MICHEL LÉVY FRERES, LIBRAIRES-ÉDITEURS
RUE VnriEHNE', 2 BIS
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A lUDEMOISELIB
JULIE UOSSELET.
Vous avez souvent souhaité de voir réunis en volumes ces courts enseignements, dispersés ailleurs et destinés aux hommes de bonne vo^ lonté : écrits pour eux seuls, c^est à eux que je les offre de nouveau sous vos auspices.
Puissent-ils y trouver ce que votre bienveillance a cru y voir, ce qu'y cherchait la stoiquo
■'- II — et douce amie dont la place resle toujours vide près de nous. En relisant ces récits, vous vous rappellerez, comme moi en les rassemblant, qu'elle aimait l'intention qui les avait inspirés, qu'elle en avait traduit plusieurs dans le doux langage de son Italie et qu'elle attendait avec impatience une publication que ce volume ne commence pas, mais continue (1).
Le succès qu'elle lui avait prédit est venu; quand elle n'était plus là pour en jouir, et comme pour nous faire sentir qu'elle ne manquait pas moins à nos joies qu'à nos afflictions!
Cependant, Dieu le sait! dans ma pensée je l'ai toujours associée à cette réussite ! En Bretagne, j'ai vu, lorsque j'étais enfant, qu'à chaque festin de réjouissance on réservait la part des absents; j'ai respecté le vieil usage de iDa province, et, à chaque éloge, à chaque ^n-
(1) Voyez le Philosophe ioui lei toits; hs Confessiom d*un ouffri^i SoMs /« hnnoHs, etc.
couragement, pour la publication que je poursuis, j'ai fait, à Tamie qui n'était plus, sa juste part dans ce festin du cœur.
Accueillez donc ce volume autant comme un souvenir d'elle que comme un souvenir de moi. Emportez-le, cet été, dans votre vallée helvétn que et, quand vous irez vous asseoir dans la prairie sous les touffes de saules, parcourez quelques-uns de ces récils jusqu'à ce que les souvenirs éveillés vous interrompent; alors vous marquerez la page avec une fleur de vos champs, vous refermerez le livre, et, au retour, si pendant une heure de solitude vous songez à le reprendre dans votre petite bibliothèque, la page et la fleur séchée vous rappelleront deux souvenirs pleins d'une triste douceur :
celui de la patrie absente et de l'être aimé que nous avons perdu !
EMILE SOUVBSTRB.