Premiere partie. Les deux jour et nuit prodament la gloire de Dieu
La nuit et le jour sont personnifi.es : on dirait deux chosurs qui psalmodient, mais qui alternent en changeant de melodic : le chant de la nuit n'est pas celui du jour; et David a bien soin de dire que le jour en fait jaillir Tannonce non pas a la nuit, mais au jour suivant, charge de la reprise de la melodie interrompue pour faire place a celle de la nuit.
(i) Les versets 8-1 5 constituent un psaume tout different que nous etudierons plus has.
La psalmodie du jour et de la nuit, qui ne cesse jamais, est 1'exemple le plus ancien de la louange perpetuelle , que jadis des monasteres peuples pouvaient assurer devant Dieu (i). C'est un chant joyeux qui jaillit et bouillonne.
Racine a imite ces versets dans son Athalie :
Le jour annonce au jour sa gloire et sa puissance. Tout 1'univers est plein de sa magnificence,
Chantons, publions ses bienfaits (Acte I, sc. iv).
J'ai traduit ce qui suit en m'en tenant exactement a la teneur et a la ponctuation du texte hebreu actuel :
Ni parole ni mots :
On n'entend pas leur voix ,
ce qui insiste sur le genre particulier du chant des cieux jour et nuit. Ge n'est pas une parole articulee. Et pourtant, poursuit le texte, leur son et leurs accents se repandent partout et se font comprendre aisement.
Les versions ont traduit : Ce ne sont ni des paroles ni des mots dont la voix n'est pas entendue. Car leur son se repand par toute la terre. On voit que la divergence de traduction n'affecte nullement le sens general du developpement ni la portee du texte.
Gette predication emue des cieux est une voie facile pour parvenir a la connaissance du vrai Dieu : c'est un argument veritablement probant; c'est une demonstration universelle : dans le temps, car elle est ininterrompue ; dans 1'espace, car elle va jusqu'aux extremites du monde; et elle est a la portee de tous les esprits. Ceux-la sont done vraiment inexcusables qui n'ont pas abouti a la connaissance du vrai Dieu (2).
Saint Paul dira de merne : Inexcusables les Juifs qui refusent d'in-
(i) Saint Alexandre, mort en Zi3o, fonda la louange perpetuelle . Dans un couvent de 4oo moines, il avail constitue huit choeurs de religieux (deux de latins, deux de grecs, deux de syriens, deux d'egyptiens). Des que 1'un des choeurs achevait une partie de 1'offlce, un autre commengait. Gf. Saudreau, La pidte d Iravers les dges, p. 78.
(a) Sap., sin, 1-9; Rom., i, 18-82.