QUATRIEME PARTIE. PS. CIX
done indiquer, dans ce texte, soil la capitale, soit le royaume. II ne nous est pas dit si la Sion du Messie differera ou non comme emplacement et comme extension de la Sion comme de David. Mais que la Sion messianique soit la continuatrice de la Sion de David, c'est ce qui suffit pour la verite de 1'oracle. L'identite du r61e importe Men autrement que 1'identite topographique.
Le peuple messianique est constitu6 en fait par des Chretiens continuateurs et successeurs du peuple juif ; la Sion messianique, c'est 1'Eglise, continuatrice et heritiere des glorieuses destinies de Jerusalem. Le psaume n'entfe pas dans ces considerations qui echappaient sans doute aux regards de David, en partie du moins (i). Elles importaient peu, d'ailleurs, a la verite de ses formules. Le tableau est incomplet, c'est plut6t une ebauche, une esquisse, mais il n'est pas inexact.
Nous pouvons rechercher maintenant, devant la realisation de cet oracle, quelle est 1'epoque de la puissance de Notre-Seigneur Jesus- Christ, caract6risee par ses victoires sur ses ennemis et par le joyeux empressement de son peuple. On pourrait songer a cette p^riode qui s'etend dci la victoire de 1'Eglise sur le monde paiien, a la suite des douloureuses persecutions de'chainees centre elle, jusqu'aux jours de la grande apostasie qui nous est predile pour la fin des temps (a).
2) Pretre.
Dieu 1'a jure, il ne s'en repentira pas :
Tu es pretre a jamais A la faon de Melchise"dech.
De meme que Dieu a garanti par un serin ent la venue du Roi-Messie (3), il a Jait serment aussi de lui conjurer la dignitt sacerdotale. Rien de plus irrevocable qu'un serment fait par Dieu (4). G'est un serment dont il n'aura pas a se repentir, comme il se repentit d'avoir cree 1'homme (5) ou d'avoir institue Saiil roi sur Israel (6).
(i) On verra, dans le commentaire du Psaume ixviu, qui est de David, des forttules tres dures du Messie centre les Juifs, ses freres, qui le perse'cutent et qui seront chatie's s^verement.
(a) II Thess., n, 3.
(3) Ps. Lxixvin, v. 4-5.
(4) H<b., vr, 18; Ps.txxxviii, v. 35-36.
(5) Gen., vi, 6.
(6) I Sam. [I Reg.], iv, 35.
DANS LA BEAUTfi RAYONNANTE DBS PSAUME8
Le Messie est pretre ajamais . Aaron se voit promettre aussi un sacerdoce perp&uel, mais en ce sens que le sacerdoce se transmettrait sans cesse dans sa descendance (i). Mais le Messie demeure en personne pretre a tout jamais. Saint Paul nous expliquera comment il s'acquitte constamment lui-meme de son r61e de m6diateur entre Dieu et les hommes (a).
II est pretre h la fagon de Melchisedech . A 1'epoque patriarcale, il n'y avail pas de distinction marquee entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux, si Ton peut employer des mots aussi pretentieux. Le chef de clan se chargeait du culte et exergait le r61e du pretre.
Lorsque Abraham revenait victorieux d'un coup de main sur 1'arriere-garde de Chodorlahomor, Melchisedech, roi de Salem, yint a sa rencontre : II presenta du pain et du vin : il 6tait pretre du Tres- Haut. II benit Abram (3) et dit : Beni soil Abram, par le Dieu Tres- Haut qui a cre6 le ciel et la terre ! Beni soit le Dieu Tres-Haut qui a livre les ennemis entre tes mains ! Et Abram lui donna la dime de tout
Melchis6dech ne nous est connu que par cette rapide mention du recit de la Genese. G'est le roi de Salem, et il est pretre du Tres-Haut : c'est un roi-pretre. II nous semble que lorsque David ecrit que le Messie sera prelre a la fagon de Melchisedech , il pensait a cette condition du Messie qui reunirait, tout comme Melchisedech, les deux dignites de roi et de pretre. Aaron n'6tait que pretre, David n'6tait que roi : le Messie, comme Melchisedech, sera un roi-pr^tre.
II nous semble incontestable aussi, en tenant compte des facilits que nous donne la realisation de 1'oracle pour en peiietrer tout le sens, que le Saint-Esprit, qui inspirait David, ne pouvait pas ne pas songer a une autre ressemblance entre le Messie et Melchisedech, et celle-ci dans le rite du sacrifice.
Les pr&res juifs, descendants d' Aaron, offraient principalement des sacrifices sanglants; Notre-Seigneur fit aussi de son corps une offrande
(1) Ex., xxre, 9; XL, 1 5.
(2) H^b., TII, 24.
(3) Dieu n'avait pas encore change? le nom d'Abrtm en Abraham.
(4) Gen., xiv, 18-20.
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sanglante, ct, a ce.titre, 11 se rapproche des pr&tres de la famiUe d' Aaron. Melchis&dech, au contraire, presenta a Dieu, offrit en sacrifice (i) du pain et du via : Notre-Seigneur se montra pretre a la fagon de Melchisdech lorsque, a la derniere cene, il offrit & Dieu son sacrifice sous Ic rite du pain et du vin consacres (a).
L'epitre aux H6breux, qui renvoie souvent a ce verset du psaume pour montrerque le Christ est pretre selonTordre de Melchis&dech (3), insiste particulierement sur la sup6riorite de MelchisSdech (image du Christ) sur Abraham (ancetre des pretres juifs) : car Melchisdech, en le benissant et en prelevant la dime sur lui, le traitait en inferieur. Ainsi J6sus-Ghrist Femporte-t-il sur les prStres de 1'Ancienne Loi.
Ch&timent des rebelles et glorification da Messie.
i) Chdtiment des rebelles.
Dieu se tient a la droite du Messie pour lui porter secours. C'est en brisant rois et nations, en entassant les cadavres, en fracassant les tetes sur une vaste tendue, que Dieu apporte 1'aide promise au dbut du psaume, et qu'il fait un marchepied pour le Messie de ses adversaires 6cras6s. La realite qui se cache sous ces images, c'est que tdt ou tard, au cours des temps ou au grand jour du jugement, Dieu exercera une vengeance terrible contre les adversaires du Messie, vengeance aussi redoutable que le massacre dchain& par un guerrier vainqueur.
a) Glorification da Messie.
II boira au torrent du chemin ;
G'est pourquoi il portera haut la tele.
Dieu le glorifiera en retour des fatigues qu'il aura accept^ de subir pour nous : il sera Iass6, en effet, comme un voyageur qui 6prouve le besoin d'^tancher sa soif et qui se contente de boire au torrent (4).
(i) Ge sens du texte de la Genese parait tres solidement fond^. Nous n'avons pas a 1'etablir ici.
(a) Gf. Goncile de Trente, Den/inger-Bannwart, n* 988.
(3) H4b., v, 6, 10 ; vi, ao; TII, u, i5, 17.
(4) Jo., iv, 5-9.
Mais Dieu 1'exaltera d'autant plus qu'il se sera plus profondement abaisse (i).
Applications.
Lorsque nous chantons ce psaume aux vepres du dimanche et des f&tes, pensons avant tout h glorifier Notre-Seigneur Jesus-Christ qui est descendu du ciel vers nous comme la rosee bienfaisante, qui a a bu au torrent de notre misere (2), et que Dieu a glorifie : il est assis la droite du Pere au plus haul des cieux.
A son exempie, nous poss&lons le sacerdoce royal (3), nous surtout qui sotnmes ainsi que lui pretres pour 1'eternite, et tous nous sommes appe!6s a nous asseoir avec lui a la droite du Pere (4).
La revolte des nations contre le Christ-Roi
Ps. ii (Quare fremuerunt gentes)