DEUXIEME PARTIE. PS. CXXVI IO
Ce serpent mauvais qui nous attaque traitreusement, c'est le d6mon (i); le lion furieux qui rode autour de nous, c'est encore le demon (2). Pour nous sauver, et pour exercer un fructueux apostolat (3), il nous faudra le Vaincre. Les saints anges nous donneront le moyen de le pietiner.
Les promesses de Dieu
Dieu sauvera ceux qui 1'aiment, le reverent et le prient. Suivons done cette voie si nous voulons etre sauves.
Le juste doit attendre de Dieu seul son bonheur
Ps. cxxvi (Nisi Dominus aedificaverit domum)
La maison que Ton batit :
Si ce n'est pas Dieu qui bdtit la maison,
En vain peinent ceux qui travaillent a la bdtir.
La ville que Ton garde :
Si ce n'est pas Dieu qui garde la ville, En vain veille I'homme de garde.
(0 Gen., in, i4-i5; Ap., in, 9.
(a) I Pet, v, 8.
(3) Marc, ivi, 18.
Le pain que 1'on mange :
C'est bien vain a vous de vous lever matin,
De retarder votre repos, De manger votre pain au prix de vos peines :
Dieu pent en donner autant a ses amis pendant leur sommeil.
Les enfants qui peuplent la maison :
Void un don de Dieu : des fils.
La recompense qu'il donne : le fruit du sein maternel. Tels des fleches aux mains du guerrier,
Tels les enfants qu'un pere a eus alors qu'il etait jeune. Bienheureux cet homme
Qui en a rempli son carquois !
Us ne seront pas converts de confusion
Quand Us discuteront avec leurs ennemis aux portes de la
[cite.
Explication du psaume
Le poete commence par detruire une illusion dont, aujourd'hui encore, beaucoup d'hommes sont victimes. En voyant I'habilet6 naturelie dont on dispose, et les moyens puissants que Ton peut mettre en oeuvre, on croit pouvoir se passer de Dieu. Nous sommesbien loin du temps ou chaque corps de metier, groupe sous la protection d'un saint venere de tous, etait en meme temps une sorte de confrerie religieuse, vivifiant le travail des mains par un profond esprit de foi, et lui donnant une si haute valeur surnaturelle.
Jadis aussi, on n'aurait pas fonde de foyer ou de cite sans les mettre sous la protection de Dieu. Et aujourd'hui que nombre de families et d'Etats ont expulse Dieu, nous assis tons avec terreur a une disorganisation de la socie'te', a une crise morale qui peut avoir sur 1'avenir d'une nation comme la notre de terribles contre-coups.
Le psalmiste Tindique bien en signalant la principale recompense que Dieu accorde aux families qui le servent : des enfants nombreux.