mot : le miracle. Elle eut pourtant un autre mot plus juste en appelant les prophètes « les harpes vivantes de l’Esprit saint ». Ainsi, sur ce point, comme sur tant d’autres, la science et la religion, isolées, ne peuvent donner que des notions incomplètes; seule, la doctrine spirite, servant de trait d’union à l une et

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à l'autre, peut les réconcilier. Le spiritisme a pénétré le mystère apparent des choses; il projette les clartés de l'au-delà sur la théologie qu’il complète et surl’expérimentalisme qu’il éclaire. La vérité est que les prophètes israélites sont des médiums inspirés; ce nom seul leur convient. Nous le verrons plus loin par des exemples tirés de la Bible. Ils nous démontreront que l'histoire d’Israël est le plus beau poème médianimique, l’épopée spiritualiste par excellence. C’est ce que dira certainement un jour l’exégèse scientifique. Et, par elle, se dissiperont les obscurités des Livres sacrés. Tout s’expliquera; tout deviendra à la fois simple et grand.

L’origine du prophétisme en Israël est marquée par une manifestation imposante. Un jour, Moïse choisit 70 anciens et les place autour du tabernacle. Jéhovah révèle sa présence dans une nuée ; aussitôt les puissantes facultés de Moïse se communiquèrent aux anciens et « ils prophétisèrent (1) ». Le tabernacle joue ici le rôle d’accumulateur ou de condensateur

(i) Selon l'Ecriture, « prophétiser » ne signifie pas seulement prédire ou deviner, mais encore être mu par un esprit bon ou mauvais (l t Reg. trad. Glaire, ch. XVIII, io).On trouve souvent ces expressions dans la bouche des prophètes : •< Le fardeau du Seigneur est tombé sur moi » ou bien « l’Esprit du Seigneur est entré eu moi ». Ces termes indiquent clairement la sensation qui précède la trance, puis la prise de possession du médium par l’Esprit. Et encore ceci : « J’ai vu et voici ce que dit le Seigneur », ce qui désigne la médiumnité voyante et auditive simultanées .

« Si quelqu’un parmi vous est prophète, je lui apparaîtrai en vision. » {Nombres, ch. XII, C17.; « Je placerai mes paroles dans sa bouche. » (Deut. XVIII, 18.) « L’Esprit m’a enlevé et porté jusqu’à

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fluidique; cest un moyen d’extériorisation comme les miroirs de métal brillant; en le contemplant, on provoquait la trance. (Quanta la manifestation de Jéhovah dans la nuée, elle est un commencement de matérialisation. Celle-ci, nous l’avons vu, commence toujours par un amas nébuleux, vague d’abord, dans lequel l’apparition se dessine et se précise peu à peu. Jéhovah est un des Elohim, esprits protecteurs du peuple juif et de Moïse en particulier. Sous son influence, les pouvoirs spirituels de Moïse se transmettent aux 70 anciens, comme les pouvoirs du Christ se transmettront plus tard, partiellement, aux apôtres dans le Cénacle, comme nous voyons de nos jours, en certains cas, la médiumnité setransmettre d une personne à l'autre par des passes et des attouchements.

Ainsi commence le prophétisme ou médiumnité sacrée en Israël. Moïse, initié aux mystères d’Isis par son long séjour en Egypte, et surtout par ses relations familiales avec son beau-père Jéthro, grand-prêtre d’Iléliopulis, a été à son tour le grand initiateur psychique de son peuple, avant d'en être le législateur immortel.

Depuis lors, la médiumnité prophétique devint permanente dans la race juive, quoique intermittente

lui. » ( Ezéchiel , IH, 14.) Cas de lévitation qui s’applique également à l’apôtre Philippe.

Comme de nos jours, la médiumnité se répandait également sur les deux sexes. Il y avait des prophètes et des prophétesses. Parmi celles-ci, les plus célèbres sont Marie, sœur de Moïse, Déborah, Holda, Anne, mère de Samuel, Abigaïl, Esthcr» Sara, Rébecca et Judith.

dans ses manifestations. Elle est visiblement subordonnée à certains états psychologiques qui ne sont pas toujours constants, ni chez les individus, ni chez les peuples. Au temps des Juges, le prophétisme était « chose rare ». Avec Samuel, il reparaît, il resplendit d’un éclat nouveau. A cette époque, l’état d’âme du peuple hébreu se prêtait mieux à ce phénomène. Dans la vie des nations, il y a des époques de trouble intellectuel et de dépression morale qui obligent l’Esprit à s’éloigner momentanément. La Erance, elle aussi, a connu ses heures d'obscurité et d'incertitude.

Samuel, ayant compris que la médiumnité transcendantale est subordonnée aux dispositions morales des individus et des sociétés, institua des écoles de prophètes, c’est-à-dire des groupements où Ton s'initiait aux mystères delà communication fluidique.

Ces écoles étaient établies dans certaines villes, mais plutôt dans les vallées solitaires ou les replis des montagnes. L’étude, la contemplation de l'infini, dans le silence et la beauté des nuits, sous le scintillement des étoiles, ou bien dans la clarté des jours, sous le ciel limpide de l’Orient, préparaient l’élève prophète à recevoir l’influx d’en haut. La solitude l’attire ; à mesure qu’il s’éloigne des hommes et s isole, une communion plus intime s'établit entre lui et le monde des forces divines. Aux gorges profondes des monts de Judée, dans les cavernes perdues de la chaîne sauvage de Moab, il rêve, il prête l’oreille aux mille voix de cette nature austère et grave qui l’entoure.

C’est que la nature entière, pénétrée par la substance divine, est un médium, c'est-à-dire unintermé-

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tet)

-diaire entre l'homme et les Etres supérieurs. Tout est relié dans l'immense univers ; une chaîne magnétique rattache entre eux tous les êtres, tous les mondes. Il a fallu notre science fragmentaire et l’excès dissolvant de l’esprit critique pour détruire cette magnifique synthèse et isoler l'homme moderne du reste de l’univers et de ■ses plans harmonieux.

La musique jouait aussi un grand rôle dans l’initiation prophétique (l). Cet art, nous le savons, met du rythme dans l’émission fluidique et facilite l’action des puissances invisibles. La préparation était laborieuse, le noviciat difficile. Pendant les deux premières années, l’aspirant prophète était simplement médium passif; puis il apprenait à devenir actif et, par l’extériorisation, à lire dans l’invisible les clichés, la norme des événements à venir. Cet exercice était long et souvent trompeur (2).

Parfois des inlluences successives et contraires agi-

(1) Voir pour les écoles de prophètes l’étude très documentée du cardinal Meignan, les Prophètes d'Israël , considérations préliminaires, pp. 14 et suiv. LecolTre, édit.

(2) Dans la vision prophétique, les plans visuels successifs sont souvent intervertis, et les lois de la perspective bouleversées. C’est ce qui rend si obscurs les oracles prophétiques de tous les temps, les oracles bibliques en particulier.

Tous les événements de l’histoire sont prévus par Dieu et gravés dans sa lumière. La grande difficulté est de pouvoir et de savoir les lire ; car il est très difficile de distinguer le passé de l’avenir dans cette vision rapide. C’est pourquoi l'oracle parle toujours au passé même lorsqu il s’agit du présent. Ainsi la grande épopée humaine, avec ses drames, ses épisodes si multiples et si mouvementés, est inscrite dans la lumière divine d’où elle peut se refléter, en se concrétant, dans le cerveau du voyant.

taient les prophètes. Tel est l’exemple de Balaam qui part pour maudire les tribus et qui est contraint de prophétiser leur gloire. Jamais la dualité des esprits inspirateurs ne fut plus patente que dans cet épisode biblique.

Il sera parfois difficile de faire, dans la médiumnité, de quelque nature qu'elle soit, la part du médium et celle de l’esprit. De là, des contradictions apparentes» une sorte de lutte psychologique intime entre le médium et celui qui l’inspire ; c’est le combat symbolique de Jacob et de l’ange, mais toujours l’esprit finit par vaincre, et sa lumière imprègne victorieusement la mentalité et la volonté du sensitif. Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que l’esprit, quand il est d’une nature élevée, ne violente jamais le sujet dont il s’empare ; if respecte sa personnalité, sa liberté, et ne procède qu’avec délicatesse et par persuasion. C’est pourquoi chaque prophète, qu’il soit grand comme Isaïe ou humble comme le pasteur Amos, garde, dans l’accomplissement de sa mission, son langage habituel et le cachet de sa personnalité. Ainsi, de nos jours, deux médiums pour interpréter la même révélation, ne s’exprimeront pas dans les mêmes termes et ne verront pas dans la même lumière.

A chaque page de la Bible, nous trouvons des textes affirmant la médiumnité sous toutes ses formes et à tous ses degrés. Sous les noms de dieux, anges, etc., les esprits protecteurs des hommes ou des nations

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prennent part à chaque fait, interviennent dans chaque événement (l).

Moïse est voyant et auditif. 11 aperçoit Jéhovah, l’esprit protecteur d’Israël, dans le buisson d’Horeb et sur le Sinaï. Lorsqu'il se penche sur le propitiatoire de l'arche d'alliance, il entend des voix ( Nomb ., Vil, 89). Il est médium écrivain lorsqu’il écrit, sous la dictée d’Eloïm, les Tablesde la loi ; médium actif, magnétiseur puissant, lorsqu’il frappe d’une décharge fluidiqueles Hébreux révoltés dans le désert; médium inspiré, lorsqu’il chante son merveilleux cantique après la défaite du Pharaon. Moïse nous présente encore un genre spécial de médiumnité, la transfiguration lumineuse, observée dans certains phénomènes contemporains. Lorsqu’il redescend du Sinaï, il porte à son front une auréole de lumière.

Samuel, dont la naissance, comme celle des prédestinés, fut précédée d’oracles et de signes, devint prophète dès l’enfance. Uormant dans le temple, il est réveillé souvent par des voix qui l’appellent, l’entre-

(i) Oue ce soit une voix, une lumière, une vision ou tout autre phénomène, le voyant s’écrie : « J‘ai vu Dieu. » Jacob lutte avec un inconnu et il dit : « J'ai vu Dieu face à face. » (- Gen ., XXXII, 3 o). Au chap. XVIII nous lisons : » L'Eternel apparut l\ Abraham pendant la chaleur du jour; car voici, trois hommes parurent près de lui. ■* Ces hommes discutent avec Abraham et accompagnent Loth. Il est évident que le texLe •veut dire des hommes de Dieu ou des Esprits.

« J’ai vu un Dieu monter de la terre, »> dit la pythonïsse d’Endor à Saiïl. On sait qu’il s’agit ici de l’esprit de Samuel ; le doute n'est pas possible (I Mois, XXVII, 7-^0). Samuel prédit à Saiil sa mort prochaine et celle de ses fils, événement qui se réalisa.

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tiennent dans la nuit et lui annoncent les choses futures (I. lïois % IIIJ à 18).

Esdras liv. IV, ch. XIV) reconstitue la Bible entière qui avait été perdue, et cela dans des conditions où s'affirment encore différents genres de médiumnité. Lavoix lui dit :

« Prépare beaucoup de tablettes et adjoios toi cinq scribes prompts et habiles. Et j’allumerai dans ton cœur la lampe de l'intelligence qui ne s’éteindra pas jusqu’à ce que tu aies lini d’écrire ce que tu auras commencé. » — « Ma bouche s ouvrit et ne se referma point. — Je dictai sans cesse, la nuit et le jour. — Et le Très-Haut donna l’intelligence aux cinq hommes qui étaient avec moi, et ils écrivirent les révélations de la nuit, des choses qu’ils ne comprenaient point. Et ainsi, pendant quarante jours, furent écrits 204 livres (1). »

Job eut une vision qui est le type parfait de la matérialisation spirite. Tout le livre de Job est rempli d’illuminations et d’inspirations médianimiques. Sa vie même, tourmentée par de mauvais esprits, est un sujet d’études très suggestives.

La Bible mentionne des cas fréquents d’obsession,, entre autres, chez Saül, qui est souvent possédé par un esprit décoléré : * Dans son âme vide, un mauvais esprit s’introduit (2). » C’est un phénomène d’incorporation bien caractérisé.

Saül fut d’abord un médium « du Seigneur » ; maisr

il) IV, Esdras, X, à

<2) Hois, XVI, i',.

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