LES VOILA, LES VOILA
cieusement chargées ?... Le sac à outils d*un ouvrier plombier me presse assez durement à droite ; à gauche, un jeune homme bien mis cherche à engager la conversation avec un trottin vipérin, dressé sur deux sabots de velours poussiéreux, un parfait trottin acide et indomptable...
— Pardon, mademoiselle, c'est bien à 4 h. 3o qu'il doit arriver, le roi George ?
— J'en sais rien I réplique le trottin. Il vient me prendre à 6 heures pour l'apéritif.
Tous mes voisins montrent de la patience, peu d'émotion, de la gentillesse, un respect verbal très relatif ; mais ils restent là et n'en bougeront jusqu'à la fin. Ces dames de l'échelle paraissent se soucier des souverains anglais comme d'une jupe pratique, d'ailleurs, et témoignent seulement, en se contant à tue-tête leurs petites histoires intimes, qu'elles appartiennent probablement au meilleur monde.
— Le dîner chez les Breteuil sera très froid I crie l'une d'elles.
— Parce que ?... glapit sa voisine d'en dessous,
— Parce que la princesse M... et la duchesse de L... y sont invitées toutes les deux, qu'elles y vont toutes les deux et qu'elles ne peuvent pas se sentir I
J'entends, sans la voir, la première partie de l'escorte et le premier landau — passage accueilli paisiblement dans notre coin de foule et commenté brièvement par le trottin :
— C'est rien, c'est Hennion... C'est rien, c'est h* un général...
— Ma chère, ulule une des dames de l'échelle, quels landaus miteux !
— Ces types en bicorne à plumes, remarque le trottin, ils n'ont pas l'air de se douter que les borduij'es en autruche ne se portent pas ce)tt« année I