TROISIEME PARTIE. PS. XXIII
toire : deux cherubins se faisaient face en bordure du propitiatoire, au-dessus duquel ils 6tendaient leurs ailes. G'etait la que Dieu manifestait sa presence au sein de son peuple, sous 1'aspect d'une nuee qui reposait sur les ailes des cherubins : c'est pourquoi on disait de lui qu'il etait assis sur les cherubins .
Au cours de 1'Exode, 1'arche marchait en tete des colonnes des Hebreux. Une fois qu'ils furent entres dans la Terre Promise, 1'arche d'alliance occupa successivement plusieurs residences. En temps de guerre, on n'hesitait d'ailleurs pas a 1'amener dans le camp des troupes pour qu'elle assurat la victoire. Un jour, les bataillons d'Israel flechirent et 1'arche fut capturee par les Philistins. Mais comme elle leur portait malheur, ils se hdterent de s'en d&barrasser, et elle revint dans le pays des Hebreux, a Beth-Sames d'abord, puis a Cariathiarim, d'ou David d6cida son transfert.
La Cite de David etait en effet toute prete pour la recevoir: Car David venait, par un heureux coup de main, de s'emparer de cette celebre colline au nord-est de Jerusalem, ou des ennemis irfeductibles, les J6buse"ens, avaient etabli leur citadelle. Cette place forte de Sion, reputee imprenable, fut done enlevee par David, qui y voulut etablir sa residence et le centre de son pouvoir politique. Sion regut alors le nom de Cite de David .
Sion, dont le nom ne disparut jamais completement, c'est done tout d'abord cette petite cite, primitivement forteresse des Jebuseens, puia Cite de David , qui domine Jerusalem (i). G'est seulement par extension que le nom de Sion en est venu souvent a designer toute la ville de Jerusalem, ou meme tout le peuple Juif.
En recevant 1'arche d'alliance, la Cite de David allait devenir le centre du culte religieux, tout comme elle etait deja le centre du pouvoir politique. Elle n'aurait plus seulement la dignite de residence royale; elle allait acquerir le prestige de residence divine. La Cite de David devient la Cite de Dieu : Sion devient par excellence la colline sainte, la sainte montagne; etbientotles Juifs
(i) La Cite de David se distingue de 1'agglomeration de Jerusalem dont elle fait pourtant partie ; la Cite du Vatican est elle aussi quelque chose de bien distinct dans 1'agglomeration romaine, dont elle fait partie materiellement (mais non politiquement).
prendront 1'habitude de monter a Jerusalem, de monter a Sion (i), pour rendre leurs devoirs au vrai Dieu.
Un premier essai de transfer! de 1'arche avail ete attriste par la mort d'Oza, puni par Dieu pour avoir louche indument 1'arche d'alliance. Aussi David n'osa-t-il poursuivre sa roule jusqu'a Jerusalem, avec son precieux mais redoulable fardeau, el laissa-l-il 1'arche a Gelh dans la demeure d'Obededom. Mais Irois mois apres, apprenanl que 1'arche etail pour cet homme une cause de prosperite el de bonheur, il resolut de la Iransporler jusqu'a la Cite de David .
Assislons par la pensee a ce brillant cortege : autour de 1'arche se deroulent des danses sacrees, ou David lui-meme n'hesile pas a payer abondamment de sa personne : des chants el une orchestration musicale des plus variees donnent a la fele un eclal presligieux (2).
Commentaire da psaume
Voici que nous gravissons les pentes de la sainle colline de Sion et on entonne 1'hymne de circonstance, noire psaume xxm. A quoi pourrail-on penser sinon a la grandeur de Dieu, qui vient prendre possession de sa capitale, et a la saintele que requiert chez I'homme une lelle demarche de son Dieu?
Gar Dieu, qui s'avance ainsi pour s'eiablir particulierement sur un coin de terre, c'esl Gelui qui esl partout chez lui, puisqu'il a tout cree : c'est lui qui a fonde la terre sur les mers, qui 1'a etablie sur les flols de la mer (3).
Et s'il vienl resider plus particulierement a Sion, c'est pour y don-
(i) II est entendu que Ton monte toujours a Jerusalem, comme Ton montait toujours en ligne, au cours de la derniere guerre. Jerusalem etant, sinon par le relief physique, au moins par la dignite religieuse, le point culminant de la terre, il faut bien monter pour y acceder.
(a) II Sam. |II Reg.], vr, 12-16; I Par., xv.
(3) Lorsque la Bible' parle de la constitution physique du monde, elle en parle selon les apparences , c'est-a-dire de la facon dont il frappe les sens ou 1'imagination. On se figurait le monde comme flottant sur un ocean souterrain, les montagnes plongeant profond6ment par leurs bases dans cet ocean.