‹ Dans la beauté Rayonnaute des Psaumes anthologie des Psaumes [microform]. Traduction et commentaire litéraire et doctrinalChapitre 82 sur 203 · DEUXIEME PARTIE. PS. CXXIX l5l · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE. PS. CXXIX l5l

sincere : Dieu, note saint Augustin, ne veut pas le sacrifice d'une brebis frapp6e du coup de la mort, mais il veut le sacrifice du coeur broye* de douleur (i).

Les anciens moines faisaient grand cas de cet esprit de componction qui, rappelant constamment & 1'homme qu'il n'est qu'un pecheur, le maintient sans cesse dans une salutaire humilite.

La fin du psaume n'est plus une priere de David, mais celle de Juifs captifs en Babylonie, et qui demandent avec instance la restauration de Jerusalem.

Si Dieu tenait un conipte rigoureux de nos f antes, qui done serait sauv6?

Ps. cxxix (De profundis)

Prelude :

Du -fond de I'abime

Je t'appelle, 6 Dieu.

Seigneur, entends ma voix,

Prete 1'oreille a mes cjis suppliants.

Oublie mes fautes :

Si tu tiens compte des fautes, 6 Dieu, Seigneur, qui pourra se maintenir ?

Mais tu es tout dispose a pardonner,

(i) Voir plus has, le Ps. XLIX qui montre que le rite exterieur du sacrifice tire sa valeur de la piete interieure qui 1'accompagne.

l52 DANS LA BEAUTE RAYONNANTE DES PSAUMES

Pour qne I'on te revere.

Je compte sur Dieu,

Je compte sur sa promesse :

Je guette le Seigneur,

Plus encore que les veilleurs ne guettent I'aurore, Out, plus que les veilleurs ne guettent I'aurore,

Libere Israel de ses fautes :

Compte, Israel, sur Dieu,

Car aupres de lui on trouve bienveillance,

Aupres de lui on trouve une abondante delimance. C'est lui qui Iiti6rera Israel

De toutes ses fautes.

Explication du psaume

G'est la priere d'un pecheur qui se trouve comme au fond d'un abime, precipite par le poids de ses fautes aussi loin que possible de son Dieu. D'ou crie-t-il? De 1'abime. Et qui done crie? Le pecheur. Et quel est 1'espoir de sa clameur? Gelui qui est venu detruire le pche a donne espoir me'me au pecheur plac6 dans Tabime. (Saint Augustin.)

En faisant de ce psaume la priere par excellence pour les defunts, 1'figlise nous a habitues a voir dans ces cris ceux que poussent les mes du purgatoire du fond de leur douloureuse prison, et qui passent par nos levres pour s'en aller implorer la cl^mence de Dieu.

II ne s'agit pas, en effet, d'un reglement en rigueur de droit; car si Dieu se montrait exigeant jusqu'au bout, e'en serait a desesperer, tellement chacun de nous se trouverait lourdement greve. Mais de multiples fagons, Dieu nous a assures que nous pouvions compter sur une abondante misericorde de sa part.

Aussi, les ames du purgatoire dont nous sommes les interpretes, guettent-elles le secours que Dieu peut leur accorder, quand et comme il lui plaira de le faire, avec la me"me avidite que le soldat de

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