‹ Dans l'orbe de la PléiadeChapitre 24 sur 45 · XVI. — 1: Voir amaigrir le plain; 15 : flâme · texte numérisé non relu

XVI. — 1: Voir amaigrir le plain; 15 : flâme

RONSARD, AMOUTS, IT, It (B1., I, p. 148; Laumonier-Lemerre, I, p. 1392) :

Marie, vous avez la joue aussi vermeille Qu'’une rose de, May...

Mais vous avez le cœur d’une fiere Lionne.

GRÉVIN développe aussi la comparaison en un sonnet entier (Olymipe, éd. 1560,

Ainsi que le lion qui de l’obscur d’un bois.

XVIII, — Souvenir du 1 quatrain du sonnet de PÉTRARQUE? ( sonnet XV, sur la mort de Laure, rima 242)

Discolorato hai, Morte, ii più bel volto

Che mai si vide, e i più begli occhi spenti, Spirto .piu acceso di virtuti ardenti

Del più leggiadro, e più bel nodo hai sciolto.

Plus probablement souvenir de RONSARD, AMours, I, CXCOIIII (Vaganay, p. 319) : Quelle langueur ce beau front deshonore ?

Quel voile obscur embrunist ce flambeau ?

Quelle palleur depourpre ce sein beau ?

Voir si soubdain ces moissons si heureuses Par vn ennuy deuenir malheureuses, Et ce doux ris en desdain se changer :

Cela me fait acheminer mon ame Au lieu mortel, ou ceste ardente flame Me consommant de moy se veult venger.

Comme iadis dessus le bord humide On veit le beau de Narcis s’escouler, Et le vermeil de son teinct s’enuoler Au seul obiect de son ombre homicide

Ainsi Amour que ay prins pour mon guide, Le vain pourtraict me contrainct accoler, Et cest ingrat veult tout mon heur mesler Au dur tourment du pauvre Cephiside.

Ah! faut-il donc qu'vn œil si enuieux Pour mon malheur m’accompagne en tous lieux, Bruslant apres vne image incertaine?

Et quoy? fault-il que le vain d’vne face D'yn tret si feinct amenuiser me face,

Et le songer d’vne forme inhumaine?

Si le regard qu’vn si bel œ1l me rue,

Et le parler de Dame si accorte,

Et si Amour la fait sur moy si forte

Lors qu’en parlant d’vn ris elle me tue, Las que feray? si par sort elle mue

Ou par ma faulte, ou par estrange sorte

Ses yeux piteux, ou l’ame demi-morte

Pour sa franchise auoit place tenue :

XIX. — Réplique de RONSARD : Amours, I, CLIIT; B1., I, p. 88. Voir le texte, plus haut, ch. II. Suggéré par OVInE, peut-être ‘Meta, III, 339 sq.), ou par PÉTRARQUE (rima 37, sonnet XXX) :

Certo se vi remembra di Narcisso, Questo e quel corso ad un termino vanno :

Benché di si bel fior sia indegna l’erba.

XIX, 6. — Souvenir probable de RONSARD, Amours, I, CLVII (Vaganay, p. 262) : le poète se plaint de ne pouvoir se repaitre « qu'au seul regard d’une vaine peinture », le portrait de Cassandre; et il se compare à Narcisse. D’Espinay a donc fondu les deux sonnets de Ronsard inspirés par la légende de Narcisse, en copiant

surtout le second.

Mais las, ay peur que mon cueur ne se gelle Au changement d’vne forme cruelle, Le: La mesme peur ont esprouvé les Vieux.

» Car toute femme estant de sa nature » De cueur leger, en elle bien peu dure .. » L’heureux plaisir d’vn estat amoureux.

D’vn pleur fatal et d'vn aspre regret * Ie vay bornant le reste de ma vie, D'autres plaisirs il ne me prent enuie, Apres l'effort d’vn si malheureux tret :

Cest ardent feu que son œil m’auoit faict Par qui mon ame auoit esté rauie, N'a rien monstré qu’vne flame suyuie D’vn long espoir sans rendre son effect.

Change, ma Muse, vn peu de ta douceur, Pour d’vn chant triste annoncer mon malheur,

XX. — 9: Mais si i'ay peur et que mon cueur se gelle; 11-14 : pas de « » en 1559. É XXI. — 7: flâme; 9 : doulceur; 12 : repli.

XX. — Traduction littérale de PÉTRARQUE, rima 150, sonnet CXXXI. Voir le texte de Pétrarque, plus haut, chap. II.

XX, 11-13. — Allusion à VIRGILE (Æn., IV, 569-570) : Varium et mutabile semper femina; ou à CATULLE (Carm., LXVIII, 128) : Quanquam præcipue multivola est mulier.

XXI, 1-4. — Sur les tourments des amoureux la littérature de la Renaissance est fort abondante. On les trouvera résumés dans MARULLE, Epigram., I, De suo Amore : Jactor, dispereo, crucior, tractor huc miser atque huc: ibid. : ad Neæram : Rogas quæ mea vita sit, Neæra; ibid., II, ad Neæram : Vesanos quotiens tibi furores, fo Dixij; bid., fo Cij vo : Donec liber eram, Neæra; et passim.

XXI, 12-14. — Cf. SANNAZAR : Rime, seconda parte, page 331 :

Diro con gran fatica Gli affanni e i doloy miei.

Vuo che tu veda e senta

Quella che mi tormenta,

Quasi un languido Cigno sù per l'herbe, Ch'’al’hor, che morte il preme,

Getta le voci extreme;

et ATcadia, prosa VIII, p. 127 : Et quivi, prima ch’l sole ulcisse, a pie di una bella quercia, ove altra volta mi ricordai essere nel seno di lei riposato, mi posi a sedere, ne più ne meno, come se questa stata fosse medicina del mio furore, et dopo molto sospirare, à guisa, che suole il candido Cigno presago della sua morte cantare gli esequiali versi..

Mais la véritable source d’Espinay, c’est DU BELLAy (Olive, LIX, 1-4). Voir le texte au chap II.

Presage seur de ma mort bien prochaine :

Et tout ainsy qu’au reply de Meandre

Sa triste fin le Cygne fait entendre,

Chante mes maux, mes trauaux et ma peine.

Ce braue grec ne receut tant d'honneur, Orné des vers de l’Homerique grace, Ni tel encor ceste Troyenne race Du Mantouan ne sentit la faueur, Que de tes vers ceste graue douceur Qui tout le mieux de ma ieunesse embrasse, Au sainct troupeau des Vertus entrelasse L'humble subiect du plus grand de mon heur.

Or pleust à Dieu que ma Maistresse peût Mirer en moy vn tel loz et receñût Le moindre tret sortant de ces escrits :

Le te loüerois sur ceste muse Greque, Et ia ta lyre à l’esgal iroit presque Des graues sons de si diuins esprits.

Heureux PLEssis, si l’ardeur de ta voix,

Si le doux miel de ta langue benine,

Si tes escrits que la Muse illumine

Voulant reuiure encore quelquesfois, Laisse couler le debat de ces trois

Sans ramasser la querelle diuine,

Et sur le plain de ta lyre Angeuine

Vien accorder vn fredon de tes doits :

XXID=—= 5 > doulceur.

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