‹ Dans la beauté Rayonnaute des Psaumes anthologie des Psaumes [microform]. Traduction et commentaire litéraire et doctrinalChapitre 34 sur 203 · DEUXIEMEP ARTIE. PS. LXXX1X · texte numérisé non relu

DEUXIEMEP ARTIE. PS. LXXX1X

A. bref delai comble-nous de ta bienveillance,

Pour que nous exultions dans V allegresse.

Rejouis-nous en proportion du temps de nos souffrances,

Des annees ou nous cmons eprouve le malheur.

Que ion osuvre se manifeste a tes servitems

Et ta gloire a lews en/ants / Que I'amabilit.e de noire Dien se repose sur nous!

L'osuvre de nos mains, affermis-la en nous, Out, I'ozuvre de nos mains, affermis-la!

Explication du psaume

Le titre du psaume porte cette mention : a Priere de Moi'se, homme de Dieu. II n'y a aucune raison de contester la valeur de cette indication, pas plus que de supposer qu'il s'agirait d'un levite contemporain de David, appele Moi'se. Avec un grand nombre d'auteurs, nous pensons bien qu'il s'agit de Moi'se le liberateur d'Israe'l, et c'est en tenant compte de cette donnee que nous interpreterons le psaume.

Introduction

Seigneur, tu as ete pour nous un abri De generation en generation.

Ces mots se detachent du texte en epigraphe. G'est une belle profession de foi, au debut d'un psaume consacre en grande partie au chatiment que Dieu inflige. On 1'aime quand meme, et on lui garde toute sa confiance.

Destinee ephemere de I'homme

Moi'se, se trouvant avec le peuple israelite dans la peninsule sina'itique, avant Ten tree dans la Terre Promise, alors qu'il voit mourir tous ceux que Dieu avait promis de ch&tier de leur incredulity, s'a-

dresse a Dieu avec une vive douleur de la peine qui afflige son peuple, et il en prend occasion pour faire des reflexions sur la brievete et la vanite de la vie humaine. Ces reflexions se font sans acrimonie ; Moi'se au contraire en profite pour celebrer 1'eternite divine qui place Dieu tellement au-dessus des homines, ses creatures.

Nous pourrons, avec lui, mediter sur la brievete de la vie et accepter sans maugreer notre condition de creatures que la mort viendra saisir sans tarder. Gommele disait Garcia Moreno en expirant : Dieu ne meurt pas ! Et cela suffit.

Moi'se rend d'abord hommage a 1'eternite divine. II la compare a la duree du monde, qui est le theatre de 1'activite de I'homme. II parle d'abord des montagnes, parce que c'est la premiere partie du globe emergee des eaux; c'est done en ce sens la plus ancienne partie de la terre. Le texte distingue ici la terre(le globe physique) du monde (la terre en tant qu'elle est habitee). Dieu est plus ancien que 1'habitacle de I'homme.

fitant eternel, Dieu peut presider a la succession des generations humaines sur la face de la terre. II fait retourner I'homme a la poussiere(i); et s'adressant a d'autres hommes, qui viendront prendre sur la scene la place de ceux qui viennent de disparaitre, il leur dit : Retournez, hommes. L'homme revient dans 1'endroit qu'il vient de quitter, mais ce ne sont plus les memes individus : une generation a succede a une autre. Une generation passe, une generation vient, et la terre subsiste toujours (2). Gomme des feuilles qui poussent sur un arbre verdoyant, dont 1'une se fletrit et 1'autre croit, ainsi en est-il des genera tious de chair et de sang : 1'une meurt et 1'autre murit (3).

Dieu qui demeure sans changement et nous qui passons, nous ne pouvons apprecier de meme fagon les delais et les periodes. Ge qui nous parait long, mille ans, n'est rien pour Dieu : un jour, meme pas un jour, une veille de la nuit (4). Dieu a le temps pour lui, il ne

(i) Cf. Gen., in, 19.

(a) Eccle., i, It.

(3) EcclL, xiv, 18-19.

(4) La nuit fut divisee chez les Hebreux soil en trois veilles de quatre heures, soit en quatre veilles de trois heures.

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