‹ Dans la beauté Rayonnaute des Psaumes anthologie des Psaumes [microform]. Traduction et commentaire litéraire et doctrinalChapitre 120 sur 203 · QUATRIEME PARTIE. PS. LXVII · texte numérisé non relu

QUATRIEME PARTIE. PS. LXVII

comment, d'un coup d'aile, nous survolons toutes les destinees religieuses d'Israel pour en voir 1'aboutissant dans la conversion de tous les peuples de la terre a la vraie foi. Dieu s'avance : place a Dieu!

Un prelude oppose rapidement le sort des impies a celui des justes. Le premier verset est un appel a Dieu, et engage I'offensive centre les impies : ce sont les paroles memes que pronongait Moise lorsqu'on elevait 1'arche, pour la porter en tete des colonnes d'Israel partant pour unenouvelle etape a travers le desert (i). Devant Dieu, que les impies s'enfuient comme une fumee que chasse le vent, ou comme la cire qui fond pour s'eloigner d'un feu ardent.

Dieu conduit Israel a la conquete dupays de Chanaan

Que de fois, deja, nous avons rencontre dans le psautier des allusions al'Exode! et c'est un sujet qui ne lasse jamais, tant les poetes d'Israel ont su traiter ce theme avec variete, et y faire passer 1'elan de leur foi reconnaissante.

Le psalmiste rappelle ici a 1'Israelite pieux, auquel son ode est destinee, que le Dieu dont il va chanter les exploits est celui qui s'est manifesto comme le pere des orphelins et le soutien des veuves, depuis qu'il a etabli sa demeure a Sion.

A 1'epoque ou le considere le debut du psaume, il ne residait pas encore a Sion; il s'avangait a travers le desert; mais son action poursuivait deja des buts misericordieux : c'etait des affliges qu'il consolait, des prisonniers qu'il delivrait ; quelques-uns, il est vrai, furent abandonnes dans le desert, mais pour s'etre montres rebelles ; il s'agit des Israelites ramenes d'Egypte pour etre mis en possession de la Terre Promise, mais dont plusieurs perirent frappes par le courroux de Dieu dans la peninsule sinai'tique.

En termes images et emouvants, le poete chante les grands miracles de cette traversee du desert par Israel : la terre tremble d'emotion, le Sinai tressaille d'allegresse ; la manne tombe comme une pluie de largesses ; les cailles s'abattent comme I'aumone que Dieu accorde aux indigents qui lui tendent la main.

(0 Num., i, 35.

22O DANS LA BEATJT^ RAYONNANTE DBS PSAUMES

Voici qu'aux frontieres de Chanaan, les promesses de Dieu s'accomplissent. Alors que les guerriers d'Israel hesitent, peureusement caches dans les enclos destines a parquer les troupeaux, une nuee de joyeuses messageres s'en vient stimuler leur ardeur et les tirer de leur apathie. Eh quoi! Les rois des armees fuient, ils fuient : ils se sauvent a toutes jambes, et vous ne les poursuivez pas? Meme des femmes peuvent sans craindre se jeter sur le butin abondant que constituent leurs depouilles. Casques, armures, parures abandonnes par eux, brillent de ces reflets argentes ou dores dont le soleil fait resplendir le plumage de la colombe qu'il caresse de ses rayons. Ambitionnez done bien plus encore : la panique s'est emparee des rois chananeens a votre approche ; il ne tient qu'a vous de donner au sol, en y repandant leurs ossements, la blancheur eclatante de la neige sur le Selmon. Votre triomphe est assure.

Dieu Jait choix de Sion et s'y installe solennellement

Israel a p6netr6 dans la Terre Promise : Dieu s'y etablit avec son peuple. Les montagnes grandioses et puissantes Sprouvent du depit a voir Dieu leur preferer la montagne bien plus modeste de Sion. Mais a quoi bon entretenir ces sentiments d' amour-propre froisse? C'est bien inutile. G'est pour toujours en effet que Dieu s'est fixe a Sion : le mont de Basan n'a qu'a renoncer, sans esprit de retour, a ses orgueilleuses pretentious.

Dieu s'en est venu de la montagne du Sinai' a la colline de Sion escort^ de milliers d'anges, gravissant les pentes de sa nouvelle residence en vainqueur qui traine des captifs, en maitre auquel sujets et rebelles soumis viennent apporter leur tribut. G'est de la qu'il protege son peuple, c'est de la qu'il fait un grand carnage des ennemis d'Israel, qu'il n'epargnera pas, a supposer qu'ils se cachent dans des repaires de montagnes, ou dans les retraites le plus inaccessibles.

Ge fut une belle fete que celle de la translation de 1'arche au mont de Sion : des chantres, des musiciens, des jeunes filles frappant leurs tambourins pour scander la marche et les acclamations, prec^daient le cortege des princes d'Israel tout chamarres.

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