‹ Dans l'ouest canadien: la Pointe-aux-RatsChapitre 4 sur 20 · UNE MAISON POUR UNE DANSE · texte numérisé non relu

UNE MAISON POUR UNE DANSE

« Eh! Hamelin, t'as pas un marteau et deux clous? »

Hamelin donna le marteau et les clous, et, bien en vue sur un des murs de planches du magasin qui en même temps servait de bureau de poste, Joë Pinette cloua la pancarte suivante :

« Le vendredi 8 mai, Joë Pinette donnera une danse pour la construction de sa maison, sur la section dix, quart Nord-Ouest, au coin du petit bois de trembles. Chaque habitant devra fournir trois logs (1) de vingt pieds. Ceux qui ont des haches à équarrir et des vilebrequins sont priés de les apporter.

« Il y aura du whiskey. »

Le samedi suivant, jour de courrier, fous les colons qui vinrent chercher leurs lettres

(1) Troncs d'arbres

lurent et commentèrent cette pancarte, et,

dans le courant de la semaine, la nouvelle

d'une danse donnée par Joë Pinette se répandit

dans toutes les fermes des environs : les dis-

tractions sont si rares dans les pays naissants!

Vendredi 8 mai : sur la section dix, quart Nord-Ouest, au coin du petit bois de trembles, Joë Pinette décharge des planches et des bardeaux qu'il vient d'amener de Mac Creary. Un peu plus loin, les chevaux sont attachés à un arbre et dispersent à coups de nez le foin amoncelé devant eux. Plus loin encore, dans la prairie haute, flambent deux énormes feux surchargés de marmites pendues à des crémaillères de bois, autour desquels s’activent Mme Pinette et ses deux filles.

Le mince tas de planches, les bardeaux, une boîte de clous et un tonneau de chaux, tels sont les seuls matériaux que Joë Pinetle a transportés au coin du petit bois pour la construction de sa maison.

Mais dès le début de l'après-midi les wagons des fermes environnantes, chargés des logs prescrites, arrivent les uns après les autres, et

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