CNE GRANDE F£TE COSTUMÉE CHEZ LES DE RECTA
Le buffet est installé dans la salle à manger transformée en verger. Buffet « genre jardin », de grandes tables de bambou doré, drapées d'étoffes japonaises. Pas de nappes; les nappes, c'est joli pendant une heure, tant que c'est d'une éblouissante fraîcheur; mais, dès que le frottement coatinuel les fripe, que les domestiques y ont appuyé leurs mains aux gants déjà salis, que les taches de vin, les miettes de gâteau, les écrasements de foie gras, de grains de raisins éventrés, les pelures de mandarines, les bribes de jambon échappées des sandwichs,
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les grappes plumées envolées des assiettes, les bonbons mous et les petits fours coulants, les hérissent en tous sens, les nappes sont horribles k voir, tandis que, sur le bois ciré, tous ces petits accidents passent à peu près inaperçus.
Les tables sont couvertes de verres mousseline, d'assiettes du Japon et de tasses de Sèvres. Couverts de vermeil ; petites serviettes de batiste d'ananas chiffrées d'or et garnies de dentelle d'or. Tonneaux de cristal taillé à facettes diamant, desquels on tire le Champagne frappé et les vins d'Italie et d'Espagne. Grands réchauds d'ai^ent, où reposent les pâtés aux huîtres et les bouchées à k reine.
Fruits en arbres ; d'immenses caisses de Delft, sortent des vignes chargées degrappes, qui montent et s'arrondissent en dôme au-dessus des tables; des pêchers et des abricotiers inclinent leurs branches chargées de fruits; tout autour de la pièce, court une bordure de pommiers nains. Derrière le buffet, un bataillon de domestiques
superbes, bien tournés, correclemeat san dans leur livrée sombre, vont et vieni silencieusement, agiles et furtifs comme ombres. Ils disparaissent ou rentrent par baie qui conduit à l'oflîce et à l'escalier cuisines. Cette baie n'est fermée que par portière de peluche épaisse comme un cou et plus assourdissante qu'aucune porte. Sp dide, la tenue des gens! Jamais nulle on n'a vu de domestiques aussi bien stylés ceux des Rectal