‹ Dans la beauté Rayonnaute des Psaumes anthologie des Psaumes [microform]. Traduction et commentaire litéraire et doctrinalChapitre 13 sur 203 · PBEMIERE PARTIE. PS. XXVIII · texte numérisé non relu

PBEMIERE PARTIE. PS. XXVIII

On les appelle les fils de Dieu parce qu'ils resident dans son palais et qu'ils vivent dans son intimite. Us sont fideles a se presenter devant Dieu pour prendre ses ordres ou rendre compte de leurs emplois (i).

Mais, avant tout, leur role est d'ordre liturgique. G'est a eux que revient la charge et 1'honneur de faire retentir le ciel de leurs suaves cantiques, dont notre priere ici-bas n'est qu'un faible echo. Deja, lors de la creation du monde, quand Dieu posait les fondements de la terre, ils poussaient des cris d'allegresse(a). David les voit maintenant s'avancer, pares d'ornements sacres, comme dans les tableaux de nos p'eintres ou dans les enluminures des vieux missels, pour entonner un cantique solennel. Tandis que le tonnerre ebranlera la terre de ses coups repetes, le chant des anges celebrera dans 1'harmonie la grandeur et la puissance de cette voix de Dieu .

L'orage snr la terre

Le tonnerre retentit dans toute cette description par la formule sept fois repetee : Voix de Dieu ! Ce sont autant de coups de tonnerre qui eclatent, et la repetition saccadee et haletante de ces mots fait passer dans notre ame un peu de cette frayeur dont on se defend si malaisement lorsque 1'orage gronde.

Au fracas de la voix de Dieu, rhomme s'est sans doute blotti en de profondes cachettes, car il n'apparait nullement dans le tableau trace par le poete. L'orage est seul, il se promene triomphant, en ebranlant les montagnes et en brisant les forets...

1 Au Nord. L'orage part du haut du ciel et le tonnerre commence a retentir sur les grandes eaux . II s'agit sans doute de 1'ocean celeste, dont les anciens parlaient volontiers dans leurs descriptions poetiques : ils imaginaient que le ciel constituait une calotte spherique rigide, au-dessus de laquelle Dieu tenait des eaux abondantes comme en des reservoirs. Des ouvertures, portes ou fenetres, y

(i) Job, i, 6 ; n, i .

(a) Job, xxxviii, 7.

6taient menagees. Lorsqu'elles etaient verrouillees, il n'y avait point a craindre la pluie. Mais si Dieu ouvrait les 6cluses du ciel , 1'eau se precipitait sur le sol. Retentissant a travers 1' ocean celeste, le tonnerre ebranle sans doute cette region et en fait jaillir ces ond^es qui accompagnent souvent les orages.

Puis il frappe les montagnes, points les plus eleves du pays avec lequel ii prend contact. G'est dans la region montagneuse qui s'etend au Nord de la Palestine que sa fureur se deploie tout d'abord. Le Liban, le Mont Blanc de la-bas (i), et le Sirion, ou Grand Hermon (2), tressaillent sur leurs bases, etils tremblent si fort qu'ils ont des sursauts semblables aux bonds impetueux des jeunes taureaux et des jeunes buffles. N'est-ce pas ainsi que le massif du Sinai' s'etait mis jadis a bondir lui aussi comme les beliers et les agneaux d'un troupeau, lorsque Dieu descendit sur lui dans toute sa majeste pour reveler a son peuple la Loi de son alliance ? (3)

Le Liban a toujours ete fier de ses cedres. Ges arbres eleves (ils atteignent de a5 a4o metres de hauteur), odoriferants, et au bois tres dur, etaient fort recberches pour les constructions, et on en fit jadis un commerce intense. La Bible leur emprunte de nombreuses comparaisons. Et le prestige des cedres du Liban s'est conserve jusqu'a nous. Qui ne connait le chceur des cedres du Liban (4) ou ces arbres puissants proclament fierement :

Gar les siecles pour nous, c'est hier et demain!

Les siecles sont venus et le Liban s'est peu a peu depouille de ses cedres, comme un vieillard dont la chevelure va d'un jour a 1'autre s'eclaircissant. Quelques bois subsistent encore a de hautes altitudes (5), mais plusieurs de ces arbres, nouveaux venus, ne peuvent

(1) Quant au nom, Liban=Blanc. La chaine, longue de i5o km., a plusieurs pics au-dessus de 3ooo m.

(2) Au S.-E. du Liban. Le Liban est separe de PAnti-Liban par la Ccele-Syrie (Syrie Greuse), vallee de 112 km. de long sur 8 a i5 de large. Une vallee profonde s6pare a son tour PAnti-Liban du Grand Hermon, chaine de 3o km. de long, dont le plus haut sommet est a 2769 m.

(3) Ps. cxni, v. li.

(4) Lamartine, La chute d'un ange, premiere vision.

(5) Le plus connu est un bois de /too cedres, a 1,921 m. de hauteur.

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