‹ Dans la beauté Rayonnaute des Psaumes anthologie des Psaumes [microform]. Traduction et commentaire litéraire et doctrinalChapitre 105 sur 203 · TROISIEME PARTIE. - PS. XLIX · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. - PS. XLIX

Premikre partie da discours de Dieu

Dans la premiere partie de son discours, Dieu s'en prend a ceux qui se croient quittes envers lui, en lui offrant les sacrifices rituels, sans les vivifier par une vraie piete interieure.

II leur accorde d'abord un temoignage de satisfaction pour leur ponctualite a .remplir exterieurement leurs obligations. II ne les blame pas de faire ce qui est requis ; mais il va leur montrer que ce n'est pas suffisant.

En quoi cette offrande que reclame Dieu pourrait-elle lui etre avantageuse? Pourrions-nous lui offrir quelque chose qu'il ne possedat auparavant? Mais non ; comme nous lelui disons actuellement dans la celebration de la Sainte Messe, nous prelevons pour lui une part sur les dons et les bienfaits regus de sa main, de tuis donis ac datis . Et Dieu parlant aux Juifs, dont le culte utilisait des animaux comme victimes, prend plaisir a les 6numerer, afin de demander ironiquement s'il avait vraiment besoin de 1'homme pour en prendre possession.

Encore bien moins pourrait-on pretendre subvenir, par le sacrifice, a 1'entretien de Dieu. Et ici 1'ironie devient cinglante. De fait, les rites sanglantsdu judaismeprenaient parfois 1'aspect d'un repas, particulierement dans les sacrifices eucharistiques ou 1'onrant lui-meme etait admis a manger de la victime qu'il venait d'ofi^rir. Mais ce repas, c'6tait au bonheur du fidele qu'il 6tait destine. Dieu 1'invitait a sa table ; il voulait ainsi, apres avoir confere a la victime qu'il agreait de la main de Thorn me une vertu sanctificatrice, en penetrer son fidele; et en meme temps, par ce geste de condescendance, il admettait son devot serviteur dans son intimite.

Le sacrifice doit traduire d'une maniere sensible et bien expressive I'hommage que nous rendons a Dieu ; il sera la reconnaissance du domaine souverain de Dieu sur Thomme, creature pecheresse, qui accepte de liii donner sa vie, de lui offrir son sang. G'est uniquement parce qu'il n'a pas le droit de verser lui-meme son sang qu'il doit se contenter d'offrir celui des boucs et des taureaux, qui represente et remplace le sien. II doit done, pour que son sacrifice ait quelque valeur, s'approcher de 1'autel ou le sang coule, en recon-

naissant du fond de 1'atne qu'il devrait verser le sang de ses veines, pour exprimer a Dieu son adoration de pecheur.

Desormais, dans la Nouvelle Loi, Dieu n'agree plus d'autre offrande que celle du corps et du sang de Notre-Seigneur Jesus-Christ immole (i). Cette offrande, realisee au Cehacle et au Galvaire sous des modalites diverses et renouvelee chaque jour a la Sainte Messe, constitue le seul sacrifice par lequel on puisse honorer Dieu. Mais encore faut-il le celebrer dignement ; encore faut-il voir dans la Passion de Notre-Seigneur J6sus-Christ que nous offrons, le modele des dispositions intimes qui doivent nous animer et le plan de sa notification que nous adoptons.

Gar si nous nous contentons d'assister passivement a la Sainte Messe, sans metne soupgonner ce que nous y venons faire, sans y exprimer aucun sentiment de devotion, que pouvons-nous meriter de Dieu sinon Feloge parcimonieux, plein de reproches sous-entendus, qu'il accordait a ceux qui s'acquittaient avec indifference, ou comme d'une corvee, de rites dont le sens ne les preoccupait nullement.

Le sacrifice que nous offrons est aussi un banquet, mais non pas un banquet pour Dieu. G'est un repas qui nous est plantureusement servi et Dieu yeut que nous mangions cetle victime que nous venons de lui offrir en hommage d' adoration, afin que se realise la parole de Jesus : Celui qui me mange vivra par moi (2).

Yoila a quelles conditions nous serons dignes de tout eloge dans 1'offrande de notre sacrifice.

Seconde partie da discours de Dieu

Dieu apostrophe ensuite des Juifs qui 1'honorent du bout des levres, mais dont le coeur et la conduite d6mentent les paroles (3). Ge sont des pharisiens avantl'heure; et dans les reproches virulents qu'adressera Notre-Seigneur Jesus-Christ aux pharisiens (4), il lais-

(1) Heb., ix, n-i4; x, 3-io.

(2) Jo., vi, 58.

(3) Matth., xv, 8.

(4) Matth., xxin.

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sera paraitre des sentiments d'indignation semblables a ceux que Dieu exprime dans le psaume que nous commentons.

Helas, il faut bien 1'avouer, il y a beaucoup de pharisiens attardes dans les rangs des Chretiens, et Dieu pourrait les flageller des memes invectives.

Que de personnes dites pieuses, que de gens reputes bien pensants, qui enumerent les preceptes de Dieu a longueur de journee, et qui n'he"sitent pas, 1'occasion s'y pretant, a rejeter les paroles de Dieu derriere soi ! Suivons pas a pas le requisitoire divin.

Vois-tu un voleur, aussitot tu t'empresses a 1'accompagner. N'est-ce pas la condamnation du commerc.ant sans scrupule, qui pourtant s'estime bon chr6tien?

u Et tu t'associes aux adulteres : cette fois, c'est le deVergondage, la licence des moeurs, de gens qui ont Fillusion de reussir a concilier dans leur vie le Christ et Belial (i) .

Ta bouche, tu la livres sans contrainte au mal, et ta langue ourdit la fraude. Pourquoi la sincerite n'est-elle pas cultivee de nous tous?

Avec le plus grand calme, tu paries centre ton frere, tu lances 1'injure centre le fils de ta mere. Helas, oui, que de manquements a la charite parmi ceux que Jesus aurait voulu voir unis comme des freres, et auxquels il disait la veille de sa mort : Je vous donne un commandement nouveau... celui de vous aimer les uns les autres comme je vous ai aimes. G'est k cela que tous reconnaitront que vous etes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres (2).

Aussi ecoutez la sentence divine : Quand tii agis ainsi, vais-je pouvoir me taire?... Veuillez done entendre raison, vous qui oubliez Dieu, de peur que je ne vous taille en pieces, sans que personne puisse vous delivrer. Redoutons le jugement de celui que Ton n'irrite pas sans avoir a s'en repentir.

Concluons avec le psaume qu'il faut etre loyal en tout, en mettant d'accord ses sentiments avec les rites du culte, et en conformant sa conduite a la doctrine que Ton professe.

(0 II Cor., vi, 1 5.

(2) Jo., xm, 34-35.

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