GC. DES AUTELS
NuE
Amour voyant l’orgueilleuse Belone
Sans prendre fin attizer sa fureur,
Et que desia le trauail, le labeur,
Nous transformoit ainsi qu'vne Grorgone Iura ses trets, son Carquois, Sa couronne,
Qu'il laisseroit tout le monde en langueur
Se desmolir, si le Guerrier vainqueur
Ne desistoit de sa rage felonne :
Incontinent du ciel nous vint la paix,
Et lors Amour acera ses beaux trets,
Qui ores font qu’à son tour il commande :
Et t’attirant dedans son doux erreur,
Il te choisit le premier de la bande
Pour mieux chanter sa force et sa grandeur.
Je pensoy, D’EspiNay, estre seul en la France
Qui languist en mourant, et mourust languissant, Ie me pensoy tout seul serf de ce Dieu puissant Auoir chanté mon mal sans vne recompance :
Mais à ce que ie voy, la doubteuse esperance
Ne m’a trompé tout seul, en amour pourchassant : Veu qu’en ton premier feu tu ne fus iouissant Pour L’estre declaré constant en inconstance.
VI — 4 : Gorgonne:; 5 : traitz.